Des centres de vaccination éphémères pour relancer la vaccination

56% de la population des plus de 12 ans a été vaccinée en Île-de-France. Pour amener, les Franciliens à continuer à se faire vacciner, des centres seront ouverts tout l'été.
© MaxPPP

"Je crois qu'on aura une quatrième vague mais qu'elle va être beaucoup plus nuancée que les trois premières, car il y a un niveau de vaccination qui n'est pas du tout le même", a déclaré ce mercredi le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique sur France Inter. Si le discours se veut rassurant, le professeur insiste sur la nécessité de continuer à se faire vacciner. Le vaccin est efficace "quand on a eu deux injections" (pour les vaccins qui nécessitent deux injections) et il ne l'est pas "quand on a eu une seule injection", rappelle-t-il. "D'où le message, il faut se faire vacciner" et "avoir eu ses deux injections pour la rentrée" insiste-t-il.

Au 28 juin, 5,97 millions de personnes avaient reçu une première injection en Île-de-France. Le 8 juin, l'organisme Santé publique France, en comptait 5 millions. Les chiffres sont en hausse mais le rythme de la vaccination ralentit. Lorsqu'on regarde la courbe des vaccinations quotidiennes, on observe une baisse du nombre de personnes vaccinées par jour entre fin mai et fin juin.

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La campagne de vaccination a commencé fin décembre

La semaine dernière, l'Ile-de-France a franchi le cap du million d'injections hebdomadaires. Pour Aurélien Rousseau, le directeur général de l'ARS francilienne, il faut aller plus loin. "Les jours qui viennent seront décisifs", explique-t-il. Il faudrait "gagner 20 points de vaccination" par rapport aux 56% des plus de 12 ans qui ont reçu au moins une première injection.

Face à ce ralentissement, la stratégie vaccinale évolue. Désormais des centres éphémères se multiplient pour aller à la rencontre des publics vaccinables. 

Un centre de vaccination adapté aux livreurs. La place de la République accueille depuis lundi 29 juin et au moins pour cinq jours, un centre de vaccination éphémère contre la Covid-19. Ce centre cible en priorité un public précaire, les livreurs à vélo, nombreux à se retrouver sur cette place. Au total, plus de 3 000 créneaux seront disponibles sur l’ensemble de la semaine et de nouveaux créneaux sont susceptibles d’être ouverts en cas de forte affluence.

En concertation avec les plateformes Deliveroo, Uber Eats et Frichti, l'Agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France a cherché à faire du sur-mesure pour cette opération dite "d'aller-vers" qui doit faciliter l'accès à la vaccination. Le centre est ouvert seulement l'après-midi les jours de semaine, car les livreurs "commencent leur livraison à 11h-11h30 et n'arrivent pas à l'avance", explique Marine Darnault, chargée des opérations éphémères à la délégation de Paris de l'ARS.

Un centre de vaccination installé tout l'été. Egalement géré par la Croix-Rouge, le centre s'est installé sur le parvis de l'Hôtel de ville à Paris. Il sera ouvert tout l'été, 7 jours sur 7, du 29 juin au 29 août avec ou sans rendez-vous. Plus de 5 000 créneaux par semaine seront disponibles, indique la Croix-Rouge.

"Banaliser l'acte vaccinal",

Aurélien Rousseau

Pour booster la vaccination, l'ARS indique que l’offre vaccinale devrait être maintenue durant l'été, "à hauteur de 82% des capacités d’injections et de 77% du nombre de centres". "En Seine-Saint-Denis, 100% des centres devraient rester ouverts pendant l’été, 85% dans le Val-De-Marne et le Val-d’Oise, 42% dans les Yvelines, 62% dans les Hauts-de-Seine, 70% à Paris, 74% en Seine-Et-Marne et 73% en Essonne", indique la responsable presse de l'ARS.

Les opérations "d’aller-vers" se poursuivront et s'intensifieront sur toute la période estivale, à la fois pour le grand public en organisant des opérations spéciales dans des espaces très fréquentés comme à la Canopée des Halles, en ciblant des populations particulières (étudiants, livreurs, chauffeurs, femmes enceintes), ou en direction des publics précaires avec des opérations en foyer de travailleurs migrants, en bidonville et dans les quartiers défavorisés.

Pour parvenir à faire reculer l'épidémie et éviter la propagation du variant Delta, l'ARS, rappelle qu’il faut continuer à venir se faire vacciner et que de nombreux créneaux sont disponibles dans la région.

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