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Paris : nouvelle mise en examen pour Alexandre Benalla dans le cadre des violences le 1er mai au Jardin des Plantes

Alexandre Benalla entendu par la commission d'enquête du Sénat le 19 septembre 2018. / © Bertrand GUAY / AFP
Alexandre Benalla entendu par la commission d'enquête du Sénat le 19 septembre 2018. / © Bertrand GUAY / AFP

Le dossier du 1er mai sépaissit pour Alexandre Benalla : l'ex-collaborateur déchu de l'Elysée a de nouveau été mis en examen pour des violences en marge du défilé parisien, cette fois au Jardin des Plantes, peu avant l'affaire de la Contrescarpe, selon une source proche du dossier.

Par AR avec AFP

Déjà poursuivi depuis le 22 juillet pour les faits survenus place de la Contrescarpe à Paris, Alexandre Benalla a de nouveau été entendu le 29 novembre par les juges d'instruction, dont l'enquête vise aussi les événements intervenus quelques heures plus tôt au Jardin des Plantes.

Au terme d'un interrogatoire de plus de huit heures, les magistrates ont une nouvelle fois mis en examen M. Benalla pour "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique" et "violences volontaires en réunion ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à 8 jours". Des faits commis au préjudice d'un homme interpellé ce jour-là, Khélifa M.
 

Quel rôle lors d'une interpellation au Jardin des Plantes ? 


Ce jour-là, le jeune homme de 27 ans se trouvait en "observateur" embarqué avec les forces de l'ordre de la PP.

Plusieurs vidéos le montrent avec son acolyte Vincent Crase, employé du parti présidentiel LREM, au côté de policiers dans les allées du jardin. Dans l'une d'elles, on les voit emmener un homme, Khélifa M, qui vient d'être interpellé alors que des CRS sont autour d'eux.  

Khélifa M., partie civile au dossier, affirme s'être réfugié dans le parc après un mouvement de foule et avoir été frappé. Il devra répondre dans quelques mois devant le tribunal de violences sur des policiers, des faits qu'il conteste.

J'ai apporté mon concours à la force publique pour interpeller un délinquant violent qui venait de commettre un acte grave sur les policiers

Interrogé sur ce point, Benalla a démenti tout rôle directif, soutenant au contraire qu'il était "en retrait". Sur les vidéos, "on constate à chaque fois que je n'ai pris aucune initiative (...) Je suis le mouvement", se défend-t-il, selon l'interrogatoire dont a eu connaissance l'AFP.
 

Alexandre Benalla reconnaît "une clé de bras" 


Les choses se seraient ensuite emballées lorsque Khélifa M. aurait tenté d'échapper aux policiers. Si Alexandre Benalla reconnaît l'avoir interpellé avec Vincent Crase, et lui avoir fait "une clé de bras" avant de le remettre aux forces de l'ordre, il affirme avoir agi par "réflexe citoyen", un argument qu'il a déjà mis en avant lors de sa première mise en examen.

"J'ai apporté mon concours à la force publique pour interpeller un délinquant violent qui venait de commettre un acte grave sur les policiers", des jets de pierre sur des CRS, a-t-il justifié.
 

Un interrogatoire tendu 


Des explications qui semblent avoir laissé les juges dubitatives. - "Admettez-vous qu'à ce moment-là vous n'êtes plus vraiment dans votre mission d'observation"? Entre rires, silences et piques à l'adresse des trois magistrates, la suite de l'interrogatoire est tendue. 

- "Ce n'est pas normal d'arrêter un délinquant et d'aider les policiers ?", se défend-t-il. Il refuse ensuite de répondre aux questions sur le cas de Khélifa M.

La suite de l'interrogatoire lui sera ensuite plus favorable. Les juges ont décidé de ne pas le mettre en examen pour un port illégitime de brassard de police, ni pour une autre interpellation dénoncée dans les médias par un couple qui se trouvait au Jardin des Plantes. Pour sa défense, il a assuré ne pas avoir assisté à cette scène.
  

 

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