Le gouvernement s’apprête à lancer sa première privatisation : celle d'Aéroports de Paris. L'État pourrait se désengager totalement de Roissy et d'Orly, les deux plus grands aéroports français avec 100 millions de passagers par an. La transaction pourrait rapporter plus de 8 milliards d'euros.

Le gouvernement va enclencher la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP) et de la Française des jeux (FDJ) en modifiant dans sa loi Pacte les seuils minimum de détention de ces entreprises. Il reste encore à déterminer les parts qui seront cédées.

"Nous demanderons prochainement les autorisations législatives nécessaires pour faire un certain nombre de cessions d'actifs", a déclaré le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, lors d'une audition au Sénat.

Le gouvernement s’apprête à lancer sa première privatisation : celle d'Aéroports de Paris. L'État pourrait se désengager totalement de Roissy et d'Orly. La transaction pourrait rapporter plus de 8 milliards d'euros. ©France 3 Paris - Île-de-France

Privatisation prévue de longue date


M. Le Maire, qui s'exprimait devant la mission d'information sur la stratégie industrielle de la France, n'a pas donné publiquement le nom des entreprises. Mais ils ne font guère de doute.

Actuellement, seules quatre entreprises à capitaux publics sont concernées par des restrictions légales imposant des seuils de détention minimum pour l'État : ADP, EDF, Engie et la FDJ. Une cession de participation dans EDF ayant été exclue à plusieurs reprises par le gouvernement, qui considère cette entreprise comme "stratégique", restent les trois autres sociétés, et notamment la FDJ et ADP.

Concernant ADP, "la décision de privatiser" le groupe "est prise depuis longtemps", a expliqué à l'AFP une source proche du dossier. Même chose pour la FDJ, repérée depuis plusieurs mois comme un candidat idéal à la privatisation par les banquiers d'affaires.

"Pur scandale"


Quel seront les montants cédés, et selon quelles modalités? Selon la source proche du dossier, aucune décision n'a encore été prise, l'exécutif voulant se donner des marges de manœuvre.

La loi Pacte, qui entérinera la modification des seuils légaux voulue par le gouvernement, "comprendra une habilitation à passer sous la barre des 50%. Mais le niveau de cession ne sera décidé que dans un second temps", a précisé cette source.

Car l'État possède 50,6% du capital d'ADP et sa privatisation risque bien d'être complexe. Le groupe aéroportuaire, en charge de la gestion de Paris-Charles de Gaulle et de Paris-Orly, est en effet propriétaire de ses terrains, considérés comme stratégiques.

Garder le foncier


Selon BFM Business, le gouvernement souhaite vendre l'intégralité de sa participation au sein du groupe, soit près de 8 milliards d'euros. Il va cependant garder la propriété du foncier, comme c'était les cas des autoroutes lors de leur privatisation.

"Aucune décision concernant ADP n'est prise à ce stade", a indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. Ces différents sujets seront sans doute abordés lors d'une réunion interministérielle prévue samedi sur la loi Pacte, qui sera présentée le 18 avril. Cette réunion, qui se tiendra à huis clos, "servira à faire un état des lieux" du projet de loi, "pas à prendre les arbitrages", a toutefois prévenu l'entourage de Bruno Le Maire.

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