Des milliers de pompiers en colère défilent à Paris face à un système de secours “malade”

Les pompiers sont partis de la place de la République pour rejoindre la place de la Nation. / © Le Pictorium/Maxppp
Les pompiers sont partis de la place de la République pour rejoindre la place de la Nation. / © Le Pictorium/Maxppp

Les sapeurs-pompiers professionnels se sont rassemblés ce mardi après-midi dans les rues de la capitale. Une manifestation nationale pour demander plus de moyens, ainsi que des garanties face aux agressions lors des interventions, et contre la future réforme des retraites.

Par France 3 Paris IDF / AFP.

La manifestation, nationale, suit un mouvement de grève entamé depuis juin. Des milliers de pompiers professionnels ont pris le départ de la place de la République à Paris en début d’après-midi ce mardi, avant de prendre la direction de la place de la Nation. Les soldats du feu protestent pour demander entre autres une revalorisation salariale ainsi que des garanties face aux agressions, et pour le maintien de leur retraite.

« Nous allons manifester car ni le gouvernement, ni les collectivités locales qui financent les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) n'ont répondu à nos attentes », a expliqué André Goretti, président du FA/SPP-PATS, le premier des neuf syndicats de pompiers professionnels. L’ensemble des organisations avaient appelé à manifester.
André Goretti dénonce un système de secours « malade » et des « sous-effectifs » face à des interventions en constante augmentation. Carences ambulancières, assistance de personnes âgées... Il pointe entre autres l’explosion ces dernières années du nombre de missions d'assistance médico-sociale, qui ne font pourtant au départ pas partie du cœur de métier des soldats du feu : l'urgence.

« On n'a rien obtenu depuis le début du mouvement en juin »

Les manifestants demandent une revalorisation de la prime de feu (28 % du salaire de base, contre 19 % actuellement) à hauteur des primes de risques accordées aux policiers et gendarmes. Ils réclament par ailleurs une meilleure protection face aux agressions, de plus en plus nombreuses ces dernières années. « On n'a rien obtenu depuis le début du mouvement en juin, déplorait avant le rassemblement Yannick Tenesi, secrétaire général du SNSPP-PATS, un autre syndicat mobilisé. Malheureusement, le gouvernement, qui fixe et peut modifier les règles, et les collectivités locales, qui nous payent, se renvoient la balle sur ces sujets. »
D’après les syndicats, la grève entamée cet été a été très suivie ces derniers mois, dans près de 90 % des SDIS. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait pourtant évoqué un chiffre de « 5 % » de grévistes devant l'Assemblée nationale cet été. Le mouvement n’a en tout cas pas entraîné de perturbations majeures, les pompiers étant astreints à un service minimum.

Pour ce qui est de la manifestation, le défilé doit s'achever vers 18 heures. Syndicats du secteur hospitalier, des urgentistes (Amuf, collectif inter-urgences) et des médecins chefs de services (collectif inter-hôpitaux)… Plusieurs appels à rejoindre le cortège avaient par ailleurs été lancés.

Tensions en fin de manifestation

En fin d'après-midi, Marine Le Pen s'est rendue auprès des manifestants. Par ailleurs, des tensions sont apparues dans le cortège place de la Nation. Des manifestants ont bloqué le périphérique. 
Sur ces images tournées par un journaliste indépendant, on peut voir des pompiers courir sur une des voies du périphérique. Les forces de l'ordre ont répliqué par des jets de gaz lacrymogène.
 

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