Attentats de Janvier 2015 : la parole à Maryse Wolinski, femme du dessinateur assassiné à Charlie Hebdo

Publié le
Écrit par MT avec Aude Blacher
Maryse Wolinski attend du procès la réponse à certaines questions, comme celle de la fin de la surveillance du journal satirique par la police.
Maryse Wolinski attend du procès la réponse à certaines questions, comme celle de la fin de la surveillance du journal satirique par la police. © France 3 Paris Ile-de-France

Maryse Wolinski a perdu la personne la plus proche d'elle : son mari, Georges Wolinski. Le dessinateur fait partie des victimes de l'attaque contre Charlie Hebdo. A l'approche du procès des attentats de Janvier 2015, elle souhaite y prendre la parole, toujours à la recherche de la vérité.

À moins de deux semaines du début du procès des attentats de Janvier 2015, France 3 Paris Ile-de-France diffuse un dispositif spécial à l'antenne et sur nos supports numériques. Ce mardi, nous poursuivons notre série intitulée "la parole à..." avec le témoignage de Maryse Wolinski, veuve de Georges Wolinski, tué dans l'attentat contre Charlie Hebdo.

Maryse et Georges Wolinski ont partagé 47 ans de vie ensemble. Une belle histoire qui a pris fin brutalement le 7 janvier 2015 lorsque le dessinateur de Charlie Hebdo est assassiné par les frères Kouachi.

Depuis, il lui a fallu apprendre à vivre sans son compagnon et avec des questions sans réponses comme elle l'a écrit il y a quelques mois dans le journal satirique : "Le 7 janvier 2015, la vie s'est arrêtée. Avant, c'était la parenthèse du bonheur comme m'avait proposé Georges lors de notre 1er voyage en Italie. J'avais 21 ans. Une parenthèse, ça s'ouvre, et cela se ferme aussi. Toujours prémonitoire mon talentueux amoureux. La vie d'après n'a ni couleur ni saveur. Un désert, une dévastation."
 

A la recherche de la vérité

Ainsi, elle attend de ce procès au cours duquel elle pourrait prendre la parole, avant tout une écoute des victimes et de leurs proches.

"Ce que je voudrais, c'est qu'ils entendent les familles. Mon avocat m'a demandé si je voulais parler à la barre. Si je suis en forme, je le ferai, parce que j'ai envie que l'on entende cette parole. D'abord, on parlera de la liberté d'expression, puis on parlera de l'impact de la violence sur les familles et sur les corps."

Outre l'absence de son défunt mari, Maryse Wolinski cherche depuis la réponse à de nombreuses questions. "On mettra à jour certaines questions. Je sais qu'on ne va pas répondre à la mienne, mais je voudrais quand même la poser : pourquoi a-t-on arrêté la surveillance ? C'est mon obsession. J'aimerai ne plus l'avoir dans ma vie. J'en ai assez, j'ai envie de la vérité."

► Parole à Maryse Wolinski : un document d'Aude Blacher, Olivier Badin et Rémy Chartier.
durée de la vidéo: 03 min 16
Wolinski ©France 3 Paris Ile-de-France
 

Le mot d'Aude Blacher, journaliste et auteure de l'interview


Les souvenirs et paroles de Maryse Wolinski ont été recueillis par notre journaliste Aude Blacher : "Ce qui était touchant, c'était que cette femme, toujours très amoureuse de son mari, était toujours dans le questionnement. C'est encore plus difficile de reconstruire une vie quand on a passé un demi-siècle avec une personne. Et je pense qu'elle est encore dans une période de deuil.

Par ailleurs, elle n'a pas renoncé à comprendre pourquoi son mari a été tué. Elle honore sa mémoire en allant inaugurer des espaces à son nom, offre des dessins à des musées et participe à la création d'un musée de la bande-dessinée. Mais elle dit que sa vie reste un désert affectif.

Le procès, elle l'espère, peut peut-être amener cette vérité. À défaut, il peut aussi être l'occasion pour les familles, les victimes, d'exprimer leurs souffrances. Maryse Wolinski a été archi-sollicitée, elle ne répond plus favorablement à tout le monde."
 

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