"On se mobilise pour la santé de tous" : les élèves protestent contre les conditions sanitaires dans leur lycée

Des lycéens ont brièvement bloqué ou tenté de bloquer mardi matin une dizaine de lycées parisiens pour protester contre le protocole sanitaire mis en place dans leurs établissements. Ils le jugent inapplicable.
Rassemblement ce matin devant le lycée Hélène Boucher.
Rassemblement ce matin devant le lycée Hélène Boucher. © Radio France/Maxppp
Raoul, en classe de 1ère au lycée Hélène Boucher dans le XXe à Paris résume la situation dans son école : "C’est simple on est 37 par classe, le lycée accueille 1800 élèves et 1200 élèves sont demi-pensionnaires. Les cours de gym se déroulent sans masque."

"A l'heure actuelle, l'établissement n’a pas les moyens de respecter le protocole sanitaire", explique le lycéen. Face aux effectifs, la direction de l'établissement a demandé aux élèves, s'ils en ont la possibilité, de déjeuner chez eux "ou alors on mange dehors ou dans une cantine surpeuplée", déplore-t-il.

Ce mardi matin, le lycée Hélène Boucher a été partiellement bloqué, la police était devant les portes et a empêché le blocus total, témoigne un autre élève. Ces perturbations ont affecté "une dizaine d'établissements parisiens", a indiqué le rectorat de Paris, conduisant dans certains cas à l'intervention des forces de police. Vers 9h30, la situation était stabilisée, a-t-on déclaré de même source.

Parmi les autres lycées concernés figurent Turgot, Sophie-Germain ou Charlemagne. Des images ont circulé sur les réseaux sociaux, comme Twitter, montrant des tensions devant le lycée Colbert notamment, où des gaz lacrymogènes ont été tirés.

On espère toujours une concertation mais si vendredi midi nous n'avons pas de réponse nous allons devoir nous mobiliser.

Mathieu Devlaminck, du syndicat lycéen UNL

Les élèves protestent contre le protocole sanitaire actuellement en vigueur, qui n'a pas été modifié ou très peu, malgré la recrudescence des cas de coronavirus. D'après Mathieu Devlaminck responsable du syndicat lycéen UNL et élève au lycée Pierre-Gilles de Gennes dans le Ve arrondissement: "la rentrée est catastrophique. On regrette une situation qui met nos proches, nos parents, nos grands-parents en danger". "On se mobilise pour la santé de tous et on demande des mesures concrètes pour pouvoir continuer à aller au lycée sereinement".

Un appel au ministre de l'Education nationale a été envoyé. "Pour l’instant, nous n'avons pas eu de réponse du ministère à nos demandes de rendez-vous, on espère toujours une concertation mais si vendredi midi nous n'avons pas de réponse, nous allons devoir nous mobiliser", prévient-il.

Pas de distanciation sociale dans les classes et à la cantine

Le protocole sanitaire s'avère "inapplicable en raison du trop grand nombre d'élèves par classe dans la plupart des établissements", écrit la fédération de parents d'élèves FCPE Paris 75 dans un communiqué, s'inquiétant des appels au blocus et des risques de débordement. La FCPE 75 dénonce aussi les conditions d'accueil des lycéens en cette rentrée : "Ils sont toujours entassés dans leur classe et ont du mal à comprendre pourquoi une telle promiscuité alors qu'ils sont par ailleurs privés de leur vie sociale". Des syndicats d'enseignants comme le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, ont de leur côté déposé des préavis de grève. "C'est inacceptable qu'on ait fait la rentrée dans les mêmes conditions sanitaires qu'au mois de septembre alors que le virus circulait beaucoup moins alors", dénonce Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU.
 
Sur Twitter, le Snes-FSU publie aujourd'hui des photos d'un réfectoire pratiquement complet d'un lycée de l'Essonne, une file d'attente devant la cantine où les élèves sont proches les uns des autres. Ces photos comme les nombreuses vidéos postées hier sur les réseaux sociaux par des lycéens montrant leur établissement bondé, tendent à prouver que la situation sanitaire en Ile-de-France n'a rien a envier à celle de Paris. 
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société éducation