Pass sanitaire, vaccination obligatoire, ce qu’il faut retenir de l'allocution d’Emmanuel Macron

Le président de la République était attendu sur d’éventuelles annonces face à la montée en puissance du variant Delta. L’Île-de-France étant particulièrement touchée.
Le président français Emmanuel Macron.
Le président français Emmanuel Macron. © Photo by Sebastien NOGIER / POOL / AFP

Le président de la République a pris la parole ce lundi soir pour annoncer de nouvelles mesures face à la circulation du variant Delta – autre nom du variant indien – qui progresse. L'Île-de-France est particulièrement touchée. Cette souche, plus contagieuse que les autres, est présente dans 71,8% des tests positifs criblés réalisés dans la région selon les données de Santé publique France au 9 juillet. "L'apparition du variant dit Delta se traduit en effet par une augmentation des contaminations partout dans le monde parce que ce variant est trois fois plus contagieux que la première souche. Il s'engouffre dans tous les espaces non couverts par la vaccination", a expliqué le président, ajoutant que "c'est une nouvelle course de vitesse qui est engagée".

Voici ce qu'il faut retenir de l'allocution du chef de l'État.

Pass sanitaire élargi

L'une des grandes mesures annoncée par le président concerne le Pass sanitaire, obtenu après avoir eu deux doses de vaccin. Il "sera étendu aux lieux de loisirs et de culture. Concrètement, pour tous nos compatriotes de plus de 12 ans, il faudra, pour accéder à un spectacle, un parc d'attractions, un concert ou un festival, avoir été vacciné ou présenter un test négatif récent", annonce le président. Cette obligation entrera en vigueur à partir du 21 juillet.

Emmanuel Macron souhaite également étendre le Pass sanitaire aux "cafés, restaurants, centres commerciaux, hôpitaux" ainsi que dans les trains, les avions et les cars pour les longs trajets à partir du "début du mois d'août (...) seules les personnes vaccinées ou testées négatives pourront accéder à ces lieux, qu'ils soient d'ailleurs clients, usagers ou salariés". Il explique par ailleurs que ce délai est dû à la nécessité du vote puis de la promulgation d'un texte de loi allant dans ce sens. "En fonction de l'évolution de la situation, nous nous poserons la question de l'extension du Pass sanitaire à d'autres activités", a poursuivi le président.

Paiement des tests PCR

"A partir de cet automne, les fameux tests PCR seront rendus payants, sauf prescription médicale, et ceci afin d'encourager la vaccination plutôt que la multiplication des tests", a affirmé le chef de l'État.

Vaccination obligatoire pour les soignants

C'est un sujet qui faisait débat depuis plusieurs jours. La vaccination sera rendue "obligatoire" et "sans attendre" pour "les personnels soignants et non soignants des hôpitaux, des cliniques, des maisons de retraite, des établissements pour personnes en situation handicap, pour tous les professionnels ou bénévoles qui travaillent au contact des personnes fragiles, y compris à domicile". Ces personnels "auront jusqu'au 15 septembre pour se faire vacciner". Le chef de l'État a par ailleurs mis en garde les éventuels récalcitrants. "A partir du 15 septembre, des contrôles seront opérés et des sanctions seront prises", prévient-il.

Évoquant le cas de ceux qui n'ont toujours pas reçu d'injection, il faudra également se "poser la question de la vaccination obligatoire pour tous les Français", prévient Emmanuel Macron, qui fait pour l'instant le choix de la "confiance".

Quelques minutes après la fin de l'allocution du président, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé chez nos confrères de LCI que les soignants qui ne seront pas vaccinés au 15 septembre ne "pourront plus travailler et ne seront plus payés".

Déploiement et incitation de la vaccination

Le vaccin "est un atout maître qui change tout par rapport aux vagues précédentes", a martelé le président Macron, précisant qu'il nous protège "solidement" contre le variant Delta. "Il divise par 12 son pouvoir de contamination et évite 95% des formes graves", a affirmé le chef de l'État. "L'équation est simple : plus nous vaccinerons, moins nous laisserons d'espace au virus pour se diffuser, plus nous éviterons les hospitalisations et plus nous éviterons d'autres mutations du virus", a-t-il poursuivi, décrétant "un été de mobilisation pour la vaccination". "Nous devons aller vers la vaccination de tous, car c'est le seul chemin vers le retour à la vie normale dans un premier temps".

En ce qui concerne les collégiens, les lycéens et les étudiants, "des campagnes de vaccination spécifiques seront déployées dans les établissements scolaires dès la rentrée", a expliqué le président de la République. "Une campagne de rappel sera mise en place" pour que les personnes vaccinées en janvier et février bénéficient "d'une nouvelle injection" selon le même système et dans les mêmes conditions que la ou les premières. "Les rendez-vous pourront être pris dès les premiers jours du mois de septembre", a poursuivi Emmanuel Macron.

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