Pollution de l'air : "En période de fortes chaleurs, la météo favorise les concentrations d’ozone"

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Écrit par PDB / France 3 PIDF / Reportage : CB / MC.
Le jardin des Tuileries, le 11 septembre (illustration).
Le jardin des Tuileries, le 11 septembre (illustration). © AFP

Alors que la période de fortes chaleurs devrait se poursuivre jusqu’en milieu de semaine, quel impact a la météo sur la qualité de l’air en Île-de-France ? Explications, avec l’organisme de surveillance Airparif.

Le coup de chaud continue en Île-de-France. Ce mardi, les maximales prévues cet après-midi étaient de 35°C à Paris, et même de 36°C du côté de Meaux (Seine-et-Marne), de Milly-la-Forêt (Essonne) ou encore de Créteil (Val-de-Marne) selon Météo France.

Lundi, des températures allant jusqu’à 37°C ont même été enregistrées en Seine-Marne. Et à Paris, avec 35°C, la température a atteint un record jamais atteint en septembre depuis plus d’un siècle. Une météo appréciée par certains Parisiens, malgré la contrainte du port du masque obligatoire. "C’est assez agréable en fait, admet par exemple le client d’un restaurant, croisé en terrasse. Je ne suis pas parti cet été, et ça me convient.

Une aubaine, aussi, pour certains restaurateurs qui comptent faire le plein tous les midis cette semaine. "Pour nous c’est fabuleux, explique Sébastien Buscoz, gérant d’un restaurant parisien. Et avec l’extension des terrasses, c’est que du bonus. On en profite, les gens sont au rendez-vous, on espère que ça va continuer." Mais du côté de la pollution, quelles conséquences ont les fortes chaleurs sur la qualité de l’air en Île-de-France ?

Pollution de l’air et réchauffement climatique, un cercle vicieux

"Dès qu’on est en période de fortes chaleurs, la météo favorise les concentrations d’ozone, explique Charlotte Songeur, ingénieur pour l’association Airparif, qui surveille la qualité de l'air en région parisienne. C’est un polluant secondaire. Il n’est pas émis directement, il se forme par réactions sous l’action des rayons UV du soleil à partir d’autres polluants : les oxydes d’azote (NOx), principalement issus du trafic routier ; et les composés organiques volatils (COV), qui viennent de l’utilisation de peintures et de solvants, que ce soit par l’industrie ou des particuliers, mais aussi du trafic des deux-roues, et enfin en partie des végétaux, naturellement."
L’ingénieur précise ainsi que les réactions s’accélèrent quand les températures sont élevées et que l’ensoleillement est important, avec peu de vent : "Plus on a des périodes caniculaires, plus on a des épisodes de pollution. Les concentrations les plus importantes sont atteintes en juillet et août, parce que les journées sont plus longues, ce qui favorise l’accumulation."

Le réchauffement climatique est induit par plusieurs éléments, dont les gaz à effets de serre.

Charlotte Songeur, ingénieur à Airparif

Mais le phénomène ne s’arrête pas là, puisque, comme le rappelle Charlotte Songeur, l’ozone est – comme le dioxyde de carbone (CO2) – un gaz à effet de serre, avec des conséquences sur le climat. "C’est un cercle vicieux, résume l’ingénieur. Le réchauffement climatique est induit par plusieurs éléments, dont les gaz à effets de serre."
Et alors que l’épisode de fortes chaleurs devrait durer jusqu’en milieu de semaine, Charlotte Songeur précise qu’Airparif a prévu "une fourchette entre 150 et 180 microgrammes par mètre cube sur une heure" : "On va flirter avec le seuil d’alerte de pollution de l’air, qui est fixé à 180 microgrammes par mètre cube, mais on ne devrait pas le dépasser". Lundi, mardi, tout comme demain mercredi, l’association a en effet annoncé une qualité de l’air moyenne en agglomération parisienne, sans dépassement du seuil d’alerte. "L’accumulation d’ozone réagit en fonction du trafic routier et du vent, le phénomène peut voyager loin", précise par ailleurs l’ingénieur.

Quels gestes pratiques pour limiter son exposition à la pollution de l’air ?

A noter enfin que l’ozone est un polluant très irritant, qui implique de multiples effets sur la santé. Charlotte Songeur rappelle donc quelques gestes simples pour rester vigilant et limiter son exposition : "Il faut bien aérer chez soi le matin quand le niveau d’ozone est le plus bas, limiter les activités intenses et rester au frais pour les personnes les plus sensibles (comme les personnes âgées ou les personnes asthmatiques), et préférer, en cas d’une pratique sportive, la matinée, en restant éloigné du trafic routier. Il faut aussi bien sûr bien s’hydrater."Se déplacer à pied, en vélo ou en transport en commun, préférer un ventilateur à un climatiseur… Comme l’explique Airparif dans une vidéo, il est enfin possible de limiter son propre impact sur cette pollution.

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