Rénovation de la Gare du Nord : la mairie de Paris et les associations annoncent des recours

Alors que la préfecture de Région a donné mardi son feu vert au permis de construire, la Ville de Paris continue de dénoncer un "projet démesuré". Le collectif associatif "Retrouvons le nord de la gare du Nord", tout comme la mairie, annoncent des recours.

Le projet de rénovation de la Gare du Nord validé par le préfet prévoit entre autres une extension de 88 000 m2 (illustration).
Le projet de rénovation de la Gare du Nord validé par le préfet prévoit entre autres une extension de 88 000 m2 (illustration). © PHILIPPE LOPEZ / AFP
Après la validation du permis de construire par le préfet de Région mardi, la Ville de Paris annonce des recours, qualifiant le plan de rénovation et d’agrandissement de la Gare du Nord de "démesuré". La mairie dénonce ainsi ce mercredi une décision "en opposition aux élus locaux et aux associations de riverains et d’usagers des transports". La Ville demande aussi "une révision complète" et une "poursuite des discussions avec l’ensemble des parties prenantes".

Le Premier Adjoint Emmanuel Grégoire pointe du doigt un "projet pharaonique, anti-écologique, dévastateur pour le commerce de proximité et peu adapté aux attentes des nombreux voyageurs qui empruntent la Gare du Nord chaque jour". La mairie – qui avait soutenu dans un premier temps le plan, avant de le remettre en cause en octobre dernier – rappelle plusieurs points qui constituent selon elle "des lignes rouges". La collectivité évoque ainsi un calendrier "beaucoup trop serré" d’ici 2024 après la crise sanitaire, et demande "d’abandonner la séparation des flux d’entrée et de sortie", craignant une forte augmentation des temps de trajet pour les voyageurs. Ouverture de la gare sur le quartier, intermodalité avec les transports en commun, les vélos et les taxis… La Ville réclame aussi une "dédensification du projet", "notamment son volet commercial et évènementiel qui ne correspond pas à un besoin local". Face aux 20 000 m2 prévus pour les commerces, la mairie demande de réduire le nombre à 5 000 m2.

Le projet ne propose qu’une économie autarcique, en prétendent que les habitants iront faire leurs courses dans la gare.

Serge Rémy, président du collectif "Retrouvons le nord de la gare du Nord"

Du côté des associations, le collectif "Retrouvons le nord de la gare du Nord" dit être en contact avec la mairie pour réfléchir à des recours, notamment juridiques. "Mais il ne faut pas être simplement procédurier", annonce son président Serge Rémy à France 3 Paris Île-de-France, insitant sur l’importance de proposer un projet alternatif et "plus sobre". Il explique avoir accueilli "malheureusement sans surprise" la décision du préfet.

"Il faut repartir des besoins des usagers et des habitants"

Regrettant un "projet gigantesque" largement centré sur "le consumérisme", "surtout après la crise sanitaire qu’on vient de connaitre", Serge Rémy pointe du doigt une "paquebot commercial" avec 200 boutiques. "Tout le monde s’accorde sur l’idée d’une modernisation de la Gare du Nord. Mais encore faut-il définir la nature de cette modernisation, au sein du plus grand hub ferroviaire d’Europe, y compris dans la perspective du Mondial de rugby ou des JO", avance-t-il. D’après le président du collectif, le projet actuel est "mal intégré" au quartier : "Il ne propose qu’une économie autarcique, en prétendent que les habitants iront faire leurs courses dans la gare. Ça n’a pas de sens. On ne vient pas se promener dans une galerie commerciale. Il faut repartir des besoins des usagers et des habitants, avec un plan mieux adapté aux mobilités."

De son côté, la préfecture de la Région Île-de-France a défendu mardi sa décision, évoquant une "instruction attentive". La préfecture met en avant une série d’engagements pris par la SNCF et son partenaire Ceetrus, une filiale du groupe Auchan, avec notamment "la création d’un important parking à vélos", "le lancement d’études pour améliorer l’accès à la gare" et une augmentation des surfaces végétalisées.

Elle confirme que l’objectif de livraison des travaux d’ici les Jeux olympiques de 2024 n’est pas remis en cause.
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