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Les candidats à la primaire se disputent le soutien de la nouvelle génération de maires franciliens

Robin Reda, le nouveau maire UMP de Juvisy-sur-Orge (Essonne), dans une rue de la ville, mardi 25 mars 2014. / © VIOLAINE JAUSSENT / FRANCETV INFO
Robin Reda, le nouveau maire UMP de Juvisy-sur-Orge (Essonne), dans une rue de la ville, mardi 25 mars 2014. / © VIOLAINE JAUSSENT / FRANCETV INFO

Les candidats à la primaire LR pour la présidentielle de 2017 égrènent au fil des semaines leurs soutiens internes. Un profil est particulièrement recherché. La génération issue des municipales de 2014. En Île-de-France, comme dans le reste de l'Hexagone.

Par Daic Audouit

Ils sont jeunes, (encore un peu), ils sont beaux (pas tous) et ils sentent bon la victoire électorale. Eux, ce sont la nouvelle génération de maires d'Ile-de-France issus des municipales de 2014. Les it boys and it girls de la politique francilienne. Et à ce titre très courtisés par les candidats de la primaire des "Républicains" pour la présidentielle.

L'un d'eux raconte comment il fut tout surpris de recevoir un appel de François Fillon sur son téléphone portable. Ce n'est en effet pas l'habitude de l'ancien premier ministre. Alain Juppé, lui, envoie plutôt des courriers. Quant à Nicolas Sarkozy, il a reçu par petites brassées les vainqueurs des dernières élections municipales ou départementales. "A chaque fois, il nous dit que nous sommes l'avenir et qu'il va se baser sur nous. Le problème, c'est qu'une heure après, il reçoit des vieux caciques et qu'il leur dit qu'il va également se baser sur eux", plaisante une des participantes à ces déjeuners en petit comité. 

Juppé, le super maire

Judi 24 mars, c'est Alain Juppé qui dévoilait ses soutiens municipaux. Une liste non exhaustive mais qui choisit un élu par région. Et pour l'Île-de-France, c'est Karl Olive, maire de Poissy qui est mis en avant. 





Karl Olive, ancien journaliste sportif sur Canal Plus a emporté à la gauche la mairie de Poissy en 2014. "Je suis engagé aux côtés d'Alain Juppé depuis un an et demi. Je l'avais rencontré à Bordeaux et j'avais été impressionné par sa proximité avec ses administrés", explique-t-il. Il cite également la création du Conseil de développement économique et social de Bordeaux qu'il a imité pour sa ville de Poissy. Karl Olive publiera un livre à la rentrée sur ce thème : "ma ville, ma bataille, les clefs gagnante de la démocratie de proximité".   

On comprend l'idée de cet appel des maires pour Alain Juppé. Un projet pour la France ne se déclare pas d'en haut. "Il est d'autant plus efficace qu'il s'appuie sur les expériences locales", commente Karl Olive. Ce dernier ne veut pas voir en l'affichage public de son soutien une mise en avant générationnelle. "C'est plus une question de conviction et d'approche", commente le maire de Poissy. Alain Juppé qui a engrangé un soutien supplémentaire dans la région, celui de Frédéric Valletoux, le maire de Fontainebleau.
 

Génération Bruno

Jusqu'içi, renouveau oblige, c'est surtout Bruno Le Maire qui revendiquait et affichait le soutien de cette génération : Vincent Jeanbrun, Robin Réda ou encore Delphine Bürkli. Là aussi, l'idée est identique. La politique qui marche et les élus qui sont respectés viennent du terrain et non des appareils politiques. "Il est hyperdemandeur des expériences locales sur le terrain lors de nos réunions", témoigne Vincent Jeanbrun, maire de l'Haÿ-les-roses. Le jeune trentenaire explique que ce soutien est "avant tout générationnel". "Il ne faut pas seulement regarder les maires élus en 2014, mais aussi tous les jeunes adjoints ou conseiller municipaux", complète-t-il avec en tête de gondole Robin Réda, "la mascotte" qui, élu à Juvisy, est le plus jeune maire de France.
 

Fillon aussi

François Fillon ne veut pas être en reste. En Ile-de-France, il peut compter sur le soutien de Jean-Didier Berger, maire de Clamart, ou de Florence Portelli, nouvelle maire de Taverny. Cette dernière reconnait avoir été approché par d'autres candidats mais a choisi l'ancien premier ministre. "Il y a ceux qui vous veulent parce que vous incarnez une image nouvelle qui plait aux Français et il y a ceux qui sont venus vous soutenir en campagne alors qu'il y avait un risque non-rentabilité politique", rappelle-t-elle, évoquant donc une visite de François Fillon dans le Val d'Oise, alors "qu'elle était loin d'être donnée gagnante".

"Mais je ne suis pas un alibi, ou la jeune de service ou encore le quota féminin de François Fillon", ajoute aussitôt Florence Portelli. Elle est néanmoins son porte-parole dans le département et a été chargée de rédiger une tribune contre les propositions de Bruno Le Maire sur le statut des fonctionnaires. "C'est parce que je suis membre du Conseil Supérieur de la fonction publique territoriale et que je suis l'une des rares à droite (rires) à défendre ce statut", répond la conseillère régionale d'Île-de-France.   



Elle lie néanmoins son soutien à François Fillon a son mandat de maire. " Il annonce la couleur de ce qu'il va faire. Et nous qui avons récupéré des villes mal gérées par la gauche, on n'a pas envie de voter pour quelq'un de démagogique guidé par l'air du temps ou quelq'un qui fait surtout attention à ne rien dire. Je veux savoir où je vais", explique-t-elle.  

Une charge assez violente contre Bruno Le Maire. Cette génération jusqu'ici plutôt solidaire dans le combat de la reconquête, va-t-elle retomber dans les travers de la division de ses ainés ? "Pour l'instant, je ne sens pas trop de traces. Mais il faut quand même faire attention. On peut être pris très vite par le jeu de la critique", prévient Vincent Jeanbrun. "Notre dénominateur commun reste Valérie Pécresse", répond Florence Portelli, qui partage les bancs du conseil régional d'Île-de-France avec les "lemairistes". "On n'est pas dans un combat mais dans une compétition", conclut le sportif Karl Olive

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