En 2020, les cavistes ont bénéficié de l'amour des Français pour le vin

Difficile de savoir si la consommation de vin a augmenté en 2020. Mais de nombreux clients se sont tournés vers les cavistes qui ont vu, pour beaucoup, leur chiffre d'affaires augmenter significativement.

Ce caviste indépendant installé dans le XIIIe arrondissement de Paris a vu son chiffre d'affaires fortement augmenter en 2020.
Ce caviste indépendant installé dans le XIIIe arrondissement de Paris a vu son chiffre d'affaires fortement augmenter en 2020. © MT - France 3 Paris Ile-de-France

Pour ces commerçants, la baisse enregistrée en 2019 (à cause des grèves et manifestations) est oubliée. En 2020, le chiffre d'affaires des cavistes a augmenté de façon importante, parfois avec une hausse à deux chiffres.

"Cela se situe entre + 10% et 20%, c'est exceptionnel. Une progression logique pour un petit commerce comme le miens est de 5% maximum", explique Michel Thiévin, installé dans le XIIIe arrondissement de Paris depuis plus de 20 ans.

Un phénomène aussi observé par Jean Guizard, président de la Fédération des Cavistes Indépendants, qui le nuance quelque peu : "Certains ont beaucoup perdu : ceux qui sont dans des emplacements où l'on ne va pas quand on est confiné et ceux qui font de la vente aux hôtels et restaurants. Depuis 5 mois, ils ne vendent plus rien. Pour moi c'est 30% du chiffre d'affaires, mais sur les particuliers j'ai une augmentation de 20%. Ce n'est pas une grande majorité des cavistes, mais ils sont importants."

Une nouvelle clientèle

Pour expliquer cette tendance, Jean Guizard indique que dans leur secteur, la baisse enregistrée pendant les périodes de confinement a été rattrapée par les périodes de non confinement. Mais surtout, ces commerces ont trouvé de nouveaux clients.

"Les gens sont retournés dans les commerces de proximité. Les gens faisaient la queue devant les commerces, c'était du jamais vu. Et finalement, certains ont vu qu'ils n'étaient pas si chers. Pour les cavistes, il y avait des tabous : 'c'est cher', 'je ne connais pas'. Ces tabous sont un peu tombés", analyse-t-il.

Dans la cave de Michel Thiévin, sa clientèle s'est rajeunie. "J'ai vu une nouvelle clientèle de jeunes de 25 à 35 ans, c'était très net. Pourquoi ? Je ne sais pas. Nous avons beaucoup de vins nature, biodynamiques, beaucoup viennent pour cela", avance-t-il.

Décembre, mois de tous les records

Si en temps normal, le consommateur quotidien achète des bouteilles comprises entre 5 et 10 euros, certains clients ont décidé de s'offrir de beaux produits. "Les grands crus de Bourgogne, ou un grand Saint-Estèphe sur Bordeaux, en général, on les vend en fin de semaine pour les dîners ou déjeuners du week-end. Alors que là, en pleine semaine, on vendait du Gevrey-Chambertin, du Chambolle, de grandes bouteilles", poursuit Michel Thiévin.

D'autant qu'avec les restaurants fermés et l'augmentation des repas préparés à la maison, ces bouteilles ont pu être des déclencheurs d'achat. "Au mois de décembre, tout le monde a appris que l'on ne pouvait pas se réunir en nombre pour les fêtes. Les gens se sont dits : 'on ne va pas faire de grandes fêtes mais au moins, on va se faire plaisir avec une bonne bouteille, un bon repas à la maison'. Ils se sont un peu lâchés de cette année compliquée", indique Jean Guizard, président de la Fédération des Cavistes Indépendants.

En revanche, l'autre alcool très apprécié des Français, le champagne, a vu ses ventes chuter. Une baisse due à l'image festive de cet alcool mais aussi à la fermeture de tous les établissements comme les hôtels, les restaurants ou les boites de nuit.

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