Quintuple homicide à Meaux : ce que l'on sait de l'enquête

Les corps d'une mère et de ses quatre enfants ont été retrouvés ce lundi 25 décembre à leur domicile. Le père, principal suspect, a été interpellé dans la matinée du mardi.

Les policiers ont découvert "une scène de crime d'une très grande violence", a indiqué le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, ce mardi lors d'une conférence de presse.

Visiblement lui-même affecté, le procureur a indiqué que cinq corps avaient été retrouvés dans un appartement de cet immeuble situé au rez-de-chaussée à Meaux.

"Tout d'abord celui de la mère de famille, une femme née en avril 1988, en Haïti. Ensuite, celui de quatre jeunes enfants. Une fillette née en 2013 et donc âgée de 10 ans, une seconde fillette née en 2016, âgée de 7 ans, un garçon né en 2019 âgé de 4 ans et enfin un garçon né en mars 2023. Il aurait eu neuf mois hier", a-t-il relaté.

Et d'ajouter : "Les trois défuntes ont été victimes d'un très grand nombre de coups de couteau. Il est impossible de déterminer le nombre en l'état", a précisé le procureur.

"Le petit garçon de quatre ans et le bébé de neuf mois ne présentaient pas de plaies apparentes sur le corps", a-t-il déclaré, évoquant "la piste d'un étouffement", ou concernant le petit garçon, d'"une noyade mais les cheveux de celui-ci ne sont pas mouillés".

Les corps vont être autopsiés mercredi 27 décembre.

Il avait déjà porté un coup de couteau à son épouse en 2019

Les policiers sont intervenus au domicile de cette famille le jour de Noël, vers 21h, situé au rez-de-chaussée d'un immeuble à Meaux (Seine-et-Marne). Ils avaient été alertés par des proches des victimes. Des traces de sang étaient visibles sur le palier.

Le père de famille interpellé mardi matin à Sevran (Seine-Saint-Denis), soupçonné d'avoir tué sa femme et ses quatre enfants lundi soir, avait déjà porté en 2019 un coup de couteau à son épouse à l'omoplate, a déclaré le procureur de la République de Meaux.

Une enquête avait été ouverte et le conjoint placé en garde à vue avant d'être hospitalisé en psychiatrie. Il avait affirmé n'avoir pas voulu faire de mal à son épouse qu'il aimait : le "coup de couteau est parti tout seul", a-t-il déclaré à l'époque, a rapporté le procureur.

La procédure avait été classée sans suite au motif d'état mental déficient, a poursuivi Jean-Baptiste Bladier lors de cette conférence de presse. Une expertise avait attesté de l'existence de l'abolition du discernement chez le mis en cause, un homme de 33 ans de nationalité française.

Depuis 2017, il est suivi pour troubles dépressifs et psychotiques. Des ordonnances portant prescription de tranquillisants ont été retrouvées au domicile. Il a été hospitalisé sous le régime de la garde à vue pour des blessures importantes à la main.

Interpellé près du domicile de son père

Le procureur de la République a également précisé la façon dont le père de la famille a été interpellé ce mardi à Sevran en Seine-Saint-Denis : "Le recueil très rapide d'un premier témoignage de la sœur de ce premier suspect permettait aux enquêteurs d'entrer en contact très rapidement avec le père et la mère de celui-ci qui ne sont pas domiciliés ensemble. Ces personnes se montraient très coopératives aux investigations. En définitive, des dispositifs de police ayant été déployés dans le 93 où le suspect était susceptible de se rendre, ces dispositifs permettaient l'interpellation ce matin à 7h47 du suspect aux abords immédiats du domicile de son père."

L'homme âgé de 33 ans est né en avril 1990 à Colombes dans les Hauts-de-Seine. De nationalité française, il est titulaire d'un CAP plomberie, sans que l'on sache, pour l'instant, son métier actuel.

Le couple s'était formé il y a 14 ans et s'était marié en octobre 2023.

Recherche de sa responsabilité pénale

Le procureur a d'ores et déjà annoncé qu'une information judiciaire serait ouverte à l'issue de la garde à vue du suspect pour "homicides volontaires sur mineurs de 15 ans et homicide volontaire par conjoint" et que "la peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité".

Il a également anticipé le cas où le père de la famille serait déclaré en partie ou totalement irresponsable : "Si les institutions et les autorités judiciaires compétentes, devaient conclure, ce qui ne sera pas le cas avant plusieurs mois évidemment, à une existence d'une altération du discernement au moment des faits, la peine encourue serait de 30 années de réclusion criminelle. S'il était conclu à l'abolition complète du discernement, il existerait néanmoins une voie procédurale consistant à la saisine de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, pour prononcer, au terme d'une mesure spécifique, des mesures de sûreté."

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