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Tempête : pourquoi la mer attaque la terre

La mer attaque la terre, le recul du trait de côte, un phénomène naturel et général / © Jean-Pierre Brunet / Maxppp
La mer attaque la terre, le recul du trait de côte, un phénomène naturel et général / © Jean-Pierre Brunet / Maxppp

Le mer attaque la terre, c'est un phénomène naturel, tempête après tempête la mer avance, il faudra s'y faire, deux solutions : résister ou s'en accommoder

Par Christophe Turgis

Le phénomène est connu, les techniciens et les scientifiques l'appellent tout simplement : le recul du trait de côte. Ce recul du trait de côte affecte toutes les plages du littoral, partout dans le monde. Les plages de sable surtout, les falaises aussi quand elles sont relativement friables.

Un phénomène naturel qui ne serait pas en soit un problème aigu, si l'humanité en général ne s'était pas mis en tête d'habiter en bord de mer. 80% des habitants de la planète résident dans une bande de 200 km le long des côtes. Et au plus près tant qu'à faire ! Les pieds dans l'eau même. C'était en France le slogan des promoteurs immobiliers dans les années 70 par exemple. Le littoral de la façade Atlantique a ainsi commencé à être bétonné de part en part. Sans se préoccuper de savoir si la mer était d'accord avec les projets immobiliers... Continuant comme elle l'a toujours fait de transporter le sable au gré de son humeur. Il existe pourtant une Loi Littoral qui règle la question de l'urbanisme sur les côtes, insuffisamment appliquée avec rigueur selon le rapport établi en 2099 par le Grenelle de l'environnement.


Des carrières sous marines

Les activités humaines viennent sans doute ajouter de l'ampleur au phénomène naturel. L'extraction de sable dans un fleuve comme la Loire a durablement privé les plages de Loire-Atlantique et de Vendée des alluvions que charriait le fleuve depuis toujours. Cette extraction fluviale est désormais arrêtée depuis une vingtaine d'années, pour autant, les besoins de sable pour la construction notamment n'ont pas baissé, et c'est vers la mer que se sont tournées les entreprises. Ainsi au large, dragage après dragage, de véritables carrières sous-marines ont été ouvertes. Devant le phare du Pilier par exemple au large de Noirmoutier sur 8 km², ou encore à Chassiron près de l'île de Ré, ou sur le banc du Jour au large des Sables-d'Olonne. Et la question est posée par les habitants du littoral de savoir si le sable enlevé sur les plages et les dunes ne glisse pas doucement combler les trous... Car la question est posée au large de la Vendée d'ouvrir de nouvelles carrières. Pour l'instant les granulats marins représentent 1% de la consommation nationale, contre 20% en Grande-Bretagne ou 40% aux Pays-Bas.


Bétonner ou accompagner le recul du trait de côte ?

Les tempêtes mettent à mal le littoral, à chaque coup de vent, la terre recule sous les assauts de la marée. Pour les scientifiques, deux solutions seulement. Fixer le trait de côte, autrement dit "bétonner" le littoral, sans garantie réelle de résultat pour le futur, ou laisser faire. Il faut à chaque fois mettre en jeu l'aspect financier. Telle collectivité, pour une construction isolée pourra faire le choix de la démolition, telle autre contraire de construire un système de défense solide avec une digue de protection pour protéger une ville, des infrastructures industrielles, ou mettre en œuvre des techniques "souples" de "ré-engraissement" des plages. Soit par apports de dragage, soit pas drainage des plages, comme la fait la commune des Sables-d'Olonne.


Le système écoplage mis en œuvre aux Sables-d'Olonne



Tout comprendre de la problématique du recul du trait de côte avec "C'est pas sorcier"



lien vers le dossier du ministère de l'environnement Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte Vers la relocalisation des activités et des biens, document pdf

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