Les perturbations du métro parisien analysées par un compte Twitter

Nombre d’incidents par jour, durée moyenne des perturbations… Un ingénieur parisien a décidé de compiler les données publiées par la RATP pour visualiser la "qualité des transports en commun parisiens", ligne par ligne.

Face aux rames bondées aux heures de pointe, le compte Twitter "@MetroQualité" analyse les statistiques info trafic de la RATP. Dans une infographie publiée le mercredi 4 janvier, on visualise ainsi le nombre d’incidents quotidiens sur l’ensemble du réseau de métro depuis le 30 novembre 2022.

Plusieurs chiffres sont mis en avant, notamment une moyenne de plus de 37 heures de perturbations par jour sur le réseau. L’horaire le plus "problématique" : 17h-18h.

Selon le compte Twitter, qui précise que le rapport est indépendant de la RATP, les lignes 12, 8, 4, 9, 13 et 6 enregistrent le plus d’incidents au total. Concernant la durée totale "en perturbation", la ligne 12 arrive également en pole position. Et d’après une nouvelle publication, lundi 9 janvier, la ligne 12 a connu près de 25 heures de perturbations sur les sept derniers jours, soit près de 4 heures par jour en moyenne.

Le compte a été créé par Roméo, un "ingénieur data", face à la multiplication des perturbations ces derniers mois sur le réseau de la RATP. "De base, j’étais un usager de la ligne 8 du métro. Il y avait toujours des problèmes, ça rend un peu fou. Et tous les matins je voyais les fameux 'incidents d’exploitation' sur le compte Twitter de la RATP. Donc j’ai eu envie de visualiser les perturbations dans le temps. Maintenant j’évite la ligne 8, je prends la ligne 3, même si ce n’est pas magnifique non plus", raconte le jeune homme.

Un "manque de transparence" ?

Roméo, qui pointe du doigt "un manque de transparence" et "un problème de lisibilité", a ainsi créé un "bot" : un programme automatique qui vérifie tous les cinq minutes le site info trafic de la RATP, pour collecter les données concernant le métro, le RER, le tram et quelques lignes du Transilien. "Concrètement, le bot vérifie si un nouvel incident est signalé et le suit dans une base de données. Quand l’incident n’est plus annoncé, le bot enregistre l’heure de fin de la perturbation", détaille-t-il.

Son compte Twitter analyse également l’origine des incidents. Selon le rapport du 4 janvier, les "difficultés d'exploitation" ont ainsi provoqué 463 heures de perturbations. Suivent les "mesures de sécurité" (221 heures), les "bagages oubliés" (236 heures), les "incidents d’exploitation" (89 heures), les "malaises de voyageurs" (80 heures) et les "personnes sur les voies" (76 heures).

Contactée, la RATP précise qu’un "incident d’exploitation" est "un terme générique utilisé dans l’information voyageurs en début d’incident (...) quand nous ne disposons pas d’information plus précise. Ce terme peut, par conséquent, se référer à tout type d’incident : un freinage d’urgence, un accident grave de voyageur, un colis suspect…" Le groupe évoque d’ailleurs "plusieurs dizaines de milliers d’incidents chaque année sur le métro" sans donner de chiffres précis.

Le nombre d’incidents n’est pas un indicateur exhaustif afin d’analyser la qualité de l’exploitation

La RATP

Pour ce qui est des "difficultés rencontrées sur le réseau depuis septembre" avec une fin d’année "particulièrement difficile", la RATP cite plusieurs facteurs : "manque de conducteurs (absentéisme et sous-effectif)", "manque de trains" sur certaines lignes "suite à un mouvement social dans les équipes de maintenance", "impact des travaux"... D’après le groupe, "le nombre d’incidents n’est pas un indicateur exhaustif afin d’analyser la qualité de l’exploitation, certains incidents n’ayant aucun impact sur l’exploitation".

La RATP, qui dit accélérer ses plans de recrutement et de formation, indique par ailleurs que "l’exploitation devrait s’améliorer significativement dans les mois à venir, fin du 1er trimestre 2023".

De son côté, Roméo espère voir ses courbes "s’inverser" et la situation vite s’améliorer dans les transports, après "une fin d’année 2022 vraiment horrible". A l’avenir, l’ingénieur aimerait "automatiser complètement le compte Twitter", "créer peut-être un site web pour visualiser toutes les données avec des filtres", et suivre également le réseau de bus.