Évacuation de la tour Obélisque : quelles solutions de relogement pour les habitants ?

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Écrit par PDB / E. Ferret / M. Chambrial
La tour Obélisque, un immeuble de 32 étages, construit en 1973.
La tour Obélisque, un immeuble de 32 étages, construit en 1973. © France 3 PIDF

Alors que les derniers habitants de la tour située à Epinay-sur-Seine doivent quitter les lieux d'ici ce mercredi soir, en raison d’un arrêté de "péril imminent", les solutions d'hébergement semblent loin d’être à la hauteur.

"Je suis en plein stress. Je suis inquiet", répète Christian Grillet. Propriétaire d’un appartement dans la tour Obélisque d’Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), il a perdu plus de 15 kilos en quelques semaines. L’expulsion de son domicile à la mi-novembre l’a traumatisé. Il est depuis hébergé par l’Armée du Salut dans une chambre d'hôtel à Aubervilliers.

L’Etat lui offre 87 600 euros pour un appartement payé 140 000 euros, il y a 15 ans. Impossible, donc, d’acheter un nouveau logement, déplore Christian Grillet : "Maintenant que je n’ai plus de fiche de paie, que je vais être à la retraite, comment est-ce que ça va se passer ? Est-ce qu’on va me prêter ? A quel taux ? Pour combien de temps ?"

"Et puis surtout, combien coûtent les appartements parisiens ? C’est absolument impossible. Ou alors, il faut que je me décale à 100-150 km pour avoir quelque chose d’équivalent au mien. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Je ne sais pas comment l’année 2022 va se passer… J’ai peur", s’inquiète le propriétaire.

"Je ne mange pas, je ne dors pas"

En raison d’un "péril imminent", la préfecture de Seine-Saint-Denis a pris en novembre deux arrêtés : l’un pour interdire l’accès aux balcons de la façade sud, qui risquent de s’effondrer selon les autorités ; et l’autre pour demander à tous les habitants de quitter leur appartement avant ce mercredi 8 décembre. Entre-temps, une première évacuation a eu lieu il y a trois semaines.

Amadou Yaly, un autre propriétaire, dormait pourtant encore sur place dans la nuit de lundi à mardi. Ce père de famille n’a pas eu le choix : les autorités lui proposent un logement provisoire sans électricité. Il a appris la nouvelle très tardivement, en fin de semaine dernière.

"Je ne dormais pas… J’étais en attente : où sera le logement ? Est-ce que j’y vais ? Comment sera l’appartement ? J’étais complètement perturbé. Jusqu’à maintenant. Je ne mange pas, je ne dors pas", alerte Amadou Yaly.

"Il n’y avait rien, rien, rien de prévu"

Annie Louvet doit, elle aussi, évacuer. Avec presque 30 ans d’affaires accumulées dans son appartement, sa famille est venue l’aider à trier : son handicap moteur l’empêche de déménager seule. Pour ce qui est des solutions de relogement, elles laissent jusqu’ici à désirer.

"La chambre d’hôtel n’était pas adaptée pour les gens handicapés et avec un diabète, explique la propriétaire. Il n’y avait rien, rien, rien de prévu. S’il y a des petites marches pour accéder à ma chambre, ça va être compliqué. Je vis toute seule, donc ça veut dire que dans ma chambre, je vais rester cloîtrée."

Ni Christian Grillet, ni Amadou Yaly, ni Annie Louvet n'ont les moyens ni l’envie de racheter un jour leur logement. Pour eux, l'investissement d’une vie s’est écroulé.

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