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La Faute-sur-Mer : après le traumatisme Xynthia, 10,5 millions d'euros pour faire renaître la commune

Réaménager l'ancien camping municipal, créer un golf, il s'agit de redonner à la Faute-sur-Mer un nouvel avenir après le traumatisme laissé par le déferlement de la tempête Xynthia, pas sans difficultés, le jugement rendu contre l'ancien maire et les décisions prises ne sont pas du goût de tout le monde
Le conseil municipal de la Faute-sur-Mer vient de prendre plusieurs décisions pour réaménager la commune. Un camping municipal, un centre équestre, un golf de 9 trous, figurent parmi les plus emblématiques.

Il s'agit d'investir 10,5 millions d'euros. La commune participera pour 20% de la somme, soit 2,1 millions d'euros, le reste étant supporté par la Région pour 4,5 à 4,7 millions d’euros, l’État pour 1,9 million, le Département pour 1,5 million, le Fonds national de développement du sport 300 000 € et l’Europe via les fonds européens Leader, pour environ 200 000 €.

L'opposition municipale n'a pas souhaité prendre part aux décisions par solidarité avec René Marratier l'ancien maire.


Comme si personne ne tirait la leçon du drame

Par ailleurs lors de la délibération du Conseil régional sur la subvention accordée à la commune, les élus Verts se sont abstenus. Ils estiment que les projets retenus accroissent une nouvelle fois la vulnérabilité de la commune. Sophie Bringuy, la vice-présidente de la région en charge de l’environnement voit dans ces projets une aggravation des risques. "Il y a un gros point noir : le projet d’aire de camping-cars, sur l’ancien camping,  dans une zone noire du Plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) de la commune de la Faute-sur-mer, c’est-à-dire le zonage qui distingue le plus fort aléa."

"C’est le cas : demain, si une situation similaire ou plus grave (Xynthia +1m, scénario extrême) devait se produire, l’évacuation du territoire et de ses habitants mobilisera toutes les énergies, et l’énergie investie pour sauver des vies sur l’aire de camping-cars ne pourra pas l’être pour en sauver d’autres ailleurs. Il y a sur ce territoire assez de risques à gérer pour ne pas en rajouter, en un lieu où il n’y en a plus aujourd’hui" précise Claudine GOICHON, conseillère régionale vendéenne

Enfin, Christophe Dougé, conseiller régional et président de la commission inondation du comité de bassin Loire-Bretagne, veut faire la différence : "le long de la Loire dans notre région, il peut y avoir des aires de camping-cars en zone inondable, ce n’est pas le cas à La Faute-sur-Mer : d’un côté on a des crues lentes et de l’autre côté des submersions violentes et rapides."

Et d'ajouter : "4 ans après le drame de la tempête Xynthia et trois jours après le jugement pénal, nous ne comprenons pas que ce projet soit sérieusement envisagé alors qu’il existe des alternatives : derrière le casino, le long de la mer…  la possibilité d’aménager une aire mieux placée, et surtout en zone blanche !"
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