Divisions politiques autour de la Zone à trafic limité

Alors que l’enquête publique sur la zone à trafic limité (ZTL) du centre de Paris a débuté jeudi dernier, des élus de l’opposition réclament l’abandon du projet. Ils craignent, notamment, le "report massif des véhicules vers d’autres voies ". De son côté, la mairie de Paris attend une baisse générale du trafic dans cette ZTL.

Déjà mise en place dans plusieurs villes européennes, la zone à trafic limité (ZTL) doit être instaurée dans le cœur de Paris, après les Jeux olympiques. Le projet vise à interdire, dans le centre de la capitale, le trafic de transit, c’est-à-dire les véhicules qui ne font que le traverser sans s’y arrêter. " La zone restera en revanche accessible au trafic de destination, c'est-à-dire pour les usagers en voiture qui s'y arrêtent : résidents, commerçants, livreurs, visiteurs, etc. ", précise la mairie de Paris sur son site internet. 

Vers une baisse de la pollution ?

 Catherine Lécuyer, conseillère (DVD) du VIIIe arrondissement de Paris, est fermement opposée au projet. Elle estime que le trafic augmentera automatiquement sur toutes les voies autour de la ZTL. " Place de la Madeleine, rue Royale, rue Tronchet… Il y aura des reports de circulation avec une augmentation de la pollution atmosphérique et de la pollution sonore, donc aucun bénéfice pour les habitants du VIIIe arrondissement ", ajoute l’élue. 
Pour la mairie de Paris, l’objectif est de réduire le volume de circulation dans les quatre premiers arrondissements de Paris. Selon une étude d’impact, sur laquelle s’appuie la ville, " la mise en œuvre de la ZTL diminuera le volume de circulation dans le centre de Paris avec par exemple : -30 % avenue de l'Opéra, -15 % boulevard de Sébastopol, -11 à 17 % quai Henri IV, -7 à 9 % rue Réaumur ". Elle ajoute " qu'aucun report massif n'est attendu autour de la ZTL. Les voies de contournement absorberont des impacts très limités et temporaires ".

Quel périmètre ? 

Le périmètre de la ZTL, correspondra au secteur de Paris Centre (les Ier, IIe, IIIe et IVe arrondissements). Les parties nord des Ve, VIe et VIIe arrondissements, inclus initialement dans le projet, ont été retirés "à la suite des échanges avec la préfecture", indique la mairie. Par ailleurs, les maires de ces arrondissements étaient opposés à leur inclusion dans la zone. 
Concernant l'inclusion des îles et des quais hauts rive droite, situés dans les arrondissements centraux, les discussions se poursuivent avec la préfecture de police, précise encore la ville sur son site. 

Quels contrôles ?

 Lors de la première présentation du projet, en février 2022, Emmanuel Grégoire précisait les documents à produire pour circuler dans cette ZLT. "Ça pourra par exemple être un ticket de stationnement, un ticket de caisse, etc… On veut des choses extrêmement simples. C’est vraiment la règle : j’ai besoin d’y aller, j’ai le droit d’y aller, par contre on n’aura pas le droit de traverser ", expliquait le premier adjoint à la mairie de Paris.

Mais qui pour contrôler les automobilistes à l’intérieur de cette ZTL ? "On voit bien, à Paris, un problème d’effectifs de policiers municipaux. Qui va contrôler les entrées et les sorties de cette ZTL ? (…) Est-ce qu’il y aura des caméras ? Ça parait quand même très compliqué à mettre en place", s’interroge Catherine Lécuyer.

Les Parisiens ont jusqu'au 13 mai pour donner leur avis sur les modalités de cette ZTL.