Pro et anti confinement s'affrontent sur la toile

En attendant une décision du gouvernement, des internautes se défoulent sur les réseaux sociaux sur un sujet qui divise : pour ou contre un troisième confinement.

Pancarte incitant à rester chez soi pendant le confinement. Photo AFP
Pancarte incitant à rester chez soi pendant le confinement. Photo AFP

L’arrivée d’un potentiel troisième confinement en un an a fait réagir, particulièrement sur les réseaux sociaux. Ces derniers sont devenus en l’espace de quelques jours le théâtre d’une bataille entre deux camps.

D'un côté le hashtag #JeMeConfinerai, regroupant les partisans d’un nouveau confinement si nécessaire. De l'autre ceux qui refusent, catégoriquement, cette option et le font clairement savoir au nom de la "liberté", ou encore d’un ras-le-bol de la situation sanitaire et de ses conséquences économiques et psychologiques (fermeture des bars et restaurants, des cinémas, rupture du lien social…).

Ceux-là sont rassemblés au sein du hashtag #JeNeMeConfineraiPas et #JeNeMeReconfineraiPas. A noter que le hashtag à tendance pro-confinement a été créé en réaction à celui qui le refuse.

 

Critiques, moqueries, appels

Sur Twitter, tous les types de messages sont recensés : allant de critiques de la gestion de l’épidémie par le gouvernement jusqu'à des expressions de besoin de liberté et de reprise de la vie d'avant et de contact social. Les partisans de #JeNeMeConfineraiPas et #JeNeMeReconfineraiPas sont allés jusqu’à annoncer un mouvement de "désobéissance civile" le 1er février.

Mais beaucoup de tweets sont utilisés par un camp pour se moquer des prises de position de l’autre. Ils utilisent notamment des caricatures ou des images tirés de faits réels et dont on a changé le contexte (ces images sont appelées "memes"). Parmi ces tweets, quelques-uns viennent d’étudiants, grandes victimes de la crise sanitaire.

 

 

 

20 000 retweets en moins de 3 semaines

Le tout premier tweet avec le hashtag #JeNeMeConfineraiPas est signé d’un certain Xavier Legay, responsable éditorial du média en ligne Bas les masques, qui se présente comme un "média indépendant pour une information libre et objective sur la crise sanitaire" et se décrit comme "ni complice (…) ni complotiste". Il date du 10 janvier dernier. M. Legay relayait un tweet de Didier Maïsto, ancien dirigeant de Sud Radio et défenseur du mouvement des Gilets jaunes. Il a ensuite ajouté : "Il est grand temps de dire non bruyamment et de le faire savoir. #JeNeMeConfineraiPas".

Il a été mentionné plus de 20 000 fois depuis sa première parution mi-janvier, et plus particulièrement au cours de cette dernière semaine, selon nos confrères de franceinfo.

 

 

Le confinement, "un remède qui a beaucoup d’effets secondaires"

"Ce n’est pas un ras-le-bol d’opposition ou le refus de la contrainte, c’est juste que la situation n’est plus tenable (…) bien que beaucoup acceptent de se confiner pour sortir de cette situation une bonne fois pour toutes", explique la psychologue Marie-Estelle Dupont, contactée par France 3 Paris Île-de-France. 

"Ce qui était acceptable et faisable depuis le début de la crise ne l’est plus aujourd’hui. Les gens sont arrivés à leurs limites. Un être humain en bonne santé ne peut pas le rester en vivant enfermé. Cela vaut pour la santé physique, mentale et philosophique", ajoute-t-elle, précisant par ailleurs que le confinement est "un remède qui a beaucoup d’effets secondaires".

La professeure des Universités, et spécialiste de psychologie cognitive Sylvie Droit-Volet met de son côté en garde contre la généralisation à partir de quelques hashtags sur les réseaux sociaux. "Tout le monde n'est pas en colère. Il y a des personnes résignées qui vont se reconfiner et d'autres à risques qui se sont déjà confinées. Il y aussi des personnes qui ont souffert énormément du confinement et de l'isolement social, plus particulièrement les personnes fragiles psychologiquement ou les personnes célibataires qui sont effrayées de se retrouver à nouveau confinées", estime-t-elle. "Il y a enfin les personnes réellement en colère pour différentes raisons. Certaines pour des raisons compréhensibles à cause par exemple des conséquences économiques désastreuses du confinement. D'autres crient au complot, pensent qu'on nous ment ou manipule et essaie de convaincre les autres sur les réseaux sociaux. Celles-ci y déversent leur colère", ajoute la spécialiste.

 

Une majorité de français "favorable" à un nouveau confinement

Selon une enquête d’Harris interactive pour LCI publiée le 28 janvier, 64% des Français approuveraient l’idée d’un nouveau confinement. C’est une augmentation de 10 points comparé au début du mois de janvier. Parmi les 36% qui sont opposés à ce procédé, seuls 14% y sont décris comme "très opposés".

Il est important de préciser que le gouvernement n’a pas encore annoncé officiellement qu’un confinement allait être mis en place. C’est, pour l’instant, l’une des pistes qui est évoquée pour tenter de lutter contre l’épidémie de covid-19 et les variants qui l’accompagnent. 

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