Procès de Tony Meilhon à Nantes : le récit du cinquième jour d'audience

Tony Meilhon, escorté par le GIPN, à la sortie de Palais de Justice de Nantes, le 27 mai 2013 / © FRANK PERRY / AFP
Tony Meilhon, escorté par le GIPN, à la sortie de Palais de Justice de Nantes, le 27 mai 2013 / © FRANK PERRY / AFP

Pour ce cinquième jour d'audience, la parole était aux gendarmes et aux experts. 

Par Christophe Turgis avec FB

Le procès de Tony Meilhon, âgé de 33 ans, a débuté mercredi aux Assises de la Loire-Atlantique à Nantes. Il est accusé d'avoir enlevé et tué Laetitia Perrais en janvier 2011 avant d'en démembrer le corps et d'en dissimuler les morceaux dans deux plans d'eau.​


1​7h53 L'audience est supendue jusqu'à demain matin 9h



17h22 Le témoignage du professeur Gagnaire expert en toxicologie à l'université de Nantes

"À propos de Mr Meilhon, j'ai procédé à un examen du sang prélevé sur Mr Meilhon le 20 janvier.
Nous avons trouvé du THC, du THTOH, sur le cannabis on retrouve la présence de produits actifs dans le sang.
Pour la cocaïne elle disparait au bout de quelques heures et se transforme dans des résidus faibles, qui signifie une consommation un peu ancienne. Pas de cocaïne dans le sang.
Nous avons retrouvé du paracétamol, il est parfois utilisé comme produit de coupage pour l'héroïne sans résultat ici."

Le président : "Mr Meilhon nous dit qu'il a beaucoup consommé d'alcool de cocaïne… au moment où le prélèvement est fait il ne reste pas de trace d'alcool…" "On est plus de 24h après les faits…" Oui mais au cours de la journée du 19 il a pu en reprendre." "C'est possible mais le taux d'élimination est de 0,2 grammes d'alcool par litre et par heure, il aurait fallu une très forte alcoolisation la veille…"

"Pour le THC…" "Les résidus sont faibles, on ne peut pas se prononcer sur le niveau de consommation dans les jours qui précédent…"

"Pour la cocaïne…" "Si la prise remontait à quelques heures, elle était très faible alors." "Mr Meilhon nous dit qu'il en avait pris beaucoup le 19 et le 20 janvier. Si la consommation n'avait pas été importante on n'en aurait pas retrouvé 48 heures après…" " On trouve différentes concentrations de cocaïne…"

Me De Oliveira : " Mr Meilhon nous dit qu'il a pris beaucoup de cocaïne, or il ne souffre pas de symptôme de manque…" "Cela dépend de l'habitude de consommation." "S'il consomme régulièrement de la cocaïne et fortement ça ne peut pas avoir de répercussions sur son comportement…?" Cela dépend de l'ancienneté de la consommation, il y a certainement un effet de manque difficile à évaluer sans connaître plus précisément les habitudes de consommation."

Pour Laëtitia Perrais, "Les épanchements sanguins ont été pris au niveau des sinus, le liquide que nous avons reçu a donc été dilué avec l'eau. Nous avons estimé une dilution au quart ou au dixième en fonction des deux tubes. Nous avons retrouvé de l'alcool.

Pour les stupéfiants pas d'opiacés mais de la cocaïne, pas de médicaments.

La concentration d'éthanol donne une concentration comprise entre 0,22 et 0,28 par litre.
Pour la cocaïne, la quantité retrouvée est le signe d'une prise importante avant le décès."


17H15

Le témoin suivant est absent, il dépose dans une autre cour d'Assises. Le président demande aux parties si elles regrettent son absence, pas d'expression, le président décide de lire la déposition. Qui ne fait pas d'observations de la part des parties civiles ou de la défense.


