"On ne connaît pas notre avenir" : l'inquiétude de salariés d'un sous-traitant de Stellantis

Les salariés de MA France d'Aulnay-sous-Bois, entreprise sous-traitante de Stellantis, sont en grève depuis le 17 avril. Menacés par un dépôt de bilan, ils espèrent sauver leur usine ou partir avec une compensation financière.

Dans l'usine MA France d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), les pièces de carrosserie s'entassent. L'usine est à l'arrêt depuis le 17 avril.

"Cela fait quelques mois que l'on sait que l'entreprise va très mal. On ne connaît pas notre avenir. On souhaite en avoir un avec l'entreprise, mais si elle dépose le bilan, on veut partir avec dignité et une somme qui soit en concordance avec ce que l'on a fait ici pendant 20 ans pour certains", s'inquiète Charles Salingue, chef d'équipe en logistique.

Selon lui, la situation est particulièrement préoccupante depuis trois semaines. "Un nouveau DRH est venu, on a senti qu'il cherchait à fermer cette société et que l'on parte tous avec rien", poursuit-il.

MA France fournit des pièces de carrosserie et de châssis pour les petits utilitaires Peugeot ou Citroën, pour les SUV Opel Mokka et DS3 Crossback, et aussi pour Renault.

"On nous traite comme des animaux"

Selon la CGT, la direction de MA France a évoqué un possible dépôt de bilan "en cas d'échec de négociations relativement obscures avec son principal partenaire Stellantis". Le groupe automobile a répondu qu'aucune négociation n'était en cours et que le constructeur avait retiré des productions à l'usine en 2021.

Ce jour avait lieu un Comité social et économique, mais il a été annulé. "On reporte cette réunion parce qu'on nous traite comme des animaux. Notre usine risque la fermeture, on veut avoir des éléments", déclare avec colère Adel Zorgui, représentant syndical CGT. Selon lui, des agents de sécurité ont été postés à l'entrée de la réunion et les syndicalistes devaient leur présenter leur pièce d'identité pour pouvoir entrer.

Chômage technique

Cette grève a des conséquences directes pour les salariés de Stellantis. Trois usines, celles d'Hordain et Poissy sont arrêtées depuis le 22 avril, et Luton depuis une date non précisée, a indiqué Stellantis.

Les salariés sont au chômage techniques (ils touchent 84% de leur salaire selon un responsable de FO).

Danièle Obono, députée (LFI) de Paris, était présente devant le piquet de grève ce vendredi, tentant notamment de médiatiser le conflit : "Il y a 150 intérimaires qui risquent leur emploi et d'être sur le carreau dans une ville qui a déjà été traumatisée lourdement par le départ de PSA. MA France dépend totalement de Stellantis dont le patron se plaît à dire qu'il a des super dividendes et que si on n'est pas d'accord, il faut légiférer."

Selon Stellantis, MA France "rencontre des difficultés structurelles de compétitivité qui le handicapent dans l'acquisition de nouveaux marchés. Le contexte inflationniste (matière, main-d’œuvre, énergie) impacte d'autre part sa rentabilité".

Le constructeur franco-italo-américain s'est dit "optimiste quant à la résolution de la reprise des opérations".

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