Coronavirus : "Nous sommes au début de la deuxième vague"

Djillali Annane, chef du service de réanimation de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches dans les Yvelines était l’invité de notre édition de la mi-journée. Il lance un cri d’alerte concernant la reprise de l’épidémie de Covid-19 dans notre région.

Les personnes âgées sont les plus vulnérables en cas de reprise de l'épidémie.
Les personnes âgées sont les plus vulnérables en cas de reprise de l'épidémie. © Joel Saget/AFP
En direct dans le 12/13, le docteur Djillali Annane alerte sur la reprise de l’épidémie. Il rappelle la nécessité de respecter les gestes barrières et de porter un masque à l’intérieur comme à l’extérieur si la distanciation physique n'est pas possible.
 
durée de la vidéo: 03 min 11
Interview docteur Djillali Annane

Interview du docteur Djillali Ananne, chef du service de réanimation à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches.

Sommes-nous face à une hausse importante des contaminations dans la région ?
 

On est au pied de la vague

 

Oui nous sommes au début de la 2ieme vague. Toute la question maintenant est de réussir à la contenir. On est au pied de la vague. Il est impératif de faire en sorte que celle-ci n’enfle pas. C’est pour cela qu’il faut redoubler les efforts. Malgré les fortes chaleurs, malgré la période estivale, il est nécessaire de renforcer les gestes barrières et de prendre de nouvelles mesures. Il faut élargir le port du masque à l’ensemble des situations ou la distanciation physique n’est pas possible que l'on soit à l’intérieur ou à l’extérieur.

Y a-t-il un afflux de malades dans les hôpitaux et notamment chez vous à l'hôpital de Garches ?

Pour l’instant, non. On commence néanmoins à voir une augmentation substantielle et significative du nombre de cas. Pour moi, on est dans une situation où si l’on ne contrôle pas la progression du virus et bien, dans 15 jours, on risque de se retrouver avec une tension dans les services de réanimation et de voir un nouvel afflux de patients graves. C’est pour cela qu’il est temps d’agir. Il y a un décalage de 15 jours entre l’accélération des contaminations par le virus et le début de la tension sur les services de réanimation.

Ce décalage est-il dû au fait que les malades sont plus jeunes et moins fragiles ?

Exactement, ce sont principalement la tranche d’âge des 18/40 ans qui est surtout concernée par la circulation du virus. Ils développent des formes peu ou asymptomatiques. Ils ne sont pas forcément exposés aux formes graves mais en revanche, ils vont favoriser la propagation du virus vers des tranches d’âges plus élevées qui elles malheureusement sont plus fragiles, plus susceptibles de développer une forme grave.

La canicule peut-elle être un facteur aggravant pour les personnes contaminées ?

La canicule risque  d’être un facteur aggravant pour les personnes âgées et fragiles. En période de fortes chaleurs, la moindre déshydratation va venir impacter les capacités de se défendre contre le virus et les affaiblir
Oui avec les fortes chaleurs, les personnes fragiles ou âgées vont être à même de développer des formes graves si elles rencontrent des personnes infectées par le virus.

Reprise épidémique depuis le mois de juillet

Entre le début du mois de juin et le mois d’août, le nombre de personnes positives au Covid-19 a été multiplié par quatre. Chaque jour, ce sont 500 cas supplémentaires qui sont découverts en Île-de-France. Les différents indicateurs sont également repartis à la hausse dans la région. Les taux de positivité aux tests Covid atteignent les 2,4% en Île-de-France, alors que la moyenne nationale s’établit à 1,6%. Le taux d’incidence est particulièrement élevé chez les 20-30 ans.

Interrogé ce dimanche dernier sur Franceinfo, Nicolas Péju, le directeur général adjoint de l’agence régionale de santé (ARS) en Île-de-France n’a pas caché ses craintes. "Nous sommes dans un début de rebond épidémique", a t-il déclaré.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société