Les deux enfants avaient été enlevés sur le chemin du retour de l'école fin 2014 à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Trois Chinois ont été condamnés ce lundi par les assises des Hauts-de-Seine à des peines de 11 à 14 ans de réclusion criminelle pour avoir enlevé deux enfants dans l'espoir d'obtenir une rançon de leur père, ex-employeur de l'un d'entre eux. L'avocat général Dominique Borron avait réclamé 16 à 20 ans de réclusion contre les trois accusés, âgés de 28, 47 et 49 ans.
Les deux enfants, 9 et 10 ans, avaient été kidnappés le 15 décembre 2014 sur le chemin du retour de l'école, à Nanterre (Hauts-de-Seine). Leurs ravisseurs, camouflés, les avaient placés de force dans un utilitaire aux vitres obstruées dans lequel régnait "une odeur de moisi et de renfermé", selon les enquêteurs. Les parents des victimes, de prospères grossistes en textile installés en région parisienne et originaires du sud de la Chine, avaient reçu en fin d'après-midi un appel en mandarin leur réclamant 380.000€.
La police avait remonté leur piste grâce aux téléphones portables. Le véhicule, sur lequel de fausses plaques minéralogiques avaient été grossièrement scotchées, avait été repéré sur un parking près du Havre en Seine-Maritime. Les enfants y avaient été retrouvés sains et saufs et les trois auteurs présumés avaient pu être interpellés. L'un d'entre eux, Wei Han, était un ancien employé de l'entreprise familiale.
Selon les trois kidnappeurs, le stratagème avait été élaboré un mois plus tôt "à la suite du visionnage d'un film chinois". Le plus jeune d'entre eux, Peng Xiaouding, avait acheté le véhicule qui avait servi à l'enlèvement. Présenté comme l'instigateur du plan criminel par l'accusation, il a écopé de 14 ans de réclusion. L'ancien employé et son cousin, Rhuzi Han, le troisième accusé, sont originaires d'une région pauvre du nord de la Chine. Ils espéraient une rançon conséquente, les parents des enfants étant originaires d'une région réputée riche.
Les deux cousins ont respectivement été condamnés à 13 et 11 ans. "Ces peines sont pour nous beaucoup trop lourdes, d'abord parce que les réquisitions étaient beaucoup trop importantes. On pense qu'on va interjeter appel", a commenté auprès de l'AFP l'avocate du plus jeune, Nolwenn Rannou. Les parents n'avaient pas souhaité se constituer partie civile.