Les manœuvres d'Alstom pour retarder le renouvellement des RER B

Le contrat, géant, vise à remplacer 146 trains de la ligne B, l'une des plus utilisées du réseau francilien avec environ 1 million de personnes transportées chaque jour. Alstom, dont l'offre a été rejetée, multiplie les recours et propose désormais une médiation.

Présentation de la rénovation de rames du RER B par Alstom dans son usine de Reichshoffen (Bas-Rhin) en octobre 2019.
Présentation de la rénovation de rames du RER B par Alstom dans son usine de Reichshoffen (Bas-Rhin) en octobre 2019. © PATRICK HERTZOG / AFP

Une affaire de gros sous qui a un impact bien réel pour des centaines de milliers de personnes qui utilisent la ligne B du RER chaque jour. L'affaire débute le 13 janvier dernier lorsqu'Ile-de-France Mobilités décide d'attribuer le contrat du renouvellement des rames de la ligne au consortium associant les constructeurs canadien Bombardier Transport et espagnol CAF.

Un contrat important : plus de 2,5 milliards d'euros pour la fourniture de 146 trains qui doivent circuler sur cet axe nord-sud de l'Ile-de-France et qui transporte environ un million de personnes par jour (hors pandémie). Ce train "fera 104 m de long et qu'il devrait être partiellement à 2 niveaux, proposant au moins 20% de capacité de plus que les actuels MI79 et MI84", détaille le site bien informé TransportParis.

Le Français Alstom voit rouge. Son offre - plus chère selon des sources proches du dossier -,  dépose recours après recours. Alstom s'est "pourvu au Conseil d'État contre le dernier jugement du Tribunal administratif du 13 janvier validant la régularité de la procédure d'acquisition", ont relevé la RATP et la SNCF.

Alstom rachète Bombardier

L'entreprise française a également "déposé un référé précontractuel le 22 janvier devant le Tribunal administratif. La notification de rejet de la RATP à Alstom est incomplète". "Au-delà des notes communiquées, Alstom souhaite avoir des détails sur les raisons du rejet de son offre", a précisé le groupe français dans une note transmise à l'AFP.

Ces manœuvres interrogent sur les volontés du groupe français. Ce lundi, son PDG, Henri Poupart-Lafarge a affirmé vouloir "s'asseoir autour de la table" pour discuter du fameux contrat.

Un revirement alors qu'Alstom est propriétaire de Bombardier depuis ce vendredi 29 janvier. Alstom a en effet finalisé l'achat au groupe canadien et de ses activités de construction ferroviaires pour 5,5 milliards d'euros (faisant du groupe français le numéro deux mondial du secteur avec un chiffre d'affaires combiné de 15,7 milliards d'euros).

"Un contrat comme celui-là, ça dure une dizaine d'années. Avant de s'avancer dans cette aventure, s'asseoir autour de la table pendant quinze jours, je trouve que ce n'est pas du luxe", avait indiqué M. Poupart-Lafarge.

"Ces recours sont dilatoires"

"Tous ces recours sont dilatoires", a jugé quant à elle Valérie Pécresse, présidente d'IDF Mobilités. "Ma crainte, et c'est une crainte partagée par la RATP, la SNCF et Ile-de-France Mobilités, c'est que ces recours nous fassent prendre vraiment beaucoup, beaucoup de retard sur la commande, ce serait au détriment des voyageurs et ce n'est pas acceptable", a-t-elle déploré jeudi dernier.

Car les premiers trains doivent être livrés d'ici à la fin 2025. "Alstom souhaite tout mettre en œuvre pour s'assurer, en tant que repreneur de Bombardier, de la viabilité économique du projet, et ainsi permettre le respect du planning initial fixé par la RATP", a ainsi assuré Alstom.

Outre la livraison de ces trains, le compte Twitter RER B Grand Paris pointe l'état des voies avec "42 kms de voies dits 'hors d'âge' à remplacer avant les JO 2024". Des Jeux qui ne font pas le bonheur des usagers du RER B. Ces derniers vont devoir subir les travaux du CDG Express, la ligne qui doit relier l'aéroport de Roissy – Charles-de-Gaulle à la gare de l'Est en 20 minutes et qui longera les voies du RER B. Annoncé prêt pour les JO, il a été reporté, lui aussi à la fin 2025.

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