Disneyland Paris, un rêve économique pour les communes limitrophes

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Écrit par Marc Taubert avec Julien Bernier

Le célèbre parc d'attractions fête ses 30 ans ce mois d'avril. Son arrivée en Seine-et-Marne, sur le territoire du Val d'Europe près de Marne-la-Vallée, apporte de nombreuses opportunités économiques mais change aussi la physionomie de ce territoire.

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Le petit village de Coupvray, aurait pu rester l'un des nombreux villages briards anonymes du coin. Son attraction phare est son musée dédié à Louis Braille (il est natif de la commune), inventeur de l'alphabet éponyme.

Mais Coupvray vit ses dernières années de tranquillité : le village grossit de 600 habitants par an depuis plusieurs années. "Jusqu'à maintenant, nous avons été protégés de l'urbanisation parce qu'elle s'est fait par le sud du Val d'Europe, par les gares RER, TGV et la sortie d'autoroute. Aujourd'hui, on arrive sur la phase 4 et le village de Coupvray est impacté, et c'est vraiment un changement culturel pour nous", raconte son maire (SE), Thierry Cerri.

Car la venue de Disneyland Paris a changé le territoire du Val d'Europe "à tout jamais" selon les mots du site de l'agglomération. "La Convention, acte fondateur du territoire, signée le 24 mars 1987 entre l’État, La Walt Disney Company, le Département de Seine-et-Marne et la Région, prévoyait la réalisation à l’horizon 2017, de deux parcs à thèmes, 18 000 chambres d’hôtel, 2 400 résidences hôtelières, 2 golfs, un parc aquatique, 5 400 logements, 65 000 m² de commerces de détail, restauration, spectacles, 90 000 m² de centre commercial régional, 40 000 m² de centre de conférence, 700 000 m² de bureaux, 750 000 m² d’activité", peut-on lire sur leur site.  

Des milliers d'entreprises installées

Des milliers d'entreprises se sont donc installées dans la région. L'entreprise Arribas France est venue dans les bagages de Disney en 1991. Spécialisée dans la confection de produits dérivés en verre, elle s'est installée aux abords du parc et emploie une cinquantaine de salariés.

"Six mois avant le Covid, on s'est installé dans le village de Condé-Sainte-Libiaire et mon engagement, était de recruter localement ce que l'on a fait. Il y a différents métiers, notamment des souffleurs de verres qui sortent des deux grandes écoles françaises. Pour ce qui est des métiers du sablage par exemple, qui nécessitent moins de technicité, on recrute localement", explique Grégory Viseux, directeur général de l'entreprise.

Verres, flûtes de champagne ou baguettes magiques aux effigies de personnages de la galaxie Disney sont ensuite vendus à quelques kilomètres, dans le parc à thème. Le nouveau site permet aux fans de découvrir la fabrication de ces produits et la reprise du tourisme permet au directeur général d'être optimiste. Mais la crise sanitaire a sonné comme un signal d'alarme.

"95% de notre chiffre est réalisé avec Disney. Avec un parc fermé, notre société était à l'arrêt. On a quand-même continué à développer les produits avec l'échéance du 30e anniversaire. Mais c'est vrai que la fermeture du parc a engagé une réflexion interne. Il faut penser à d'autres sources de revenus. Nous avons obtenu une licence Harry Potter, ce qui a fait sens", poursuit Grégory Viseux.

40 millions de touristes par an

L'afflux de touristes et d'emplois a donc fortement développé le territoire proche. Un développement qui a changé en profondeur cette région rurale. "Notre rôle est de développer un territoire équilibré et résilient", explique Laurent Girometti, directeur général de l'Établissement public d'aménagement EpaMarne-EpaFrance.

L'enjeu est ainsi d'accompagner cette croissance exceptionnelle. Les cinq villages comptaient 4 000 habitants au moment de l'arrivée de Disneyland Paris contre 36 000 aujourd'hui. Le territoire a la particularité de compter autant d'emplois que de population : soit 1,5 emploi par actif.

"On fait attention à cet équilibre, à ce que ce soit des entreprises qui soient adaptées au territoire, à ce que le tissu économique soit diversifié, de ne pas être dans une dépendance à la seule activité touristique. Il faut savoir qu'il y a 6 400 entreprises implantées au Val d'Europe, de toutes les tailles. Des entreprises qui ont un parcours résidentiel, elles viennent souvent de Seine-et-Marne", ajoute M. Girometti.  

L'Établissement public d'aménagement se retrouve dans une position que beaucoup de ses homologues lui envient : ils peuvent choisir les entreprises qui peuvent s'implanter localement. "On est très attentifs à des entreprises qui renforcent le territoire, qui amènent une quantité d'emplois suffisante. On évite de gaspiller le foncier, d'implanter une entreprise qui va consommer beaucoup de foncier pour peu d'activités ou peu d'emplois", précise-t-il.

Du côté du village de Coupvray, on tente aussi de prévoir l'avenir. "On a anticipé un groupe scolaire de 16 classes. Aujourd'hui, 3 classes sont occupées, les autres sont en attente d'élèves qui vont arriver. A l'heure actuelle, on travaille sur les besoins pour les années 2030/2040", affirme le maire de la commune, M. Cerri.

Première destination touristique d'Europe.

-24 mars 1987 : l'Etat et Disney signent un accord public-privé

-12 avril 1992 : ouverture Disneyland Paris 

-15 millions de touristes en 2019