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C1 dames : les filles du PSG et les ultras, partenaires particuliers

Marie-Antoinette Katoto vient d'ouvrir le score lors de la finale de la Coupe de France de football féminin entre le PSG et l'OL, à Strasbourg le 31 mai 2018. / © PhotoPQR/L'Alsace
Marie-Antoinette Katoto vient d'ouvrir le score lors de la finale de la Coupe de France de football féminin entre le PSG et l'OL, à Strasbourg le 31 mai 2018. / © PhotoPQR/L'Alsace

C'est un coup de foudre qui dure : lors de leurs années d'interdiction du Parc des princes, les ultras du Paris SG ont noué avec l'équipe féminine une relation particulière, pour le meilleur et pour le pire.

Par France3 IDF (avec AFP)

Lors du quart de finale aller de la Ligue des champions à Chelsea, il a moins été question de la défaite du PSG (2-0), que la découverte par la police londonienne de couteaux, poings américains et drogue dans le car des fans français, conduisant à leur interdiction d'accès au stade. "J'ai vécu ça comme un affront. Ca nous a rappelé malheureusement une sombre période, quand on ne pouvait pas entrer pour les garçons", explique à l'AFP "Mika", l'un des leaders du CUP, le principal groupe de supporters parisiens, présent sur place.

Depuis la création du CUP en 2016, "c'est la première fois qu'on n'entre pas dans le stade pour du foot féminin", décrit-il. Pour le retour, le Collectif prévoit de réagir en grand : des 11.000 spectateurs attendus par le club, 2.000 sont des membres du CUP, pour la plus grande affluence de la saison au stade Jean-Bouin, juste à côté du Parc des princes, où les garçons ont quitté sous les huées la Ligue des champions dès les 8e.
 

Exilés du Parc

"Ce n'est pas un échappatoire par rapport aux garçons. Avec elles, c'est quelque chose de spécial ! Ca fait presque huit ans qu'on les soutient", assure Mika. En 2011, comme un remake en bleu et rouge de la Belle et la Bête, tout semblait opposer les joueuses du PSG, qui évoluaient dans la confidentialité de la D1 féminine, aux ultras, chassés du stade par le plan Leproux, suite au décès de l'un d'entre eux lors d'une bagarre entre supporters en 2010. Exilés du Parc, les supporters parisiens commencent alors à suivre les équipes de jeunes, la réserve et les féminines, tout ce qui leur permet de garder un contact avec le blason qu'ils portent sur leurs écharpes. "C'est grâce à elles qu'on a gardé le lien avec le stade", explique Mika.
 

Au rythme de déplacements à Albi ou Rodez, de derbys franciliens contre Juvisy ou Issy, s'est créée la flamme des supporters pour les filles, qui se prêtent au jeu. "On était très peu de personnes, mais ça a créé un vrai lien. Les filles étaient très ouvertes, nous ont super bien accueillis et même défendus parfois", se souvient James, supporter parisien. "C'était plus que folklorique, c'était génial !"
 

Le CUP présent à chaque match à domicile des féminines

En même temps que les ultras affluent, les Parisiennes parviennent à se distinguer en Ligue des champions, comme en 2015 avec une finale, perdue, devant une centaine de supporters parisiens à Berlin. Le retour des ultras au Parc en 2017 n'a pas entamé le lien entre supporters et équipe féminine, d'autant que dans le même temps, le foot féminin connaît un essor avant la Coupe du monde 2019 en France.

"Là où ça change des garçons, c'est que les filles sont beaucoup plus proches de nous. On sent que c'est honnête. Parfois, elles peuvent rester une demi-heure après le match avec nous. Ca nous tient à coeur de les suivre", abonde Mika. Le CUP est présent à chaque match à domicile. Mais les incidents survenus à Chelsea rappellent que le comportement des ultras, parfois épinglés par les instances pour les messieurs, pourraient se répéter chez les filles, jusque-là épargnées par les problèmes dans les stades.
 

"Pour les ultras, soutenir les féminines, c'est aussi plus de liberté et moins de contraintes. Mais on voit bien qu'aujourd'hui, avec l'histoire du CUP à Chelsea, que les préoccupations sécuritaires touchent aussi le foot féminin", explique le sociologue spécialiste des supporters Nicolas Hourcade. "Le phénomène est relativement nouveau. Le mouvement ultra est ambivalent. Il peut s'ancrer dans le football féminin aussi bien en ne développant que ses aspects festifs qu'en reproduisant l'ensemble de ses comportements habituels, qui incluent une part de violence au moins verbale", poursuit-il.

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