Pollution de l’air: "un impact sur la santé" même à partir de faibles niveaux alerte Airparif

Alors que l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a baissé ses seuils d'alerte vis-à-vis de la qualité de l’air, l’association de surveillance Airparif indique qu’en prenant en compte les nouvelles recommandations, 100% des Franciliens respirent un air trop pollué.

En Île-de-France, tout le monde est exposé à un air trop pollué. Tandis que l’OMS vient de réévaluer pour la première fois depuis 15 ans ses seuils de référence en matière de qualité de l'air, la quasi-totalité d’entre eux ont été abaissés. Ces nouvelles lignes directrices impliquent que 100% des Franciliens font face aux effets néfastes d’au moins un polluant.

Comme l’explique Airparif, "l’ensemble des Franciliens sont exposés à des niveaux de pollution en ozone et en particules fines PM2,5 qui dépassent ces nouveaux seuils". Autre chiffre : en Île-de-France, trois habitants sur quatre sont exposés à des niveaux de pollution trop élevés en particules PM10. 

Les risques peuvent être importants, notamment pour certaines particules qui pénètrent profondément dans les poumons et les circulation sanguine. Les études sur lesquelles se base l’OMS montrent en effet que les effets de la pollution sur la santé sont importants à partir de faibles niveaux.

"On a vu à travers l'analyse des études scientifiques par l’OMS que la pollution de l’air avait un impact sur la santé à des concentrations encore plus faibles que l’on imaginait auparavant, explique Pierre Pernot, ingénieur Airparif. Forcément les seuils ont été abaissés pour préserver la santé de tous."

Neuf Franciliens sur dix exposés à des niveaux de pollution trop élevés en dioxyde d’azote

En prenant en compte les nouveaux seuils, neuf Franciliens sur dix sont aujourd’hui exposés à des niveaux de pollution trop élevés en dioxyde d’azote. Auparavant, seulement 1% des habitants étaient exposés. Ce polluant est en grande partie émis par le trafic routier et, de façon moins importante, par le chauffage, l’industrie ou les aéroports.

"C’est à proximité des axes routiers qu’on a les niveaux en dioxyde d’azote les plus importants, précise Pierre Pernot. Ces niveaux peuvent être six à sept fois supérieurs à ces fameuses recommandations de l’OMS." D’après Airparif, les nouvelles directives illustrent "l’importance d’aller encore plus vite et plus loin dans l’amélioration de la qualité de l’air, malgré les progrès relevés depuis plus de 20 ans en Île-de-France".

Les directives de l’OMS sont basées sur "la revue systématique et la synthèse de plus de 500 articles scientifiques", via "un processus rigoureux d’examen et d’évaluation des données factuelles" selon l'association. A noter que ces nouvelles recommandations ne sont pas juridiquement contraignantes.

Airparif souligne toutefois qu’elles "apportent une base factuelle (...) pour définir les réglementations françaises et les directives européennes", et "permettent des comparaisons" au niveau international. La directive cadre sur l’air ambiant en Europe est d’ailleurs en cours de révision, et le processus devrait aboutir en 2022.

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