Vaccin : "zéro dose" pour Nanterre cette semaine, le maire Patrick Jarry dénonce une "injustice"

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Écrit par PDB / DT / France 3 PIDF

Le maire de Nanterre déplore une situation "incompréhensible" et "inacceptable" : sa commune ne recevra aucune dose de vaccin cette semaine, contrairement à d’autres villes des Hauts-de-Seine. De quoi poser la question des critères de dotation.

"540 à Neuilly, 799 à Boulogne-Billancourt, zéro à Nanterre… C’est incompréhensible." Patrick Jarry, maire DVG de Nanterre, critique un manque de transparence dans la répartition des doses de vaccin. "Le centre de vaccination, qui est situé à l’hôpital de Nanterre, est fermé ce lundi, puisqu’il n’y a pas de vaccins, explique l’édile à France 3 Paris IDF. Alors qu’ailleurs dans le département, à quelques encablures, à Neuilly par exemple, il y a 540 vaccins pour la semaine."

Une situation "totalement inacceptable" selon l’élu : "On a demandé la semaine dernière à un certain nombre de centres de vaccination des Hauts-de-Seine de déprogrammer les rendez-vous qui avaient été pris. Visiblement pas à tout le monde. On vaccine à Neuilly, à Boulogne-Billancourt, mais on ne vaccine pas à Nanterre. On est en train d’ajouter à la pénurie l’injustice."

Je demande au préfet de publier le tableau des vaccinations par ville. On verra si tout le monde est égal devant la vaccination.

Patrick Jarry, maire DVG de Nanterre

Patrick Jarry demande que "tous les centres de vaccinations soient traités de manière équitable" : "Je demande au préfet de publier le tableau des vaccinations par ville. On verra si tout le monde est égal devant la vaccination." Entre les 13 centres de vaccination du département, le maire affirme que "jusqu’à maintenant, les choses fonctionnaient à peu près normalement" : "Chaque centre recevait 420 doses par semaine. Ce n’est pas beaucoup, mais au moins tout le monde était au même niveau."

Et d’ajouter : "On sait déjà que dans les centres de vaccination ouverts à tout le monde, les inscriptions ne sont pas de même nature selon les villes. Par exemple à Nanterre, 50% des gens sont de Nanterre, l’autre moitié devrait normalement venir de Colombes, située juste à côté. En réalité, s’inscrivent des gens de Paris, de Neuilly… Des gens mobiles, ceux qui se servent le mieux de Doctolib. On a déjà cette situation, donc ne l’aggravons pas."

"De quoi vacciner 70 personnes seulement" à Clamart, "pour un centre capable de vacciner 1000 personnes par jour"

Du côté de Clamart, le maire Jean-Didier Berger (Libres) explique que l’ARS lui a proposé cette semaine "soit de fermer le centre, soit d’obtenir un tout petit nombre de doses, en l’occurrence de quoi vacciner 70 personnes seulement, pour un centre capable de vacciner 1000 personnes par jour" : "On m’a simplement dit qu’il y avait très peu de doses disponibles cette semaine".

On nous a expliqué qu’on aurait moins de doses que d’autres centres, parce qu’on avait bien respecté la règle du jeu, qui est de ne pas prendre de rendez-vous tant qu’on n’a pas l’annonce des doses ou les doses entre les mains

Jean-Didier Berger, le maire de Clamart (Libres)

"On nous a expliqué qu’on aurait moins de doses que d’autres centres, parce qu’on avait bien respecté la règle du jeu, qui est de ne pas prendre de rendez-vous tant qu’on n’a pas l’annonce des doses ou les doses entre les mains, raconte l'édile. On entend ne pas être pénalisé à ce titre, c’est pourquoi j’ai appelé et j’ai négocié pour qu’on nous donne pour les semaines suivantes plus de doses pour rééquilibrer les choses, et pour que notre population soit traitée de manière équitable".

Un "rééquilibrage" des dotations "envisageable" entre les centres des Hauts-de-Seine, selon l'ARS

Alors comment l’Agence régionale de santé, en charge de la répartition,  justifie-t-elle ces différences au sein d'un même département ? Contactée, l’ARS explique d’abord que l’Île-de-France dépend d’un quota au niveau national "entre les régions". L’établissement évoque ensuite des critères démographiques : le nombre de personnels de santé de plus de 50 ans, ainsi que le nombre de personnes de plus de 75 ans sur le territoire en question.  "Nous avons également pris en considération les territoires qui ont été le plus touchés comme la Seine-Saint-Denis et le Val d’Oise", ajoute l’établissement.

 

Pour ce qui est des Hauts-de-Seine, l’ARS explique d’abord que les secondes injections débuteront "dès la semaine prochaine à savoir le 15 février" à Nanterre : "Pour rappel, selon les préconisations nationales, le délai entre les injections de Pfizer est passé de 21 à 28 jours. Ainsi, les centres de vaccination qui ont ouvert le 18 janvier, commenceront leur seconde injection."

Au moment où la demande de suspension des rendez-vous a été faite le centre de Nanterre n’avait pas de créneaux pris la semaine du 8 février ce qui explique l’absence de premières injections cette semaine-là dans ce centre

L'Agence régionale de santé (ARS)

L’établissement explique par ailleurs que "les primo-injections des 75 ans et plus se poursuivent également dans les centres de vaccination qui avaient programmé des rendez-vous pour les semaines du 08 et 15 février" : "Compte-tenu des baisses annoncées fin janvier de livraisons du vaccin Pfizer il a été demandé aux centres de vaccination de suspendre les prises de rendez-vous pour les semaines des 08 février et 15 février. Tous les rendez-vous déjà pris sont bien honorés et aucun décalage de rendez-vous de primo-injection n’a été nécessaire à l’échelle régionale malgré la diminution des livraisons. Au moment où la demande de suspension des rendez-vous a été faite le centre de Nanterre n’avait pas de créneaux pris la semaine du 8 février ce qui explique l’absence de premières injections cette semaine-là dans ce centre. La logique d’attribution de doses suivie à Nanterre l’a été de la même manière que dans les autres centres."

"En fonction des réassorts de dotations qui seront allouées à l’Ile-de-France en vaccins Pfizer fin février et début mars, un rééquilibrage de dotations sera envisageable entre les centres de vaccination des Hauts-de-Seine et en direction des centres qui n’auraient pas bénéficié de dotations en 1ère injection les semaines des 08 et 15 février, sous réserve de ne pas dépasser la dotation départementale en doses", annonce enfin l’ARS.

Selon le dernier communiqué de l’ARS, daté du 1er février, la campagne de vaccination se poursuit en tout cas sans report de rendez-vous de première injection. Plus de 100 000 primo injections et plus de 200 000 deuxièmes injections devraient être assurées au total en février, d’après l’établissement.

A noter que le vaccin d’AstraZeneca – le troisième autorisé en France – a commencé à être distribué samedi à travers le pays, et sera administré d’abord aux professionnels de la santé et du médico-social âgés de moins de 65 ans. Contrairement aux vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna, celui d’AstraZeneca n’utilise pas la technologie dite "à ARN messager" et se conserve ainsi plus facilement.