JO de Paris 2024 : la qualité de l'eau de la Seine, un risque pour les épreuves de triathlon ?

Alors que le test de natation pré-Jeux Olympiques a été annulé ce week-end en raison de la qualité de l’eau de la Seine, faut-il être inquiet pour le triathlon, prévu du 17 au 20 août ? Organisateurs et athlètes se disent confiants, malgré des enjeux sportifs importants.

La qualité de l’eau va-t-elle poser problème pour la tenue des compétitions olympiques sur la Seine ? Ce week-end, le "test event" de natation en eau libre organisé en vue des JO de Paris 2024 a été annulé en raison de la pollution du fleuve. "Suite à de récentes fortes pluies" qui ont fait déborder les égouts, "la qualité de l'eau de la Seine est restée en deçà des normes acceptables pour la protection de la santé des nageurs", explique un communiqué de World Aquatics, la fédération internationale de natation.

Dans le communiqué, le président de World Aquatics, Husain Al-Musallam, déclare que la fédération "reste enthousiaste" en vue de 2024, tout en exprimant sa déception. "Ce week-end a démontré qu'il est absolument impératif que des plans d'urgence solides soient mis en place", note-t-il.

L’annulation a été décidée en se basant sur une analyse d’eau réalisée dans la nuit de vendredi à samedi, qui a révélé une trop forte présence de la bactérie Escherichia Coli, au-dessus des taux imposés par World Aquatics (1300 UFC pour 100 ml contre une norme fixée à 1000).

La mairie de Paris, elle, tente de rassurer. L'adjoint aux sports Pierre Rabadan indique ainsi à l’AFP que des relevés instantanés effectués par la Ville ce week-end affichaient bien des résultats "en dessous de 1000". Mais ces tests instantanés "ne font pas partie du process d'analyses de la fédération internationale" : World Olympics se base sur des relevés connus 24 heures plus tard.

Or, selon la Ville, les résultats des analyses officielles qui sont arrivés lundi - en raison du décalage des prélèvements - ont "confirmé que dimanche matin, on était sous les seuils à tous les points de relevé" sur le parcours olympique, entre le pont Alexandre-III et le pont de l'Alma. Des relevés affichant 911 UFC pour 100 ml.

"La course la plus importante de notre vie"

Organisé également autour du pont Alexandre-III, le test de triathlon est prévu du jeudi 17 au dimanche 20 août. Les épreuves individuelles doivent avoir lieu le jeudi et le vendredi, celles de paratriathlon le samedi, et le relais mixte le dimanche, résume le site de la Fédération française de triathlon. Champs-Élysées, tour Eiffel, Invalides… Le tracé prévoit 1 500 m de natation dans la Seine, 40 km de vélo et 10 km de course à pied.

Si la qualité de l’eau se montre une nouvelle fois trop faible, lors du test comme lors des JO, la partie natation serait annulée et le triathlon prendrait la forme d’un duathlon - avec de la course à pied suivie par du vélo, puis de nouveau de la course. Un risque qui n’enchante pas le triathlète français Dorian Coninx, médaillé de bronze lors du relais mixte aux JO de Tokyo en 2021, alors que le "test event" joue dans la sélection pour les Jeux de Paris (si le format triathlon est maintenu).

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"Ça change les circonstances de course. Les mauvais nageurs seraient potentiellement avantagés", explique-t-il. "On fait du triathlon, on veut que la course la plus importante de notre vie soit du triathlon, réagit l’athlète, en se projetant vers 2024. Aux Jeux de Paris, ça serait scandaleux si ça ne se déroule pas sur un format triathlon, ça me paraîtrait ridicule. Ça serait comme demander aux athlètes du 5 000 mètres sur piste de faire 15 bornes sur de la route."

"Les organisateurs trouveront des solutions", ajoute toutefois Dorian Coninx.

"Pour avoir nagé dans la Seine, au pied de la tour Eiffel, j’en garde un souvenir exceptionnel"

Grégory Rouault, manager de Poissy Triathlon, le club dont fait partie Dorian Coninx, se dit également confiant. "Les athlètes feront abstraction de tout ça pour être juste fort le jour J, que ce soit un duathlon ou un triathlon, explique-t-il. Il faut être positif. La France a vraiment un historique dans l’organisation des grands événements… Tout va rentrer dans l’ordre."

Lors des récents championnats d’Europe de triathlon, organisés début juin à Madrid en Espagne, toutes les courses avaient été modifiées en duathlon suite à de fortes précipitations. Et fin juillet, plusieurs dizaines de nageurs ont souffert de diarrhées et de vomissements après une épreuve des championnats du monde de triathlon, fin juillet à Sunderland au Royaume-Uni. "Je me sens plutôt mal depuis la course, mais je suppose que c'est ce qui arrive quand on nage dans la merde", avait réagi le triathlète australien Jacob Birthwhistle sur Instagram.

Grégory Rouault rappelle d’ailleurs l’enjeu des contrôles : "Garantir la protection de l’athlète et ne pas mettre sa condition physique en danger". Le manager de Poissy Triathlon ne se dit "pas spécialement inquiet" quant à la qualité de l’eau de la Seine : "J’ai eu l’occasion de faire le triathlon de Paris, ça ne m’avait pas dérangé… Pour avoir nagé dans la Seine, au pied de la tour Eiffel, j’en garde un souvenir exceptionnel."

De leur côté, les organisateurs de Paris-2024 rappellent que plusieurs travaux sont en cours pour éviter les déversements des eaux usées dans le fleuve. "Le bassin de stockage d’Austerlitz, un cylindre de 50m de diamètre et de plus de 30m de profondeur stockera plus de 50 000 m3 d’eau, soit l’équivalent de vingt piscines olympiques. (...) Grâce à ce bassin, l’excédent d’eau s’écoulera dans le réseau d’égouts pour être traité", indiquent-ils notamment, dans un communiqué.

Entretiens réalisés avec Martin Cauwel.

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