16h55 Le témoignage de Mr Le Gall spécialiste de médecine légale

Il énumère les constats effectués sur les différents organes de la victime. "Le travail a été mené avec difficulté du fait du temps passé entre la mort et la date des examens, les poumons étaient très abîmés mais ne présentaient pas de trace d'hémorragie,  le foie ne présente pas de particularité, le complexe anus vagin ne présente pas de lésions, au niveau ORL,  le larynx présentait des manques… Je n'ai pas pu faire d'examen !

Il surtout faut retenir la plaie transfixiante du ventricule droit qui peut être à l'origine d'un décès."

Les coups de couteau semblent post ou péri-mortem.


"La plaie cardiaque n'a pu être portée avant la strangulation, la victime serait décédée instantanément du fait de l'absence de circulation du sang."

Me Brahim : "Vous indiquez : mécanisme traumatique, accident de scooter, avec un point d'interrogation." "Oui, mais il y a des traces sur la cheville qui confirment que l'accident ne peut être la cause de la mort."


16H33 Reprise de l'audience avec le professeur Rodat

Le professeur Rodat s'avance à la barre, il enseigne la médecine légale.
"Mr Le président c'est très difficile d'effectuer un acte de strangulation sur quelqu'un, il faut beaucoup de force, et surtout neutraliser sa victime. Il faut porter des coups pour neutraliser toute défense de la victime, les coups portés en témoignent. La victime a probablement subi une suffocation faciale, des lésions des lèvres permettent de l'affirmer.

C'est un acte violent et rapide, il y a étourdissement, suffocation et rupture cervicale. Il n'y a pas eu d'agonie, on ne trouve pas ou très peu d'œdème pulmonaire…"

Le président : "La victime est au sol, l'agresseur sur elle, il la secoue et provoque un traumatisme crânien…" "Ce qui compte, Mr le président, c'est la manière dont le cerveau a été secoué, on sait bien qu'un accident ne provoque pas ce genre de traces."

"Vous dites : les membres quand ils sont découpés vraisemblablement avec une scie à métaux c'est long…" "Il faut préalablement utiliser un cutter pour sectionner les tissus mous, on voit que l'auteur s'y est repris à plusieurs fois… ensuite il faut scier les os… On devine que l'auteur est dans des conditions particulières ça n'a pas dû trainer longtemps."

"Pour l'accident vous confirmez, il n'a pas pu être mortel ?" "Non."


"Les coups…" "C'est pas des coups portés pour tuer !"

Me De Oliveira : "Mr l'expert quelle est la douleur subie par Laëtitia ?"
"Si on est dans l'échelle présentée à un patient pour évaluer sa douleur, on est à 10 effectivement…"
Les coups ont été portés alors que Laëtitia était morte ou mourante, il n 'y a pas de sang, c'est impossible."

"Mr le président, j'ai eu l'occasion de rencontrer Mr Meilhon à la demande des gendarmes, je l'ai examiné des pieds à la tête en respectant sa pudeur normale, il portait des traces noirâtres de cambouis et des pansements à la tête, j'ai procédé à des prélèvement d'ongles, j'ai retrouvé des traces de griffures superficielles, pas de traces au niveau des fesses pas de traces au niveau génital, Mr Meilhon nous a expliqué que compte tenu de son activité c'était tout à fait normal. Pas de traces d'une quelconque défense de Laëtitia Perrais non !"

"Les gendarmes étaient présents  compte tenu de l'état d'excitation du prévenu, mais discrets, Tony Meilhon s'est mis à me parler, ce qui était nouveau pour les gendarmes, ils m'ont demandé de rester, ce n'est pas mon métier, alors je suis parti !"


16h17 Suspension de l'audience pour un quart d'heure


16h08 Les questions de l'avocate générale, Tony Meilhon s'énerve...

