"Là, on est proche de la fin pour beaucoup" : les discothèques grandes oubliées du calendrier de déconfinement

Les commerces, les lieux culturels, les cafés et les restaurants peuvent donc commencer à entrevoir le bout du tunnel du confinement entre le 19 mai et le 30 juin. Il n’y a pas mention des établissements officiant dans le monde de la nuit.

Une boite de nuit vide. (Photo d'illustration). OLI SCARFF / AFP
Une boite de nuit vide. (Photo d'illustration). OLI SCARFF / AFP

Il est le seul secteur qui manque à l’appel dans le calendrier de déconfinement : celui des boîtes de nuit. Dans une interview accordée à la presse quotidienne régionale, le président Emmanuel Macron a détaillé les modalités qui permettront aux établissements recevant du public actuellement fermés de rouvrir leurs portes.

Ainsi, d’ici le 30 juin – et si la situation sanitaire le permet – l’essentiel des restrictions encore en vigueur (fermetures, couvre-feu, jauges) devraient être levées pour la plupart des établissements frappés de plein fouet par l’épidémie de la Covid-19. Les commerces, les lieux de culture, les cafés et les restaurants peuvent donc commencer à entrevoir le bout du tunnel du confinement entre le 19 mai et le 30 juin.

 

"On est les grands oubliés"

Le secteur des boîtes de nuit, lui, n’est pour l’instant pas concerné par l’allègement prochain des restrictions et ne figure pas dans les rassemblements nécessitant un pass sanitaire. Rappelons que les discothèques ont gardé leurs portes fermées sans discontinuer depuis le premier confinement de mars 2020. Cela fait donc presque quinze mois. "On est les grands oubliés", nous confie Mike Hayes, DJ dans Paris. "Tout le monde souffre dans cette histoire : les boîtes bien sûr, mais aussi les barmans, les DJs, les prestataires de service autour du secteur, les agents de sécurité…", ajoute-t-il, expliquant que du fait de la crise sanitaire, il a dû se rabattre sur d’autres prestations "dans l’événementiel pour des entreprises, des mariages etc". "Mais même eux se retrouvent dans une situation délicate, avec le plus souvent, l’impossibilité de faire quoi ce que soit", insiste M. Hayes. 

Lors de son interview, Emmanuel Macron a évoqué qu'un pass sanitaire pourrait  être exigé pour certains événements brassant des foules : les festivals, des rassemblements dans des stades, des foires ou des salons. Ce pass "ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours (…) Par contre, dans les lieux où se brassent des foules, il serait absurde de ne pas l’utiliser". Mais là encore aucune mention pour les discothèques.

 

Mettre en place cet été des passerelles pour les discothèques qui disposent d’un espace extérieur, et engager un dialogue dans ce sens-là serait la moindre des choses.

Patrick Malvaës, Président du syndicat professionnel des discothèques et lieux de loisirs 

 

Contacté par France 3 Paris Île-de-France, le président du syndicat professionnel des discothèques et lieux de loisirs Patrick Malvaës dénonce de son côté "une discrimination envers le monde des discothèques qui ne repose sur aucune base épidémiologique" et ne se dit "pas surpris" de la décision du gouvernement, expliquant par ailleurs que la fermeture des discothèques et des lieux de la nuit a favorisé le développement du phénomène des soirées clandestines. "Mettre en place cet été des passerelles pour les discothèques qui disposent d’un espace extérieur, et engager un dialogue dans ce sens-là serait la moindre des choses", espère M. Malvaës, demandant par ailleurs une compensation financière pour "la situation dramatique des exploitants".

"Et en faisant bien les choses, en testant et en ayant une traçabilité des gens, on pourrait ouvrir (…) on peut se faire tester et avoir les résultats rapidement donc on peut tout à fait mettre en place des méthodes pour les gens à l’intérieur", regrette M. Hayes, estimant par ailleurs que la situation pour les travailleurs de la nuit est "catastrophique. (…) Les boîtes ont déjà pris un coup dans l’aile ces dernières années. Là, on est proche de la fin pour beaucoup".

 

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