Des tentes de dépistage gratuit installées par la Ville de Paris

Pour faire face à la remontée des contaminations et palier l'engorgement des laboratoires d'analyses médicales, la ville de Paris installe des centres de dépistage sous des tentes. Au pied de la mairie du XIXe arrondissement, les parisiens étaient au rendez-vous  bien avant l'ouverture.
Deux heures d'attente ce matin pour se faire dépister gratuitement et sans rendez-vous.
Deux heures d'attente ce matin pour se faire dépister gratuitement et sans rendez-vous. © F3PIDF
Les premiers sont arrivés dès 8 heures ce matin. Deux heures avant l’ouverture du centre de dépistage installé au pied de la mairie du XIXe arrondissement face au parc des Buttes-Chaumont. Le long des quatre "tentes laboratoire", la file d’attente s’étire sur une centaine de mètres, distanciation sociale oblige. Et ils sont déjà nombreux, jeunes et moins jeunes, à prendre leur mal en patience pour se faire dépister gratuitement et sans rendez-vous. "Cela fait deux heures que j’attends", explique Eliane, 79 ans. "Je dois partir en province et veux m’assurer que je suis en bonne santé. Il faut savoir si nous sommes contagieux ou pas", souffle t-elle.

Ce "laboratoire en plein air" est l’un des cinq centres de dépistage déployés ce lundi matin par la mairie de Paris. Leur objectif, désengorger les officines privées assaillies par la demande croissante de prélèvements. Face à l'embolie des laboratoires de ville, la mairie a décidé d'accroître l'offre de tests en collaboration avec l'Agence régionale de santé et la CPAM. "Cétait une nécessité d’installer ces tentes de dépistage. La demande des parisiens est forte. Il y a une très grande embolisation des laboratoires à Paris", souligne Anne Souyris, élue en charge de la Santé publique à la mairie de Paris, venue visiter ce matin ce tout premier centre de dépistage de l'est parisien. 
Ce matin, deux heures d'attente pour se faire dépister gratuitement
Ce matin, deux heures d'attente pour se faire dépister gratuitement © F3PIDF
 

Les laboratoires privés sont pris d’assaut, j’ai tenté ma chance ici

"J’ai essayé de prendre un rendez-vous dans un labo mais le prochain était dans 10 jours. J’étais avec une amie qui a reçu ses résultats hier et elle est positive, alors on ne sait jamais, je préfère savoir pour ne pas contaminer les autres. Et comme je reprends bientôt les cours…  Le plus rapide, c’était de venir ici", s'exclame Eloïse, une étudiante. Même son de cloche pour Youri. "Il se peut que j’ai le covid. J’ai été en contact avec quelqu’un qui est malade alors par précaution je préfère me faire dépister. J’ai voulu prendre un rendez-vous dans un laboratoire mais aucun n’avait de disponibilité. Comme je veux que cela soit rapide, cette initiative tombe très bien", ajoute le jeune homme de 20 ans. Gérard, lui, est plus circonspect. Il attend depuis de longues minutes dans la queue : "C’est un bel effort mais il est insuffisant pour l’instant. Et c’est fait un peu tard", nuance-t-il.

L'élue parisienne déplore également des déficiences, mais celle du gouvernement. "L’Etat prône un dépistage massif mais n’est pas assez moteur. La France est en retard et va trop lentement à mettre en place des structures nécessaires en particulier dans les zones rouges, comme à Paris. L’Etat est déficient", regrette-t-elle justifiant la mise en place des barnums de dépistage par la Ville.

Réaliser 10 000 tests par jour à Paris

Beaucoup sont venus pour "savoir", ne pas contaminer leur entourage ou tout simplement se rassurer. "Je ne pense pas avoir le covid, je n’ai pas de symptômes mais je veux en être certain", s'inquiète un parisien à quelques pas de la délivrance ! Après un enregistrement administratif auprès des services de la CPAM, le prélèvement nasal est rapide. Deux à trois jours plus tard, les résultats du PCR sont envoyés par courrier ou par téléphone pour les cas positifs.
 
Le test PCR ne dure que quelques minutes. Il est fiable à plus de 70%.
Le test PCR ne dure que quelques minutes. Il est fiable à plus de 70%. © F3PIDF

"A Paris, nous avons un taux de positivité autour de 1,4. C’est beaucoup. Nous sommes dans une situation de deuxième vague. Nous avons 500 contaminations par jour et nous souhaitons réaliser 2 000 tests par jour et à terme, avec l’aide de l’Agence régionale de santé et des labos, nous souhaitons arriver à 10 000 tests par jour. Mais pour cela, il faut que les labos puissent traiter les données rapidement", explique Anne Souyris.

Pas simple de suivre la demande pour les laboratoires en charge des analyses, déjà saturés dans le privé. "Aujourd’hui, dans ce laboratoire "extérieur" du XIXe arrondissement, nous avons prévu 500 PCR et cela va monter en puissance. On a multiplié par 3 notre activité avec 50 000 tests par semaine en Île-de-France. Nous réalisons 20% de tous les tests de la région", détaille Alain Le Meur directeur du Développement chez Biogroup, un groupement de 160 laboratoires de biologies médicales, également sur place pour superviser ce premier jour.
 
A terme, ce dispositif gratuit et ouvert à tous, devrait permettre de réaliser 10 000 tests par jour en se déployant dans les 17 arrondissements de la capitale dès la semaine prochaine. Près de 300 personnels de la ville sont mobilisés, aidés par des bénévoles et des secouristes et bientôt par des étudiants en médecine. Des barnums se déplaceront également de quartier en quartier par demi-journées. La carte des lieux et horaires des centres itinérants est disponible sur le site internet de la ville de Paris, Paris.fr.


 
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