Les chiens détecteurs de la Covid-19, une étude prometteuse vient d'être publiée

On connaissait leur odorat particulièrement fin pour détecter de la drogue, des explosifs ou des personnes ensevelies sous les décombres. Les chiens peuvent aussi reconnaître la "signature olfactive" du virus de la Covid-19

Des chiens formés à la detection de la COVID-19. Ici en en Nouvelle Aquitaine en janvier dernier.
Des chiens formés à la detection de la COVID-19. Ici en en Nouvelle Aquitaine en janvier dernier. © PHOTOPQR/SUD OUEST/David Thierry

Le projet Nosaïs-Covid19 a été mené par l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort, l’AP-HP et l’Agence Régionale de Santé. Entre le 26 mars et le 9 avril dernier, 335 personnes ont subi un test PCR dans les centre Covisan AP-HP de l’Hôtel-Dieu et à la mairie du 14e arr de Paris. Elles se sont également prêtées à un prélèvement de sueur sous l’aisselle. 109 personnes se sont révélées positives. Dans 97 % des cas, les chiens ont également détecté la présence du virus.

Test olfactif canin

Les résultats sont prometteurs selon le Professeur Dominique Grandjean, enseignant-chercheur à l'EnvA, à l'initiative de l’étude Nosaïs-Covid19. "Au final, les chiens ont fourni des performances au-delà de nos espérances, puisque la sensibilité moyenne (taux de marquage de prélèvements positifs) est de 97% (100% sur les 192 patients asymptomatiques) et la spécificité moyenne (taux de non marquage de prélèvements négatifs) de 91% (94% chez les asymptomatiques)", explique-t-il sur le site de l’Ecole vétérinaire.

7 à 8 semaines ont été nécessaires pour former les chiens appartenant aux pompiers des Yvelines, de l’Oise et de l’ENVA. "L’odorat du chien est considérablement plus développé que celui de l’Homme, avec 250 millions de cellules olfactives contre seulement 5 millions chez l’humain. Il peut ainsi déceler une odeur en ne disposant que de quelques microgrammes de la substance recherchée", poursuit le professeur.

"Le virus, lorsqu’il infecte une cellule de l’organisme, se sert de celle-ci pour se répliquer et produire des molécules chimiques spécifiques. Il en résulte des catabolites (déchets de ces molécules) que l’organisme évacue par ses émonctoires (urine, larmes, salive, sueur, …). Ils constituent alors des composés organiques volatils qui viennent se fixer sur les récepteurs de la muqueuse olfactive du chien et, lorsque ce dernier a été formé à les reconnaitre, génèrent son réflexe de marquage", détaille-t-il.

Cette étude est une première mondiale. Les tests olfactifs canins pourraient se développer dans les aéroports notamment, les universités ou les grands évènements.

Pas d'inquiétude pour les chiens dépisteurs, la sueur n'est pas contaminante.

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