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“Mur des cons” à Paris, ouverture du procès au tribunal correctionnel de Paris

Françoise Martres, poursuivie dans l'affaire du "mur des cons", en mars 2014. / © ALAIN JOCARD / AFP
Françoise Martres, poursuivie dans l'affaire du "mur des cons", en mars 2014. / © ALAIN JOCARD / AFP

Le tribunal correctionnel de Paris a commencé mardi après-midi à juger une magistrate, ancienne présidente du Syndicat de la magistrature, dans l'affaire du "Mur des cons" qui avait suscité un tollé à droite en 2013.

 

Par France 3 IDF avec AFP

Françoise Martres, 61 ans, comparaît jusqu'à vendredi pour injures publiques, visée par douze plaintes en raison de ce trombinoscope affiché alors dans les locaux de ce syndicat classé à gauche. "Avant d'ajouter un con, vérifiez qu'il n'y est pas déjà", était-il précisé au côté de dizaines de photos épinglées pêle-mêle sur un panneau d'affichage: des politiques, essentiellement de droite, mais aussi des magistrats, journalistes, intellectuels... Les images, filmées au téléphone portable par un journaliste de France 3 le 5 avril 2013, avaient été diffusées le 24 avril suivant sur le site d'Atlantico, déclenchant une vive polémique.

Neuf des plaintes proviennent d'élus ou ex-élus Les Républicains (ex-UMP), comme Patrick Balkany, Éric Woerth ou Valérie Debord. Les trois autres plaintes ont été déposées par le Rassemblent national (RN), le maire de Béziers Robert Ménard (proche du RN) et l'ancien général Philippe Schmitt, qui avait critiqué le "laxisme" de certains juges après l'assassinat de sa fille.

Un lieu strictement privé


Injures privées ou publiques ? C’est tout l’objet du procès pénal qui durera trois jours. Depuis quatre ans, le parquet de Paris requiert sans relâche un non-lieu en faveur du SM, contestant l’ordonnance de renvoi en correctionnelle prise par la juge d’instruction Sabine Kheris, en appel puis en cassation. Sur le plan juridique, la question du caractère public ou non du trombinoscope devrait être au coeur du procès, tout comme la question de la prescription, qui n'est que de trois mois en matière d'injures. L'ancien président Nicolas Sarkozy, la droite ou le Rassemblement national (RN, ex-FN) ont régulièrement invoqué cette affaire pour dénoncer la partialité supposée de certains magistrats.

► L'affaire du "mur des cons"a débuté en 1993
    

Ce mardi, sont présents à l'audience M. Ménard, M. Schmitt et Wallerand de Saint Just, qui représente le RN. Dans les rangs des Républicains, seul l'ex-député LR Guy Geoffroy est annoncé, jeudi. Mais d'autres personnes épinglées sur le "Mur", qui n'avaient pas porté plainte, se sont greffées aux plaintes existantes: Nadine Morano (LR) et Philippe de Villiers, absents, et le polémiste Dieudonné, venu en bermuda et gilet jaune. Une action vaine, car prescrite, mais qui pourrait leur permettre de s'offrir une tribune à l'audience.

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) avait quant à lui écrit au tribunal, avant de sembler se désister. Françoise Martres devrait être interrogée dans l'après-midi. Le journaliste de France 3 sera lui entendu comme témoin. 

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