Une nouvelle ligne aérienne Paris-Clermont agace des riverains de l'aéroport d'Orly

La compagnie Amelia, qui opère la ligne, assure 11 rotations par semaines entre Paris Orly et Clermont-Ferrand. Elle espère concurrencer le train et vise essentiellement une clientèle d'affaires.

Qui a dit que le télétravail mettrait fin aux déplacements d'affaires ? La compagnie Amelia fait le pari de reprendre une ligne aérienne interrégionale entre Paris et Clermont-Ferrand, et ce avec 11 rotations par semaine (du lundi au dimanche à l'exception de samedi).

Le premier vol d'1h15 a eu lieu ce mardi 2 novembre au matin avec "une clientèle majoritairement d'hommes d'affaires qui se déplacent sur la capitale et quelques passagers loisirs qui partaient en continuation vers les Antilles", déclare Dominique Dreuil, directeur développement Amelia et interrogé par France 3 Auvergne.

S'il reconnaît des "débuts un peu timides", il espère atteindre un coefficient de remplissage "de 60% soit un peu plus de 50 passagers par vol", avec des passagers qui feraient l'aller-retour dans la journée ou sur deux jours.

Supprimer les vols internes

Cet optimisme ne réjouit pas tout le monde, d'autant que l'Assemblée nationale a voté en avril dernier la suppression des vols intérieurs. Mais, comme le relève le magazine spécialisé AirMag, cette loi ne vise que les trajets où l'alternative du train est inférieure à 2h30. Ainsi, seules 5 lignes sont concernées.

"Les promesses qui nous ont été faites, c'est du greenwashing. Le gouvernement a décidé de supprimer des lignes aériennes, mais ils les remplacent par d'autres. Pour aller à Clermont-Ferrand, vous en avez entre 3h16 et 3h52 en train", déplore Luc Offenstein, président de l'association Oye 349.

Ce dernier affirme ainsi que "l'avion est le plus gros émetteur à effets de serre à la tonne transportée". "On ne peut pas continuer à remplir des liaisons qui sont aussi opérées par le train", ajoute-t-il. De son côté, la compagnie affirme que l'avion de 72 passagers est "un appareil de dernière génération, silencieux et plus écologique".

Ligne SNCF vieillissante

L'alternative du train pour ce trajet, si elle existe, est bien longue. La ligne, vieillissante, est régulièrement frappée par des retards importants. Lundi, juste avant la mise en service de cette ligne aérienne, 1 200 passagers de trois trains en provenance de Clermont-Ferrand sont arrivés à Paris avec quatre à sept heures de retard.

Le chantier d'un train à grande vitesse sur l'axe Paris-Orléans-Clermont-Lyon a été sans cesse repoussé à tel point qu'il est devenu un serpent de mer.

Comme le souligne le quotidien La Montagne, tous les acteurs locaux ont ainsi soutenu le projet (la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département du Puy-de-Dôme et la Métropole Clermont Auvergne) via le syndicat mixte de l’aéroport en apportant 700 000 euros pour soutenir cette ligne aérienne.

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