Jean-Marc Ayrault inoxydable Premier ministre, jusqu'à quand ?

Le Premier ministre n'est pas" impressionné" par Malek Boutih, le député PS de l'Essonne, qui ce matin réclamait un "remaniement" pour "rétablir le dialogue" avec les français. Pourtant malgré toutes les déclarations, tous s'interrogent sur la durée du bail à Matignon pour l'ancien maire de Nantes.

Jean-Marc Ayrault à la Préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille vendredi dernier.
Jean-Marc Ayrault à la Préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille vendredi dernier. © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Rien ne l'impressionne

Malek Boutih, l'ancien président de SOS racisme et actuel député PS de l'Essonne, ce matin dans le Parisien, réclamait publiquement la tête de Jean-Marc Ayrault pour envoyer "un signal d'urgence aux français afin de rétablir le dialogue"
Le Premier ministre, à l'Assemblée à la réunion du groupe majoritaire, lui a répondu droit dans ses bottes

J'ai une tâche difficile à accomplir, rien ne m'impressionne." "Je n'ai aucun doute sur le soutien des parlementaires socialistes (...) comme du soutien de toute la majorité.


Le soutien, unanime du parti socialiste, ne leurre aucun observateur. Tous, politiques, comme commentateurs sont rivés sur le divorce de l'opinion française avec son exécutif. Jean-Marc Ayrault, avec 72% d'opinion défavorable selon un sondage IPSOS pour le Point, dépasse en la matière, Alain Juppé au plus fort des grèves de 1995.
Comment rester à Matignon, quand un Premier ministre ne protège plus le Chef de l'Etat -75% d'opinions défavorables pour François Hollande toujours selon le Point ? Les jours de Jean-Marc Ayrault seraient donc comptés. Seule question : quand l'ancien maire de Nantes se verrait sa demande de démission signifiée, avant ou après les municipales ? 

Dans la tête de François Hollande

Dans l'histoire de la Vème République, rarement Président  aura choisi son double à Matignon. François Hollande avait promis d'exercer un mandat normal avec un Premier ministre retrouvant sa place et pas celle d'un "collaborateur". Seulement le quinquennat et la présidentialisation obligée de la fonction qui en découle n'auront pas permis de réaliser l'objectif.
Parlementaire efficace, mais un brin terne et dont l'autorité a dès le départ été contestée, Jean-Marc Ayrault n'a pas su imposer sa marque auprès de ses propres ministres. On se souvient de l'ironique "tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes" d'un Arnaud Montebourg au moment de l'affaire Mittal.

Le président le soutient coûte que coûte, comptant sur une reprise économique et une baisse du chômage pour faire s'évaporer les doutes de l'opinion. Pour les observateurs accrédités, la confiance de François Hollande aurait été inoxydable jusqu'à il y a un mois. 
L'affaire Leonarda et la catastrophique conférence de presse improvisée de l'Elysée auraient réveillé le président, toujours selon les meilleurs observateurs.

Seulement, sacrifier Jean-Marc Ayrault pour François Hollande, c'est un peu comme pour Jacques Chirac avec Juppé en 1997, sacrifier "le meilleur d'entre nous". D'où un scénario évoqué par les uns et les autres dans la cour du pouvoir, digne d'un fils spirituel de François Mitterrand, le président florentin : dissoudre. Un coup de billard à trois bandes, une nouvelle cohabitation avec Copé à Matignon et un possible second mandat pour Hollande. Trop irréaliste sans aucun doute, l'histoire détestant resservir les plats.

Mais alors qui ?

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