TOKI WOKI. Freaky Debbie, la reine de l'upcycling et sa marque de vêtements de marque recyclés

Déborah Amaral aka. Freaky Debbie est l’une des créatrices de mode qui fait swinguer Paris. Elle a lancé Rework, sa nouvelle marque basée sur le recyclage de vêtements. Toki Woki a eu la chance d’assister au lancement de cette pépite qui continue de proposer des pièces uniques et des drops toujours explosifs.

Salut Debbie. On est où là ?

Déborah Amaral : On est dans le 10ème, à côté de Jacques Bonsergent, dans un petit passage. C’est ma rue, et je vous emmène chez moi, dans mon atelier.

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Toi tu fais du streetwear, c’est ça ?

Déborah Amaral : Oui depuis une quinzaine d’années maintenant. Je suis passée par plein de petites étapes. J’ai d’abord commencé à travailler chez Andrea Crews pendant 2 ans, c’est là que j’ai commencé à faire un peu d’upcycling et de détournement de produit. Ensuite, j’ai monté ma marque Pantheone que j’ai tenue pendant 7 ans.

Là on passe devant des murs, des graffitis, ça t’inspire beaucoup la rue ou pas ?

Déborah Amaral : Oui, c’est sûr et puis j’ai aussi beaucoup traîné avec les mecs du graffiti à une époque donc oui, c’est sûr que ça m’inspire aussi. L’architecture, l’art contemporain, plein de choses m’inspirent aussi.

Je partage mon atelier avec les mecs de Tealer et avec les mecs de French Touch Fishing donc ce qui est cool c’est qu’on bosse un peu tous dans le textile, on s’entraide, c’est une énergie assez cool, donc je suis super bien ici.

Donc là on est avec la fine fleur de la création parisienne ?

Déborah Amaral : Ici déjà il y a une partie de mes costumes. On retrouve pas mal de pièces que j’ai faites avant, en basket, en ballons de basket, en casquettes. Je vais vous en montrer d’autres là-bas, suivez-moi ! C'est les pièces que j’avais faites pour une exposition No Name l’année dernière. Ça c’est des pièces que j’ai faites pour l’exposition Lacoste L.20 en septembre.

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Bienvenue dans mon atelier ! C’est ici que je crée et que je fabrique toutes les pièces, que ce soit pour Rework ou House of P, mon agence. Welcome ! L’upcycling, c’est le fait de faire du neuf avec du vieux. On peut le faire avec plein de choses différentes, avec du vintage, de la fripe, des défectueux, des invendus. Donc ça peut aussi être du neuf, mais c’est du neuf des surplus de la mode on va dire. Là j’ai commencé mon premier drop avec Tony La Fripe qui m’a donné tous ses défectueux, donc on va retrouver beaucoup de pièces iconiques 90s. Je travaille beaucoup avec des vestes de sport sur ce premier drop.

Qu’est-ce que tu portes aujourd’hui Debbie ?

Déborah Amaral : Là je porte une robe sweat oversize qui a été réalisée à partir d’une veste que j’ai twistée et ensuite que j’ai ré-incrustée de molleton. Elle est oversize, parce que déjà c’est cool l’oversize, j’adore ça, et de deux ça permet aussi, comme c’est des pièces uniques, de ne pas avoir forcément de tailles, du coup ça va aller à un maximum de gens.

Le style Freaky Debbie, en général, c’est graphique, c’est streetwear, il y a beaucoup de découpes. Ça c’est une de mes premières robes, c’était ma robe pin-up avec un volume très pin-up. En fait, je démontais la casquette et je séparais le rond de la visière. Je les remontais de manière différente, souvent avec des volumes un peu architecturaux, pour en faire des super-héroïnes. J’ai fait Wonder Woman, Athéna, Catwoman. En gros, je reprends les pièces, je les remets en patchwork, j’y ajoute souvent un nouveau zip, du bord côte, et aussi un peu de tissu pour créer un peu de texture d’un autre tissu parce que souvent les pièces sont tachées, trouées, donc je n’ai pas assez pour en refaire une, il faut justement que j’y ajoute des matières pour l’upgrader. Là j’ai travaillé avec un Néoprène 3D, que tu retrouveras un peu sur toutes les pièces.

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Oui. Ce qui est cool c’est que je coupe dans les pièces et que ça me recrée d’autres découpes de manière assez aléatoire, et c’est ça que je trouve hyper intéressant au final. Il y a des découpes que j’ai créées, d’autres qui sont créées naturellement dans le vêtement, et ça redonne un autre montage. J’ai l’impression de faire des puzzles quand je fais ça, comme ici.

Tu passes beaucoup de temps sur une pièce ?

Déborah Amaral : Oui, en général je passe une journée à faire le patronage, à le mettre au point, puis ensuite une autre journée à assembler, à faire toutes les finitions. Ce que je ne fais jamais pour Rework, c’est de dessiner avant de faire. Quand je coupe, la pièce se dessine naturellement avec les découpes, là où quand je fais de la pièce couture de ce type, là je dessine tout, je fais valider, puisqu’en général c’est pour un client. Là c’est le patron d’un bomber, c’est le patron du dos.

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T’as mes découpes de base, elles sont toutes numérotées comme un puzzle et ensuite je viens découper et construire le vêtement petit à petit. T’as plein de petites parties qui vont être recousues ensemble. Ça, ça va aller là. En général, je coupe tout, et je pose tout petit à petit comme un puzzle et je viens tout ré-assembler en utilisant le patron où il y a tous les numéros. Ça me permet de m’y retrouver, parce qu’il y a tellement de morceaux que sinon tu te perds, tu te mélanges. Je le compose petit à petit en suivant mon patronage.

C’est ça que je kiffe, c’est vraiment redonner vie à un vêtement iconique de notre adolescence.

Là on a eu la chance d’assister au premier shooting de ta nouvelle marque. C’était cool ?

Déborah Amaral : C’était chanmé ! On était une bonne team, je shootais qu’avec les gens avec qui j’ai toujours l’habitude de bosser, avec Cookie et Poupie aussi qui étaient vraiment géniaux donc j’ai vraiment eu de la chance d’avoir été hyper bien accompagnée pour ce shoot, j’ai hâte de vous montrer les images et j’espère que ça vous plaira !

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