"Mr Meilhon vous nous donnez plusieurs versions, vous nous expliquez que vous portez des coups de couteau de la main droite pour ne pas qu'on vous retrouve, vous avez pu l'étrangler et porter en même temps des coups de couteau…"

Ben apparemment je l'ai étranglée avant et mis les coups de couteau après…

"Mais c'est incohérent avec les faits…"  
je l'ai étranglée après alors…"

"Combien de coups de couteau Mr Meilhon…" "19?" "Non 44 !" Tony Meilhon : "C'est énorme" "C'est le moins qu'on puisse dire, 44 c'est énorme…"
Le président : "D'autres questions parce que on ne va pas avancer…" L'avocate générale : "Les questions Mr le président importent peu, ce sont les réponses qui nous intéressent !


16h00 Questions de Me De Oliveira

"Je voudrais savoir combien de temps vous avez mis à découper le corps…?" "Puisque je dois dire oui à tout je vais dire oui à tout".

 

Mr Meilhon quels ont été les derniers mots de Laëtitia ?" "Qu'elle pensait à vous !"


La salle s'émeut. Le président : "Mr Meilhon vous êtes dans la provocation c'est insupportable !"

Me De Oliveira : "Mr Meilhon, moi je fais un travail, vous, vous devez la vérité aux familles… et à vous même aussi !" " La vérité je vous la donne mais vous ne voulez pas me croire !" "La vérité ? Mais laquelle ?" ajoute Me De Oliveira.


15h25 questions de la défense

"Mr l'expert vous n'excluez pas une perte de conscience au moment de l'accident. Le fait d'avoir été placé dans un bâche peut-il provoquer une perte de conscience ?" "On ne peut pas affirmer qu'il y ait eu perte de conscience, rien ne permet de l'affirmer." Il aurait fallu que le traumatisme crânien soit majeur pour empêcher une reprise de conscience. Ne pas se défendre parce qu'on est enroulé dans une bâche n'indique pas une perte de conscience." Me Brahim : "La perte de consciente peut-elle être longue ?" "Non, quelques secondes."

Tony Meilhon semble attentif aux propos du médecin.


15h20 La collision ne peut être la cause de la mort

Le président : "Vous dites un accident de voie publique ne peut pas provoquer un tel traumatisme crânien…" "On ne peut pas exclure une perte de connaissance au moment du choc mais pas liée au traumatisme crânien. On en trouve pas trace à ce moment là."

La collision ne peut pas être la cause de la mort de Laëtitia Perrais ? "Non Mr le président."



15h16 Question de Me Rousseau

"Tony Meilhon affirme la présence de sang dans ou sur le casque au moment de l'accident, est-ce possible ?" "Non." "Vous évoquez un saignement de nez..." "Oui mais interne et sans doute lié à la prise de cocaïne..."

15h05 Questions du président

"Vous avez détecté la présence de produits toxiques…" "On détecte la présence d'alcool et de cocaïne dans un hémosinus, nous avons disséqué pour savoir si la prise d'alcool s'était faite par le nez ou par ingestion."

"La cocaïne permet elle d'amollir la réaction de la victime ?" "Souvent c'est le contraire, la drogue surstimule, exalte et excite. Mais cela dépend des individus."


14h55 Questions de la défense

Me Brahim: "Le décès est bien lié à une strangulation ?" "Oui" "Se peut-il que cette strangulation ait été pratiquée dans un état inconscient ?" "Difficile voire impossible à dire."

"Vous indiquez 17 ou 19 coups de couteau, ça m'a semblé beaucoup…" "Il m'arrive d'en voir plus…"


14h41 Questions de Me De Oliveira

Évaluez vous, Mr l'expert, le temps qu'il a fallu pour découper le corps de Laëtitia Perrais. Difficile à dire, on a l'impression d'une section assez rapide effectivement du fait de la cassure nette des os.

"Avez vous la notion de la taille de la lame du couteau ?" Difficile à mesurer du fait du phénomène de putréfaction, la lame est entrée de plusieurs centimètres dans le corps.

"À propos de la sphère ano-génitale avez vous trouvé du sperme, compte tenu du temps passé dans l'eau…?" "Difficile, il n'y avait pas le moyen de constater des lésions du fait du séjour dans l'eau, pour le liquide prostatique, impossible également du fait du séjour de plusieurs mois dans l'eau."

