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Saint-Nazaire : Christophe Clergeau le vice-président du conseil régional s'inquiète pour l'avenir de l'autoroute de la mer

L'autoroute de la mer franco-espagnole entre Saint-Nazaire et Gijon, confrontée à l'arrêt des subventions nationales et européennes, devrait
être suspendue à partir de demain jeudi selon Les élus locaux défendent son maintien et en appellent au gouvernement et à l'Union européenne.
L'exploitant, LD Lines, "a décidé de suspendre la rotation à partir du 18 septembre, faute de la poursuite des aides", écrit David Samzun, président de la Carene, la communauté d'agglomération de Saint-Nazaire, dans un courrier adressé à la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, et au secrétaire
d'État aux Transports, Alain Vidalies.
"Si rien n'est fait dans les tout prochains jours, l'exploitation de la liaison sera fermée le 18 septembre", s'inquiète Christophe Clergeau, vice-président
de la région Pays de la Loire, dans une lettre envoyée, outre Mme Royal et M. Vidalies, au Premier ministre Manuel Valls, au ministre de l'Économie Emmanuel Macron, et au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.


Des débuts optimistes

Pourtant au lancement de la ligne en septembre 2010, dans un contexte tumultueux de grève des dockers sur le port de Montoir, les ministres des transports français et espagnols avaient annulé leur venue, le patron de LD Lines Philipe-Louis Dreyfus affirmait que, passée la période de subventions publiques, la compagnie n'éprouverait aucune difficulté à trouver des camions pour remplir le Norman Bridge son premier navire. Car à cette époque on évoquait la possibilité de passer de 3 rotations hebdomadaires à une rotation quotidienne...
Antoine Person le directeur général de LD Lines affirmait en 2013 que la balle se situe dans le camp des politiques :

il s'agit d'aménagement du territoire, nous avons fait la preuve que ça marche sur le plan opérationnel, c'est aux politiques de prendre les options qui permettront aux autoroutes de la mer de fonctionner".


L'autoroute de la mer, qui fonctionne toujours au rythme de trois rotations hebdomadaires, a reçu un total de 34 millions d'euros d'aides publiques sur quatre ans : la France et l'Espagne ont accordé chacune 15 millions d'euros au projet, et l'UE 4 millions d'euros.
En dépit du succès commercial rencontré par la voie maritime, avec un taux de remplissage moyen de près de 75% en 2013 (près de 18.000 camions, 38.500 véhicules et 50.000 passagers transportés), "le chiffre d'affaires ne parvient pas encore à couvrir la totalité des charges, dans un contexte macroéconomique difficile", détaille M. Clergeau.


Le projet européen Marco Polo

L'élu régional plaide pour "que le soutien public puisse être poursuivi dès cet automne", à l'instar de M. Samzun, qui rappelle les "fiabilité, sécurité et exemplarité écologique" de la ligne.
"La suppression de la ligne irait à l'encontre des engagements de l'UE et du gouvernement en faveur de la transition énergétique", ajoute M. Clergeau.
Cette ligne maritime régulière, inscrite dans un programme européen Marco Polo de développement des autoroutes de la mer, a pour objectifs de désengorger les grands axes routiers transpyrénéens et situés le long de la façade atlantique, et de réduire l'impact environnemental du transport de fret en proposant un transfert des poids lourds de la route vers la mer.
Le trajet Gijon/Saint-Nazaire, arrivant ce mercredi, pourrait être le dernier avant la suspension du service. 

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