Fleury-Mérogis : un détenu meurt dans l’incendie de sa cellule

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Écrit par Elie Saikali , Emmanuelle Hunzinger

Un détenu est décédé à la suite d'un incendie dans sa cellule à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). Le parquet d'Evry a ouvert une enquête pour recherche des causes de la mort.

Le 14 février dernier, des agents de la pénitentiaire ont découvert le détenu "allongé au sol." Ils ont tenté de pratiquer les premiers secours mais "le corps étant grièvement brûlé, le massage cardiaque n'a pas pu être effectué", a déclaré à l'AFP la direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP).

Feu de cellule

"Vers 12 heures 30, au niveau du premier étage, un détenu faisant l'objet d'une ouverture à 2 agents et un gradé en raison de son comportement a délibérément déclenché un feu de cellule", peut-on lire dans un communiqué de FO Justice.

La victime, extraite de sa cellule, était en arrêt cardio-respiratoire et l'incendie partiellement éteint par les personnels de l'administration pénitentiaire ont souligné les pompiers appelés sur place.

L'homme, âgé de 44 ans était incarcéré depuis avril 2020 pour tentative de meurtre, selon le parquet qui devra déterminer "s'il s'agit d'une tentative de suicide ou si le feu est accidentel".

Selon François Korber, délégué général de l'association Robin des Lois qui défend les droits des détenus, "l'homme avait été condamné pour trois ans de prison mais il ne lui restait que trois ou quatre mois de détention. Il n’avait pas le profil d’un détenu instable", ajoutant que "mettre feu à sa cellule est un moyen souvent utilisé par les détenus pour attirer l’attention des gardiens."

La longueur de l'intervention en question

Pour le délégué général de l'association Robin des Lois, la question est de savoir pourquoi les secours ont mis tant de temps à intervenir. 

"L’information judiciaire va devoir répondre à plusieurs questions : y a-t-il eu faute ou pas, de l'administration pénitentiaire ? Y a-t-il eu du retard ou non de l’intervention des secours ? Pourquoi attendre aussi longtemps pour intervenir ? Pourquoi refuser aux proches de montrer le corps du décédé ?", s'interroge-t-il.

"Ce décès absurde rappelle tragiquement celui du jeune homme qui avait mis le feu à sa cellule pour protester et qui avait été retrouvé brûlé vif en 2016", assure François Korber.

En avril 2016, cet homme de 31 ans avait succombé des suites d'un incendie dans la cellule qu'il venait d'intégrer. Dans cette enquête, une cheffe de détention et deux surveillants sont mis en examen pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d'autrui.