"La situation des plaies permet elle d'apprécier que la personne qui porte les coups est gauchère ou droitière…?" "Non."

"La victime a t-elle pu ressentir la douleur ?" "Difficile de vous répondre, la personne dans un tel état de choc, peut ne pas ressentir du tout de douleur. Je ne sais pas quoi vous répondre."

Laëtitia Perrais a t-elle pu agonir longuement ?" "Difficile à dire également, peut-être 4 minutes au plus…"


"Tony Meilhon indique avoir eu peur du claquement des dents…" "Les tranches de section n'étaient pas infiltrées, la victime était déjà décédée. En provoquant des étirements du cou on peut provoquer après la mort des mouvements musculaires. Les dents ont tout à fait pu claquer."

L'avocate générale. " La strangulation entraîne t-elle une asphyxie ?" " Non il faut pour cela exercer une pression du cou durant au moins 4 minutes." "Le mécanisme d'asphyxie dans une bâche décrit par Mr Meilhon est-elle compatible avec vos observations ?" "Non."

"D'après vos observations docteur nous sommes sur un temps limité…" "Au vu des constations médicolégalse ça c'est fait dans un moment court."

"Le démembrement est-il de nature à faire saigner la victime ?" "Peu,  c'est l'écoulement passif qui reste dans les circuits vasculaires… il n'y a plus de pression sanguine."


14h30 Le traumatisme crânien n'est pas celui d'un accident de voie publique

Le président : Vous indiquez que la strangulation a été la cause la la mort,…" "Une pression cervicale forte induit un arrêt du cœur et la mort de la victime. La mort intervient dans un délai très bref."

"Mr Meilhon nous dit qu'il a commis des violences au lieu-dit Casse-Pot, puis il l'a ramenée pour qu'elle reprenne son scooter…" "L'étranglement n'a pas pu avoir lieu à ce moment là. C'est impossible de survivre dans ces conditions, la littérature internationale sur le sujet en atteste."

Ce traumatisme crânien peut être provoqué par un choc une chute ?"

Il est possible que ces ecchymoses soient le résultat de secousses ou de coups.


"Le port d'un casque ne fait qu'un aller retour dans un accident de voie publique, il y a ici plusieurs allers retours…"


14h07 L'audience est reprise


"Le président Pannetier, nous allons consacrer tout l'après-midi aux expertises médicolégales, pour les personnes sensibles il n'est pas prudent de rester…"



Le témoignage de Mr Renaud médecin légiste au CHU de Nantes.

"Nous avons procédé à des radiographies des membres, nous n'avons pas trouvé de fractures. À l'examen nous avons trouvé des plaies superficielles à berges nettes. Des plaies relativement superficielles. Nous trouvons sur le membre supérieur droit une ecchymose qui a été provoquée du vivant.

Sur le membre supérieur gauche des plaies superficielles, des ecchymoses sur la face dorsale, qui traduisent des manœuvres d'évitement.

Sur le membre inférieur droit, une excoriation large sur la cheville, on découvre une hémorragie qui va jusqu'à l'os de la jambe.
Sur le membre inférieur droit toujours, des ecchymoses réalisées du vivant de la victime. On découvre toujours cet aspect cranté de la coupure.
Sur le membre inférieur gauche moins de traces, des ecchymoses, un aspect cranté de la section et une coupe nette fémorale.

Sur la boite crânienne , des ecchymoses, des plaies, des lésions provoquées par un objet tranchant.

Des lésions provoquées par des coups directs, des lésions provoquées par un objet tranchant dans la profondeur du scalp à droite, avec une hémorragie de l'enveloppe du cerveau.

Dans le cou, on découvre une fracture d'une partie de l'os hyoïde qui accompagne une suffocation… un étranglement du vivant de la victime"

Le tronc a séjourné durant plusieurs mois dans un milieu humide et froid, il a subi une transformation calcique. Nous découvrons une douzaine de plaies entre 12 et 17 mm provoquées par un objet tranchant. Sur la partie ventrale 7 plaies à berges nettes.

