Interrogations après l’effondrement du mur d’un gymnase à Poissy

En près de trente ans, aucune plainte ou signalement n’avait été recensé concernant l’édifice et/ou sa structure.
 

Le gymnase Patrick-Caglione à Poissy (Yvelines), en mars 2020. (GOOGLEMAPS)
Le gymnase Patrick-Caglione à Poissy (Yvelines), en mars 2020. (GOOGLEMAPS)
Poissy, dans les Yvelines, jeudi 22 octobre 2020. C'est les vacances de la Toussaint. Il est un peu plus de 12h45. Vingt-sept enfants âgés entre 6 et 11 ans sont réunis dans le gymnase municipal Patrick-Caglione à l’occasion d’un stage de judo (assuré par le Judo-Jujitsu club de Poissy). Un mur de séparation, notamment destiné au rangement de matériel sportif, s'effondre alors.

Le bilan est de deux blessés graves. Il s’agit de deux enfants : une fille de six ans et un garçon de sept ans. Ils sont transportés en urgence à l’hôpital Necker, à Paris. L'un d'eux, la petite fille, ne s'en remettra pas. En état de mort cérébrale après son transport vers l'hôpital, elle décède de ses blessures deux jours plus tard, le samedi 24 octobre. Le pronostic vital de l’autre enfant n’est pas engagé.
Une cellule médico-psychologique à destination des enfants, mais aussi des parents, a été mise en place – et l’est toujours – sous la supervision du sous-préfet de Saint-Germain-En-Laye. Une enquête a également été ouverte par le parquet de Versailles afin de déterminer les circonstances de l’accident, notamment la conformité de l’équipement mais également de l’encadrement.

Pas d'anticipation possible

Quatre jours après la tragédie, aucun indice permettant de savoir comment cet incident a pu se produire ne transparaît clairement. Construit en 1992, le complexe Patrick-Caglione est un gymnase municipal fréquenté à l’occasion par des établissements scolaires et des associations sportives. D’après nos informations, vingt-sept ans après la construction du gymnase et du mur de séparation (qui, lui, date de 1993-1994) aucun élu, président d’association ou usager n’a reçu ou émis d’avis défavorable sur la structure en elle-même. La dernière inspection de l’édifice par une commission de sécurité règlementaire date d’avril 2017.

Contacté par France 3 Paris-Ile-De-France, le maire DVD (Divers droite) de Poissy, Karl Olive n’a pas souhaité répondre à nos questions, affirmant ne pas vouloir se prononcer sur l’enquête ou avant que celle-ci apporte des conclusions. Son dernier message en date est un soutien à la famille de la victime via un communiqué de presse publié samedi. "C’est avec une profonde tristesse et une immense émotion que nous apprenons la disparition tragique de la petite Pisciacaise très grièvement blessée le 22 octobre 2020 (…) Au nom de la ville, de ses élus, de ses agents, de tous ses présidents d’association, je présente à toute la famille mes plus sincères condoléances et l’expression de notre plus grande compassion", avait-il alors affirmé.
Il reviendra donc au parquet de Versailles de démontrer les causes de l’incident, savoir s’il trouve son origine dans une humidité trop présente, un défaut de construction ou encore à une résonnance automobile.
 
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