Le projet de rénovation de la gare du Nord critiqué par des experts mandatés par la mairie de Paris

Quatre experts mandatés par la Ville soulèvent de nombreux problèmes qu’entraînerait le projet de rénovation et d'agrandissement de la gare du Nord. Ils critiquent entre autres des temps d'accès aux quais « rallongés ».

Le projet de rénovation de la gare du Nord, chiffré à 600 millions d'euros.
Le projet de rénovation de la gare du Nord, chiffré à 600 millions d'euros. © PHILIPPE LOPEZ / AFP
Offre commerciale « inadaptée », temps d'accès aux quais « rallongés », problèmes « de sécurité »… Les trois architectes/urbanistes et l’économiste chargés par la mairie de Paris de « retravailler » le projet controversé de rénovation de la Gare du Nord pointent du doigt de nombreuses difficultés que créerait ce lifting. Selon un rapport publié lundi par ces experts, le projet – mené par SNCF Gares & Connexions et la foncière d'Auchan – « pose des problèmes majeurs en matière de congestion à l'intérieur et à l'extérieur de la gare, de sécurité des voyageurs, de surdensification du quartier, de programmation commerciale inadaptée, de détérioration des conditions pour les voyageurs du quotidien ». Toit terrasse végétalisé, parking pour 2 000 vélos, grande nef transversale, passerelles, mais aussi salle de spectacle, de sport, commerces et bureaux… Le chantier, présenté en juillet 2018, est chiffré à 600 millions d'euros.

Un projet « trop commercial, dense, pas assez tourné vers les voyageurs » selon la mairie

Déjà critiqué par une vingtaine d'architectes de renom, dont Jean Nouvel et Roland Castro, qui le jugeaient « inacceptable » et « pharaonique », le programme est décrié depuis cet automne par la Ville – qui l’avait dans un premier temps approuvé. La mairie juge désormais le projet « trop commercial, dense, pas assez tourné vers les voyageurs ». La Ville – dont la position est appuyée par le rapport publié ce lundi, deux jours avant la fin de l'enquête publique, en attendant l'avis du préfet sur la remise ou non du permis de construire – demande aux porteurs du projet une « dédensification ». La municipalité craint en effet que la première gare d'Europe (700 000 voyageurs quotidiens), d'où partent Thalys et Eurostar, mais aussi trains de banlieue et lignes de métro, ne voit son affluence encore augmenter. Jean-Louis Missika, l'adjoint à l'Urbanisme de la maire de Paris, a lui estimé qu'il serait « absolument invraisemblable qu'un projet comme celui-là puisse se faire contre la volonté de la mairie de Paris ».

Le « rétropédalage de la Ville de Paris » critiqué par le gouvernement

« Les électeurs vont trancher clairement entre ceux qui sont favorables et ceux qui sont hostiles (au projet) » aux prochaines municipales, a poursuivi l'adjoint lors d'une conférence de presse, estimant que si les opposants gagnent, « il faudra que la SNCF, Ceetrus, le gouvernement en tire les conséquences ». De son côté, l’exécutif défend le projet, jugé « nécessaire » en prévision des JO-2024 de Paris. Le gouvernement avait ainsi dénoncé le « rétropédalage de la Ville de Paris » à quelques mois des élections de mars 2020. La présidente de la région, Valérie Pécresse (Libres, ex-LR), a elle estimé – dans un courrier adressé à la présidente de la Commission d'enquête – que la recrudescence future du nombre des voyageurs « justifie un projet d'extension et de modernisation ». Une fréquentation en hausse estimée à 900 000 par jour en 2030. 
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