Une des plaies a traversé l'enveloppe du corps, le péricarde, une plaie intrinsèquement mortelle du fais de l'atteinte du muscle cardiaque.

D'autres lésions 4 plaies perforantes du poumon gauche.

La cavité abdominale ne présente pas de lésions.

Dans la zone péri-génitale, nous constatons une forte dégradation qui ne permet aucune conclusion…"

Tony Meilhon, accoudé, regarde le médecin avec intérêt.



11h57 L'audience est suspendue et reprendra à 14h



11h40 Le président : vous voulez ajouter des choses Mr Meilhon ?

"Oui je voudrais revenir sur les réponses que j'ai faites à Mme l'avocat général. En fait c'est pas moi qui ai fait les liens sur le corps, je me suis embrouillé dans tout ça, je n'ai ni lesté ni jeté le corps à l'eau." Le président : "On retrouve sur les liens votre ADN, vous l'avez forcément touchée cette ficelle en matière synthétique." "Oui... mais sur la bobine j'ai enlevé les premiers tours, pour faire la nasse j'ai pris la suite." "Mais Mr X, on ne trouve pas sa trace..." "Nous portions des gants !"

"Mais vous parlez d'un entre deux eaux...?" "Oui au Casse-Pot Mr X m'a dit t'en fais pas, je l'ai mise entre deux eaux ils l'a retrouveront pas..."

"Qu'est-ce qui vous a poussé à nous parler de Mr X ?"

 J'en ai discuté avec mon conseil qui m'a dit il faut dire la vérité, et là je vous dis la vérité mais je ne vous dirais pas qui c'est...


"Mais nous ne pouvons vérifier cette vérité..."

Me De Oliveira : vers quelle heure avez vous porté les coups de couteau...?" "Vers une heure du matin..." La visibilité était comment, la lune était comment ?" "Elle était rouge."

"C'est pas inquiétant de laisser Mr X en liberté ?" Tony Meilhon a demi-voix :"Je pense qu'il y en a beaucoup à l'extérieur..."

Mr Rousseau: "J'ai été interpellé par trois éléments favorables dans votre déclaration, j'ai été sensible à la photo de Laëtitia trouvée dans votre portable, j'ai été sensible à votre attention avec les gants, j'ai été sensible au fait que vous l'ayez raccompagnée à son scooter..."
"Comment s'est faite cette photo..." "Ça la flattait, enfin elle était contente..."

Les gants... " Il faisait froid elle avait pas de gants..."

"Le fait de la raccompagner..." "J'allais pas la laisser aller à pied d'Arthon à La Bernerie..."

"Quelle est la nature de votre relation...?" "Ben voila on se découvre..., j'avais pas l'intention de me marier..."


11h27 reprise de l'audience

Le témoignage de l'adjudant chef Chauveau.
"Je suis intervenu comme technicien de l'identification criminelle. Sur l'étang de Briord au niveau d'une digue qui sépare les plans d'eau. Le tronc reposait face contre la profondeur, les fesses orientées vers la surface. Le corps était noué. Des photos aériennes ont été réalisés, des explorations subaquatiques ont été menées. Lorsque le corps a été ramené sur la berge, il reposait au niveau du ventre sur un parpaing, le corps présentait une amputation au niveau des bras et des genoux. Il apparaissait probable que ce corps pouvait être celui de Laëtitia. Un prélèvement musculaire a été fait pour expertise."

Le président : "Comment ce tronc est-il remonté à la surface ?"

Le corps était lesté d'un parpaing de 26 kg



Le corps lui même pesant une trentaine de kg. Il est remonté à la surface par l'action des gaz lors de sa décomposition."

"C'était profond ?" "Je ne peux pas vous dire, le corps était flottant, et dérivait doucement du fait d'un petit courant.

