RER C : Gare d'Austerlitz, le nouveau terminus pour deux branches de la ligne ?

Une pétition demande l'annulation du projet de débranchement de deux axes, Dourdan et Étampes, qui auraient pour terminus définitif la Gare d'Austerlitz. Un avis qui n'est pas partagé par toutes les associations d'usagers.

Tous sont d'accord pour dénoncer le bilan catastrophique de la ponctualité du RER C. Mais les avis divergent quant aux solutions qui permettraient une meilleure fiabilité du service.

"Le RER C est devenu l'enfant malade du RER en Île-de-France. Sur l'année 2023, on a eu un effondrement de la ponctualité. Sur les deux branches sud, Dourdan et Étampes, la ponctualité est de 75%, cela fait qu'un train sur quatre n'était pas là ou était très largement en retard", déplore Rémi Lavenant, président de l'association de défense des usagers la Vignette du Respect.

Île-de-France Mobilités (IDFM), l'autorité régionale régulatrice des transports, admet d'ailleurs une "offre réalisée est en-deçà de la commande d’Île-de-France Mobilités depuis de nombreux mois", et assure avoir "pour objectifs de stopper la baisse de performance et améliorer durablement sa régularité (du RER C, ndlr)".

Celui qui est aussi conseiller municipal de la ville de Lardy (Essonne) est vent debout contre une proposition avancée dans le futur schéma directeur du RER C qui doit flécher les investissements futurs (jusque sur la période 2030-35). "Ils appellent ça le scénario du débranchement nord. Plutôt que de faire les investissements nécessaires et éviter qu'il y ait des répercussions sur toute la ligne, ils débrancheraient les deux axes vers Dourdan et Étampes", proteste-t-il.

Augmenter la fiabilité de la ligne

Concrètement, IDFM souhaiterait orienter l'ensemble des trains qui partent de ces deux destinations vers un terminus en surface à la Gare d'Austerlitz. Cela permettrait notamment de désengorger une partie du réseau et de limiter les incidents en chaîne lorsqu'un train est, par exemple, en panne.

Mais d'un autre côté, cela obligerait les usagers de ces branches à descendre et faire un changement du haut de la gare vers l'autre desserte du RER C, en souterrain. Le président de la Vignette du Respect a lancé une pétition pour s'opposer à ce projet.

D'autres associations estiment néanmoins que cette nouvelle organisation pourrait permettre une meilleure fiabilité pour l'ensemble de la ligne. "C'est gagnant-gagnant pour les branches concernées. Comme il y a des missions longues (des trajets de plus d'une heure, ndlr), la Gare d'Austerlitz était un choix pertinent", indique Maryvonne Noël, présidente du Comité d’Initiative pour le Rassemblement et la Concertation des Usagers de la Ligne C en Essonne (CIRCULE).

Trouver un compromis

Cependant, cette responsable associative estime que les conditions demandées à l'époque (la proposition date de 2011), ne sont pas respectées. "À la Gare d'Austerlitz, il faudrait une liaison directe entre la gare souterraine et les quais de surface où seront admis les trains. On estime que la faisabilité est réelle, mais l'étude démarre seulement. Depuis, un pont a été lancé au-dessus des voies, on demande un nouvel accès aux gares souterraines et de surfaces depuis ce pont ainsi qu'un accès à la ligne 6 à la station Quai de la gare", poursuit-elle.

Selon elle, "ce sont des conflits internes à la branche sud" et espère que les différents intervenants vont "trouver un compromis". Ses mots sont plus durs sur ce nouveau schéma directeur qui "se contente de répartir la pénurie".

De son côté, IDFM affirme à France 3 Paris Île-de-France que "renoncer à ce débranchage reviendrait à renoncer à l’ensemble des investissements prévus sur le RER C" et de citer en exemple : le "redécoupage de la signalisation entre Juvisy et Epinay-sur-Orge", l'"amélioration des capacités de retournements en gare d’Avenue Henri Martin" ou "affiner l’offre de l’horizon cible au regard du volume de matériel roulant nécessaire".

Une nouvelle réunion sur ce schéma directeur est prévue le 25 mars prochain.

Défaillances à répétition

Suppression de nombreux trains, manque de conducteurs, absence de service le soir en semaine et de nombreux week-ends, les problèmes sont nombreux sur la ligne C du RER, empruntée par 540 000 personnes chaque jour. Depuis 2021, sa ponctualité est passée de 91,3% à 86,6% (au troisième trimestre 2023) alors que les objectifs fixés par IDFM sont de 93%.

Les usagers le savent bien, les trains courts sont désormais légion sur la ligne. Une astuce de la SNCF pour multiplier les rames manquantes. "On ne comprend pas où sont les trains sur le RER C, où sont-ils passés ?", fait mine de se demander Maryvonne Noël.

Un nouveau plan lancé le 10 décembre dernier était pourtant censé améliorer la situation avec "une meilleure répartition des horaires et des dessertes, et davantage de trains dans le sud de la Ligne", promettait le blog du RER C.

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