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Les demandes d'asiles ont augmenté de 22,7 % l'an passé

Au total, plus de 123 000 demandes ont été enregistrées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) qui vient de publier son rapport annuel. Un chiffre en hausse de 22,7% par rapport à 2017. Explications. 

Par Aude Blacher

L'ofpra vient de publier son rapport annuel. Dans un contexte international tendu, le cap historique des 120 000 demandes d’asile a été franchi en décembre 2018. Plus d'un tiers des demandeurs d'asile résident en Ile-de-France.  

Que faut-il retenir du rapport ? 

123 625 demandes d’asile en 2018. Le nombre est en forte augmentation par rapport à l’année précédente (+22,7 %) . C'est le double de demandes par rapport à 2013. Ce rythme de progression s’accélère comparativement aux années 2016 (+ 7,1 %) et 2017 (+ 17,5 %).
Celle des mineurs non accompagnés est également en forte augmentation : + 24,2 %.

Parmi eux, 742 mineurs non accompagnés ont sollicité l’asile l'an passé soit une progression de 24,2 % par rapport à 2017 (591 demandes) et de 100 % par rapport à 2013 (367 demandes). Néanmoins, comme les années précédentes, ce nombre reste très en-deçà de celui des mineurs non accompagnés pris en charge par les services de l’Aide sociale à l’enfance des Conseils départementaux.

46 700 personnes se sont vu reconnaître le statut de réfugié ou la protection subsidiaire. Il s’agit d’un niveau jamais atteint à l’Ofpra. Les principales nationalités donnant lieu à l’octroi du statut de réfugié ou d’une protection subsidiaire sont l’Afghanistan (20 % de l’ensemble des protections), la Syrie (13,9 %) et le Soudan (11,2 %). La part des femmes protégées par l’Ofpra cette année est de 27,9 %. Les taux de protection les plus élevés en faveur des femmes concernent la Syrie (92,8 % de protection pour les femmes de cette nationalité), le Yémen (88,2 %), l’Irak (84,9 %), le Burundi (81,7 %) et l’Afghanistan (76,8 %).
 

L'Afghanistan, le premier pays de provenance des demandeurs d'asile

L’Afghanistan est devenu le premier pays de provenance des demandeurs d’asile en 2018 avec 10370 demandes soit un accroissement de 55 % par rapport à l’année 2017. Cette situation s’explique par la dégradation de la situation sécuritaire dans les provinces d’origine des demandeurs d’asile du fait des combats entre des groupes insurgés et les autorités, de la présence de groupuscules se revendiquant de l’organisation État islamique dans certains districts et de la poursuite des expulsions des membres de la diaspora afghane installée au Pakistan et en Iran.

En revanche, la demande albanaise a baissé de 27,6 %, passant au deuxième rang. La demande géorgienne est en forte croissance (+ 256 %) ainsi que la demande en provenance de certains pays d’Afrique occidentale (+ 82 % pour le Mali, + 60 % pour la Guinée, + 50 % pour la Côte d’Ivoire. Ces demandes sont majoritairement liées à des questions sociétales : mutilations sexuelles féminines, mariage forcé, orientation sexuelle...
Si la Syrie et le Soudan demeurent dans les 10 principaux pays de provenance, ces pays voient leur demande baisser respectivement de 20 % et 5 %. 
Parmi les demandeurs d'asile, les raisons invoquées sont également liées aux tortures subies dans leur pays d’origine, fréquemment dans le cadre d’interrogatoires et/ou d’incarcérations dont la responsabilité est attribuée aux forces de l’ordre civiles ou militaires. 

L'Ile-de-France, la région la plus concernée : En 2018, la part de la région Ile-de-France, en tant que région de résidence des demandeurs d’asile, a augmenté significativement passant de 30 % en 2017 à 36 % en 2018. Cette situation résulte de la présence importante de migrants dans la région parisienne et des opérations de mise à l’abri organisées à plusieurs reprises au cours de l’année. Ainsi, la part de l’Ile-de-France en tant que région dans laquelle les demandes d’asile sont enregistrées, passe de 36 % en 2017 à 46 % en 2018. 



 

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