"C'est facile d'accès ?" "Oui tout à fait, la route départementale passe sur la digue, c'est facile de procéder à la mise à l'eau du corps…"


11h06 L'audience est suspendue pour quelques minutes



10h59 Tony Meilhon se penche, se cache pendant la diffusion

Les propos sont assez peu audibles, il braille en fait, "je suis déjà mort et enterré..."
Le président interrompt la diffusion, "on comprend rien, on ne peut  s'arrêter, je vous en lis donc la retranscription..."

"Les procureurs les juges d'instruction tous des PD des enculés,

Ah Laëtitia, qu'est-ce que t'étais bonne, ils sauront rien où t'es enterrée.


"Ça vaut 30 ans de prison ? Quelle chance d'être en France, j'aurais préféré la mort... Alors y a plus personne ? J'en ai marre de cette société... De toutes façons je vais mourir d'un arrêt du cœur, ou d'un coup de cutter..."

Tony Meilhon s'appuie comme goguenard sur son menton...


10h37 Questions des parties civiles

Me De Oliveira : "vous rapportez avec Mr Thésée des propos insupportables, des obscénités, ("je lui ai mis ma grosse bite dans son cul"), mais par moments il dit aussi Laëtitia je t'aime." "Oui, c'était une pile électrique, il m'a dit aussi si t'as une fille je lui mets la main dans la culotte elle mouille. C'était insupportable !"

Me de Oliveira à Tony Meilhon : "vous avez dit ce qui a été difficile c'était d'entendre les dents claquer… ça veut dire que c'est Mr X qui l'a fait ?" "Non il était pas là." "Au moment du découpage ?" "Non c'était pas à ce moment là, c'était au moment de la nasse…" Le président : "ce n'est pas ce que vous nous avez déjà dit !"

Me Poquet : "vous parlez d'une adaptabilité ?" "Oui, au cours des transfèrements il parle spontanément, pardonnez moi il y a des personnes avec qui on n'a pas envie d'avoir de conversation, avec Mr Meilhon non plus, mais puisqu'il me parlait correctement…"

L'avocate générale : Je l'ai découpée en 6 morceaux, j'ai jeté le corps dans la terre, vous dites que Laetitia était vivante après l'accident, Mr Meilhon c'est vrai ou c'est faux ?" c'est faux, je lui ai dit ça pour me faire passer pour fou, dans un énervement s'il y avait un flic qui avait tiré ça aurait été bien quoi…!"

"Mais ces propos ne vous font pas passer pour fou, ils vous font passer pour quelqu'un d'odieux ?" "Oui" "Mais vous le dites." Tony Meilhon s'embrouille… "Si vous voulez que je vous dise oui… c'est oui" Le président : "dites nous votre vérité alors !" 

Quand je dis que je vais dire la vérité personne me croit. On me repose les mêmes questions 15 fois en espérant que je vais répondre comme on l'espère !


Audition du 25 janvier 2011, le président lit le témoignage du gendarme Moyon actuellement outre mer. "À 15h30 j'ai été témoin avec mes collègues sur un air chanté, "vous ne la retrouverez jamais, leur fille est morte de toutes façons, ce n'est pas ma première victime mais vous ne le saurez jamais…" chanson enregistrée sur le portable d'un gendarme."


L'avocate générale demande que cette chanson soit diffusée dans la salle des assises.


10h27 Le président à Tony Meilhon

"Vous confirmez ce que dit Mr Jacquier ?" "Oui" "Vous lui dites des choses terrifiantes..." "Oui, mais tout n'est pas vrai, Bouvet c'était pas vrai, le foie je l'ai pas mangé..." " Je suivais les infos à la télé je disais ce que je voulais..." "Vous êtes dans une attitude de provocation ?" "Oui je disais n'importe quoi." "Mais au capitaine Jacquier vous lui avez parlé ?" "Oui, il était correct avec moi."


