Immobilier : le seuil symbolique de 10.000 euros le mètre carré a été franchi à Paris

En dix ans, le prix du mètre carré a bondi de 66% à Paris. Alors que les notaires l’annonçaient déjà dans une note du 26 juillet relevée par le Monde, ils devraient le confirmer ce jeudi : le prix moyen du mètre carré a franchi en août le seuil des 10.000 euros, 10.190 euros précisément.

Au mois d'août, le prix moyen du mètre carré à Paris a franchi le seuil des 10.000 euros, pour atteindre 10.190 euros.
Au mois d'août, le prix moyen du mètre carré à Paris a franchi le seuil des 10.000 euros, pour atteindre 10.190 euros. © Boyan Topaloff / AFP
Un logement parisien coûte maintenant plus de 10.000 euros le mètre carré, le couronnement d'années de flambée sans équivalent dans le reste de la France et ne donnant pas signe de vouloir s'arrêter.

"Le prix au m2 des appartements anciens, qui s'est établi à 9.890 euros dans la capitale au 2e trimestre 2019, a dépassé le cap des 10.000 euros le mètre carré au mois d'août", ont annoncé ce jeudi les notaires du Grand Paris dans un communiqué.
 

Le prix moyen du mètre carré parisien établi à 10.190 euros cet été

En fait, il n'y a guère de surprise: dans une note mensuelle fin juillet, récemment repérée par le Monde, les notaires ont estimé que le prix moyen du mètre carré parisien se sera établi à 10.190 euros sur les trois mois écoulés cet été.

D'autres acteurs privés ont déjà évoqué le passage de ce seuil: le réseau d'agences Century 21 l'a fait dès le début juillet et le site Meilleurs Agents, qui compile des données recueillies auprès d'environ une moitié des agents français, l'a aussi annoncé début septembre. Quelle que soit la date précise, l'évolution de fond est incontestable: les prix des logements parisiens connaissent depuis des années une flambée sans commune mesure avec le reste du territoire.

Une augmentation de 60% en dix ans

Depuis dix ans, ils ont pris environ 60% dans la capitale, que l'on retienne les estimations des notaires ou de Meilleurs Agents, alors que, selon le site, les prix n'ont gagné que 10% sur l'ensemble du territoire et qu'un peu moins de 30% dans les 10 autres principales métropoles françaises.

"Il y a des moteurs si particuliers à Paris que c'est compliqué de les comparer avec d'autres villes", soulignait mardi Thomas Lefebvre, directeur scientifique de MeilleursAgents, lors d'une conférence de presse.
  Un point central différencie la capitale: les prix y sont de plus en plus déconnectés du niveau de vie des habitants. Leur revenu médian ne permet guère d'acheter plus que 20 mètres carrés. C'est par exemple une différence avec Bordeaux, où les prix flambaient ces dernières années mais finissent par se heurter au niveau de vie réel.
  A Paris, le marché du logement privé est particulièrement recherché par des investisseurs qui n'habitent pas leur bien: la part des locataires est particulièrement élevée à 70% des logements.

Dans ce contexte, la hausse des prix semble partie pour durer. Et elle promet d'être un enjeu de la campagne pour les élections municipales, où la maire socialiste Anne Hidalgo est candidate à sa réélection l'an prochain.

"On imagine mal le marché caler à Paris au cours des 12 prochains mois", prévenait M. Lefebvre, dont le site table sur une nouvelle hausse de 6% d'ici à un an.
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