Le "prédateur des bois" mis en examen et placé en détention provisoire

Un homme de 62 ans, soupçonné d’être celui que les enquêteurs surnomment "le prédateur des bois" vient d’être placé en détention provisoire. Confondu par son ADN, il est mis en examen pour cinq viols commis entre 1998 et 2008.

Les enquêteurs viennent peut-être de résoudre un "cold case" vieux de 24 ans. Interpellé mardi à Courtry en Seine-et-Marne, un homme de 62 ans vient d'être mis en examen et placé en détention provisoire ce jeudi. Il est soupçonné d'avoir commis cinq viols sur des adolescentes entre décembre 1998 et juin 2008. Selon une source proche de l'enquête, l'homme, un ancien chauffeur routier marié et sans enfants, aurait reconnu en garde à vue le dernier viol "de manière circonstanciée", mais les quatre autres "à minima". Egalement selon nos sources, il aurait déjà été condamné en 1983 pour avoir tenté d'agresser une jeune fille. Un rebondissement spectaculaire dans une affaire qui semblait dans l'impasse.

Surnommé "le prédateur des bois", le parcours criminel du violeur en série commence en Charente-Maritime. Le 4 décembre 1998, l’homme enlève une jeune-fille de 16 ans à proximité de La Rochelle, l’emmène dans une forêt où il la viole avant de la laisser sur place. Le 1er avril 1999, nouvelle affaire mais en Ile-de-France cette fois-ci. Une jeune femme de 19 ans est enlevée à Verrières-le-Buisson dans les Yvelines. Emmenée sous la contrainte d'une arme, elle est abusée à Saint-Aubin dans l'Essonne.

Le même mode opératoire pour chacune de ses victimes

Le 16 avril 2000, l'homme s'en prend de nouveau à une adolescente, à Antony dans les Hauts-de-Seine. La victime, âgée de 15 ans, est violée dans les bois à Forges-les-Bains dans l'Essonne. Le 3 juillet de la même année, une autre victime de18 ans est enlevée à Versailles. Le prédateur l'abandonne aux Loges en Josas (Yvelines) avant de disparaitre pendant huit ans. Il réapparait finalement le 8 juin 2008 à Paris en enlevant une adolescente de 16 ans dans le hall d'un immeuble du quartier Olympiades dans le 13e arrondissement. Une scène filmée par une caméra de surveillance. On y voit un homme mesurant entre 1m80 et 1m90, cheveux grisonnant, tenir sa victime sous la menace d'un couteau. Il la laissera à Champcueil dans l'Essonne après l'avoir violé elle aussi.

Pour chaque crime, le mode opératoire est identique : l'enlèvement en pleine ville de jeunes femmes, le transport dans une zone boisée isolée, le viol sous la menace d'une arme. Décrit par ses victimes comme "déterminé", le visage émacié et le regard bleu acier, le violeur a laissé son ADN sur chaque scène de crime. Mais il n'est pas inscrit au fichier national des empreintes génétiques (FNAEG). Faute de pistes, les enquêteurs de l'office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) décident alors de réaliser un portrait-robot vieilli par logiciel en 2019, le deuxième, espérant qu'il permettra de recueillir des témoignages décisifs. En vain. 

L'aide du FBI, le service d'investigation américain

Les enquêteurs sont dans l'impasse. Le magistrat instructeur décide alors de solliciter le FBI pour des analyses génétiques le 25 aout 2021. Le service d'investigations américain rendra son rapport le 24 octobre 2022 : à partir de spermatozoïdes retrouvés sur les cinq victimes, ses enquêteurs sont enfin parvenus à identifier des personnes pouvant être des ascendants de l'auteur des faits. 

Grâce à cet ADN dit "de parentèle", et la description du véhicule du violeur faite par les victimes, l'homme est finalement appréhendé ce mardi. Placé en garde à vue, une comparaison ADN est réalisée entre le profil génétique retrouvé sur les victimes et celui du suspect. Une correspondance est établit comme l'indique la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau dans un communiqué. L'homme doit désormais être présenté à un juge. De leur côté, les enquêteurs vont devoir déterminer si "le prédateur des bois" n'aurait pas fait d'autres victimes après sa dernière agression et entre 2000 et 2008 où il semble être resté inactif.