En Île-de-France, la pollution de l’air diminue "mais pas assez"

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La qualité de l’air s’est améliorée l’an dernier, selon le dernier bilan d’Airparif. Mais les niveaux de pollution observés dans la région restent supérieurs aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), alerte l’association.

"La qualité de l'air s'améliore mais pas assez pour respecter les recommandations françaises et européennes, et encore moins celles de l’OMS", explique Antoine Trouche, ingénieur chez Airparif, pour résumer le bilan de l’association publié ce mardi. "Sur 10 ans, on a vu en moyenne une baisse de 30% du dioxyde d'azote, et de 35 à 40% pour les particules PM10 et PM2,5", indique-t-il. 

Une tendance qui s’est poursuivie en 2021. A noter entre autres que 11 épisodes de pollution ont été constatés pendant l’année, dont 10 "pour les particules PM10 et un à cause de l’ozone (...) soit le nombre de journées de dépassement le plus bas depuis dix ans", selon Airparif.

L’ozone est le seul polluant dont la tendance est à la hausse, avec une augmentation de 25% sur 10 ans

Pierre Pernot, directeur de la communication d’Airparif

"Ça s’explique essentiellement par une baisse des émissions du trafic routier et des émissions causées par le chauffage résidentiel. Il y a des causes technologiques, avec par exemple certains véhicules et systèmes de chauffage plus récents. On peut également citer les mesures réglementaires qui vont dans le bon sens, avec notamment les Zones à Faibles Émissions (ZFE) et l'incitation à utiliser les transports en commun", analyse Antoine Trouche.

Pierre Pernot, directeur de la communication d’Airparif, souligne aussi le rôle des conditions météorologiques : "Ces conditions peuvent varier d’une année à l’autre, notamment si on a un été caniculaire, propice à la formation de l’ozone, et donc à un épisode de pollution. Il s’agit du seul polluant dont la tendance est à la hausse, avec une augmentation de 25% sur 10 ans. On ne l’émet pas directement dans l’air : l’ozone se forme à partir d’autres polluants, notamment sous l’ensoleillement."

60 000 Franciliens exposés au dioxyde d’azote

Airparif souligne toutefois que 60 000 Franciliens restent exposés à des concentrations qui dépassent les recommandations françaises et européennes pour le dioxyde d’azote. 500 000 Franciliens étaient concernés en 2019, à titre de comparaison.

"Géographiquement, les concentrations de polluants sont plus importantes le long des grands axes de circulation, notamment à proximité du périphérique et dans Paris, avec une densité importante de population", explique Antoine Trouche.

"La pollution de l’air est à l’origine de pathologies cardiovasculaires et respiratoires. Et certaines particules sont cancérigènes", rappelle l’ingénieur. Dans une étude publiée début 2022 avec l'Observatoire régional de santé Île-de-France (ORS), Airparif estime que 7 900 décès prématurés liés à l’impact de la pollution de l’air pourraient être évités chaque année. "Près de 8 000 décès évitables par an, c'est considérable", souligne Antoine Trouche.

A noter que les recommandations de l'OMS en matière de qualité de l'air, plus strictes que la réglementation européenne, ont été renforcées l’an dernier. D’après ces seuils d'alerte, 100% des 12 millions de personnes qui vivent en Île-de-France respirent un air trop pollué.