CARTE. Cambriolages : quelles sont les zones les plus touchées en Île-de-France ?

C'est une première. Le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) et l’Insee viennent de publier une carte interactive qui permet de savoir quelles sont les zones les plus cambriolées en Île-de-France. Et les zones les plus sûres.

Plus de cambriolages dans la région l’an dernier, des chiffres comparables à ceux enregistrés avant la crise du Covid, c’est ce qui ressort d’une enquête menée par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) et par l’Insee. En 2022, l’Île-de-France a enregistré 46 520 cambriolages ou tentatives de cambriolage selon les plaintes ou les signalements enregistrés par la police et la gendarmerie. Soit 7,9 cambriolages pour 1000 logements, un taux supérieur de deux points à la moyenne nationale (5,8 ‰). 

Le département de la Seine-Saint-Denis semble particulièrement visé avec un taux de cambriolage de 9,2 pour 1000. Mais Paris n’est pas en reste avec un taux de 8,7 pour 1000, suivi par le Val-de-Marne (8,6 ‰). À l’opposé, ce taux est le moins élevé dans le sud et l’ouest de la région, en particulier dans les Hauts-de-Seine (6,6 ‰).

Pour affiner ces statistiques, le SSMSI et l’Insee ont également publié une carte interactive, basée sur les chiffres de 2021 cette fois-ci. Elle permet de savoir, en fonction d’un code couleur, quelles sont les zones qui ont présenté le plus fort taux de cambriolages dans la région.

Le principal "point chaud" (ou zone de forte densité locale de cambriolages enregistrés au kilomètre carré) de l’agglomération parisienne se situe sur la rive droite de Paris intra-muros. Les zones délimitées par le jardin des Tuileries à l’Ouest, l’Île Saint-Louis à l’Est et s’étirant des Halles au Nord au jardin du Luxembourg au Sud, apparaissent comme les plus cambriolées de la capitale, avec plus de plus de 15,9 cambriolages pour 1000 logements. Tout autour du cœur historique de Paris et dans le 18e arrondissement, les infractions sont aussi importantes (entre 11,6 et 15,9‰) alors que les 16e, 12e et 20e arrondissements semblent moins concernés. 

La Seine-Saint-Denis, département prisé des cambrioleurs 

En Seine-Saint-Denis, une grande partie du territoire vire au rouge, voir au violet au Raincy et aux Pavillons-sous-Bois dont certains quartiers connaissent des taux de cambriolage équivalents à ceux enregistrés dans le centre de Paris.

Également prisées des malfaiteurs, les villes de Livry-Gargan, Villemomble, Aulnay-sous-Bois, Clichy-sous-Bois, Gagny, Bondy, Aubervilliers, Noisy-le-Sec, Fontenay-sous-Bois, Montfermeil, Montreuil, Romainville, Rosny, Bondy, Coubron, Vaujours, Pantin, Saint-Denis, La Courneuve ou encore Tremblay-en-France…

À l’inverse, les Hauts-de-Seine sont globalement épargnés, notamment dans les villes classées parmi les plus riches du territoire. Autour de la Défense, on compte moins de 3,6 cambriolages pour 1000 habitations. À noter toutefois quelques exceptions autour de Vaucresson et de Marnes-la-Coquette, deux communes huppées qui abritent quelques-unes des plus grandes fortunes de la région.

Autres territoires peu touchés par cette forme de délinquance selon les données de l'Insee et du SSMSI, les villes de Versailles et de Plaisir (78), de Créteil (94), de Cergy et de Poissy (95). Evry (91), Bobigny (93) ou encore Le Mée sur Seine (77) présentent également les meilleures statistiques de la région. 

Des cambriolages en lien avec la forte urbanisation

Cette intensité des cambriolages serait liée selon l’Insee à la forte urbanisation de la région car plus le degré de densité des communes est élevé, plus le taux de cambriolage est important. Mais ces statistiques présentent quelques limites. Elles ne correspondent qu’au nombre de plaintes et de signalements enregistrés, des procédures qui sont encore loin d'être systématiques. Ainsi, d’après l’enquête Cadre de vie et sécurité portant sur les années 2017-2018 et 2020, 44 % des ménages victimes d’une tentative de cambriolage de leur résidence principale et 74 % des ménages victimes d’un cambriolage de leur résidence principale ont fait le déplacement en brigade de gendarmerie ou commissariat de police.