10h20 Les flashs de Tony Meilhon

"J'ai l'impression que j'ai devant moi quelqu'un d'habile, je fais ce métier depuis 30 ans. Le 31 mars suite à une TS nous devons le transférer de Rennes à Plouguernevel. Il me dit je suis content de te voir. Il me parle du dossier Laëtitia, me fait des explications comme si c'était des flashs, je l'informe que je ne peux pas enquêter, mais que, vu la gravité des propos je serai obliger d'en référer.
Il me dit qu'il y a eu une bagarre dans un café avec Mr Bouvet. "Tu sais j'ai eu un accident dans un rond-point, j'ai heurté le cyclo, elle respirait elle était vivante, elle était blessée à la cheville." Je ne m'attendais pas à ça."

"Ensuite il me dit "dans la pièce il y a eu un coup de feu, il peut y avoir un dénommé Duhaut assis dans un canapé…" Il me dit vous avez entendu à la télé, les membres ont été découvert, il m'explique que les jambes ont été coupées au genou. Il me parle de sa maman, me parle de son enfance, de ses habitudes de baignade aux étangs de Lavau. Il me dit dans ce 4ème flash, que le corps est à La Bernerie avec les deux… jambons!"


9h10 Le témoignage du Capitaine Jacquier

Il a dû assurer plusieurs transfèrements de Tony Meilhon. Avec difficulté dit-il : "La pression des médias et l'énervement de Tony Meilhon rendent les choses très difficiles… Au centre pénitentiaire de Rennes le directeur me dit : Mr Meilhon a mangé du papier toilette… Nous décidons de temporiser…

Nous sommes sous le regard des médias, nous ne pouvons pas nous planter, pardonnez moi le propos !"


"Finalement nous arrivons à Nantes. Tony Meilhon est très excité, je l'entends dans sa cellule, je le cite : Vous n'avez pas trouvé ma kalache, le tronc n'est pas dans l'eau, le corps est dans la terre, vous êtes dans la merde, les 6 morceaux sont arrosés de parfum pour que les chiens ne le retrouvent pas !"

"À d'autres moments il nous parle. J'ai le sentiment que Mr Meilhon a compris que notre relation restera dans le respect…" militaire (ndlr).


9h04 Me De Oliveira

"Vous avez un souci à Arthon avec un rotweiller, chien de catégorie 2." "Oui" "À qui appartient le chien ?" "Aux époux Coignard."

"Je peux poser une question à Mr Meilhon ?" Le président : "oui." "Le couteau retrouvé dans la maison est l'arme avec laquelle vous avez mutilé Laëtitia ?" "Non" "Vous dites que vous avez toujours un couteau…" "Oui mais celui là était à tremper…"


9h58 Le président : Nous n'allons pas revenir sur l'ensemble de vos entretiens puisque nous les entendrons directement pour les plus importants

"Vous indiquez aussi avoir entendu la voisine Mme Levillageois, elle dit : " j'ai entendu ces bruits dans l'après midi du mercredi, des coups portés dans le hangar." "Oui..."


9h53 Les lettres de Laëtitia

"Au cours de mon enquête, j'ai également pu avoir accès à des courriers écrits par Laëtitia Perrais dans la période entre Noël et Nouvel An, elle laissait apparaître une profonde lassitude…"


9h40 Le témoignage de l'adjudant Pioche

"J'ai effectué des recherches sur la domiciliation de Mr Meilhon, à 6h25 je me trouve à Arthon-en-Retz. Le GIGN avec des moyens qui lui sont propres fait exploser la porte, nous trouvons à l'intérieur une personne blessée au visage, sans connaissance, qui est aussitôt hospitalisée au CHU de Saint-Nazaire. Nous ne savons pas à ce moment là si la personne blessée est bien Tony Meilhon. Nous en aurons la confirmation dans la matinée."
"Sur place nous saisissons une arme près de l porte de la porte d'entrée, un chargeur de 22 long rifle, plus un couteau muni d'une lame de 16,5 centimètres. Un peu plus loin nous trouvons 700 grammes de shit."

