Lycée de Cachan : des tensions éclatent alors que les professeurs et les élèves dénoncent la vétusté de l'établissement

Des feux, deux voitures retournées... Plusieurs personnes se sont rassemblées devant le lycée polyvalent de Cachan (Val-de-Marne) ce mardi 5 mars. La police a interpellé une personne. Les enseignants avaient fait déjà fait valoir leur droit de retrait.

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Plusieurs personnes se sont rassemblées devant le lycée polyvalent de Cachan. Alors que trois cents élèves manifestaient ce matin pour dénoncer la vétusté de l'établissement, des échauffourées ont éclaté. "Il y a eu un rassemblement pacifique ce matin de 300 élèves qui manifestaient pour leur santé, à 8 heures, devant l'établissement", explique Soulef Bergougnioux, professeur au lycée Cachan et représentante du syndicat FNEC-FP-FO à la F3SCT académique (NDLR : formation spécialisée santé sécurité conditions de travail, anciennement CHSCT).

"Personne ne s’est introduit dans le lycée. Il y a eu des jets de tomates, d’œufs, mais pas de violence. Ensuite, quand la nationale (NDLR : la police nationale) est arrivée, ils ont commencé à gazer les élèves. Cela voulait dire qu’on était encerclés, qu’on était obligés de courir. C’est arrivé dans nos yeux, on avait les yeux qui brûlaient. On ne pouvait plus respirer, on toussait", indique Inès, 18 ans, lycéenne de l'établissement. 

Des images et des vidéos sur les réseaux sociaux ont fait état de débordements. Soulef Bergougnioux a reçu une vidéo de ce qui semble être des événements qui se sont produits, ce matin : "Je vois plusieurs élèves retourner une voiture, et jeter un projectile sur une voiture de la police municipale. Je n'espère pas que ce soit nos élèves. C'est important qu'ils se mobilisent, mais la violence n'est pas une bonne idée. Je pense qu'on va leur expliquer tout cela".

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Des échauffourées ont éclaté devant le lycée polyvalent de Cachan, ce mardi 5 mars. ©Snapchat : snapmap

Le rectorat de Créteil a confirmé les informations : "un peu avant 8 heures, un groupe d'une 'vingtaine' de personnes encagoulées a perturbé l'accès au lycée polytechnique de Cachan (Val-de-Marne) mardi matin en mettant le feu à des poubelles avant d'envoyer des projectiles sur les forces de l'ordre", a-t-il affirmé.

Les cours ont repris en fin de matinée a précisé le rectorat.

Droit de retrait des professeurs

Depuis mardi 27 février, près de la moitié du personnel s'était mise en retrait. Parmi ce qui les inquiète : "une dalle qui est tombée du plafond", mais aussi des "faux plafonds gorgés d’eau" ou encore "de l'eau au sol". Sans compter une présence possible d'amiante dans "certaines colles", comme l'évoquait une enseignante et représentante syndicale du lycée.

Ce qui inquiète aussi, côté élèves. C'est ce que déplore Inès : "L’état du lycée est choquant, je n’ai jamais vu ça. Il y a des rats, la peinture s’enlève et apparemment, il y a de l’amiante. En été, quand il y avait la canicule, quand je suis arrivée au lycée, il faisait 45 degrés dans les salles. On préférait rester dehors que dedans. Même en hiver, il faisait -5 dans les salles. On était choqués. Il y a de l’amiante dans le lycée : c’est cancérigène. On est jeunes, on soutient les profs, on n’est pas contre les profs. Je pense que les profs n’auraient pas agi comme ça, mais on est avec eux et ils sont du même avis que nous, je pense."

Une interpellation a eu lieu. Selon le parquet de Créteil, il s'agit d'un mineur de 17 ans. Deux policiers ont par été blessés, ajoute le minsitère public.

Condamnations des élus

La maire de Cachan (Parti socialiste), Hélène de Comarmond, a condamné sur X les violences intervenues devant l'établissement. "Je renouvelle mon soutien et mes remerciements à la communauté éducative, aux agents communaux, aux sapeurs-pompiers et à la Police Nationale", a-t-elle écrit. Dans un communiqué publié peu après ces événements, l'élue a annoncé que la Ville allait déposer plainte. Elle demande également que la région, en charge des lycées, finance des travaux d'urgence au sein du lycée.

Plainte qui s'ajoutera aussi à celle de la région Île-de-France. C'est ce qu'a indiqué sa présidente, Valérie Pécresse. Elle condamne par ailleurs ces dégradations, et annonce l'envoi d'une brigade régionale de sécurité pour sécuriser l'établissement.