Dans la cour, dans un véhicule C25, nous trouvons une banquette arrière ne lui appartenant pas, maculé de sang.


Également une 106 blanche sans siège arrière, l'intérieur est maculé de sang."


9h40 Le président : "La cour sursoit à statuer sur la demande de Mr Meilhon et nous verrons au cours des débats nous verrons quelle suite donner à la demande"


9h35 Tony Meilhon revient dans la salle


9h29 Le président : "l'audience est suspendue provisoirement


9h27 Tony Meilhon

C'est vrai je ne suis pas d'accord avec mon avocat, mais je ne veux pas renvoyer le procès, j'ai menti, maintenant je veux dire la vérité.


Au début personne voulait me croire… Dans ma carrière dit Mr Coutanceau, je n'ai jamais vu quelqu'un renverser quelqu'un et le mettre dans son coffre, oui dans sa carrière mais ailleurs dans le monde…"


9h24 Me Brahim

Je comprends la position des parties civiles, elle est légitime, mais comment peut-on refuser d'entendre quelqu'un qui dit, j'ai menti et maintenant je veux dire la vérité. On peut s'en tenir au fait que Mr Meilhon dise oui j'ai commis l'acte, pour autant nous ne saurons pas la vérité. Il doit être entendu."


9h13 Me De Oliveira prend la parole elle conteste.

"Mr Meilhon a habitué ses interlocuteurs à des versions différentes, voir fantaisistes, hier il se voyait déjà menant son procès comme il l'entend… Si sa parole doit être entendue avec respect et sérénité, cette parole doit être entendue avec distance. Mme l'avocate hier a démontré que la parole de Tony Meilhon n'était pas constante et de son propre aveu qu'il avait sciemment donné des versions mensongères. Je sais que la Cour d'assises n'ira pas se perdre dans un bois qui n'est pas clairement défini."

Me Pocquet,, " Comme ma consœur, deux ans après les faits, comment retrouver des traces de sang dans un bois dont l'endroit reste incertain. Il est insupportable pour les parties civiles, de voir Mr Meilhon maîtriser le temps du procès, dire quand et comment la justice doit être rendue. Je vous demande de ne pas faire droit aux demandes;"

Me Rousseau, "Je me fais le porte parole de Mme Larcher qui s'oppose fermement à cette demande. Mr Meilhon faisait état de traces de sang, avérées, sur le lieu de l'accident, en contradiction avec la nouvelle stratégie que Mr Meilhon semble vouloir privilégier."

Après l'horreur le mutisme le mensonge, les parties civiles ne peuvent accepter un mensonge de plus."

L'avocate générale: " Mr Meilhon ne s'est pas manifesté au cours de l'enquête, les coups de couteau ont été portés, que ce soit là ou ailleurs il les a portés… Mr Meilhon une fois de plus semble vouloir se dérober."


9h08 L'audience est reprise

Le président Pannetier : "Nous allons continuer l'instruction de ce dossier, vous avez la parole Me Brahim. Vous les avez déposées au greffe ?"

"Je sollicite un complément d'information, j'en ai discuté avec mon client Mr Meilhon qui se range à mon avis. L'objectif du procès pénal c'est la recherche de la vérité, celle ci doit se rapprocher de la vérité réelle. Grâce au déroulement de l'audience, nous avons des informations complémentaires sur le lieu probable du décès de la victime et nous devons vérifier que cela correspond à la réalité. Celui qui aurait pu décider de se taire et qui maintenant veut parler, puisqu'on tient pour mensonge tout ce qu'il dit, il faut vérifier cette nouvelle information. Mr Meilhon a droit à un procès équitable.Certes le temps a passé, Mr Meilhon indique où il a donné les coups de couteau, il faut aller vérifier, il y a eu beaucoup de sang, peut-être en reste y-il ? Il faut aller voir. Et si cela doit provoquer le renvoi du procès je le souhaite."

Reprise de l'audience vers 9h

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