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Coeur artificiel : "Ce coeur, c'est moi. Il est devenu moi" assure le deuxième patient greffé

Le deuxième patient ayant reçu un coeur artificiel Carmat, implanté le 5 août dernier au CHU de Nantes, se confie aujourd'hui dans le Journal du dimanche, assurant notamment s'être "senti revivre" dès le jour de l'opération.
© Carmat
Cet homme de 69 ans, qui se fait appeler simplement Monsieur M. préfère rester anonyme car il "ne (veut) pas être une bête curieuse".
Opéré le 5 août 2014 à Nantes, il est rentré chez lui le 2 janvier et dit "avoir tout à fait récupéré".

Une première prothèse avait été implantée le 18 décembre 2013 à Paris sur un malade de 76 ans, qui avait succombé 74 jours plus tard à la suite de l'arrêt inopiné de la machine.
Selon le Pr Carpentier, concepteur du coeur artificiel, "les causes de l'arrêt au 74ème jour se sont révélées multifactorielles (...) une part des difficultés étaient liées à la condition même du malade : son âge, sa maladie plus avancée, sa vie menacée à quelques semaines" et "son état général, rénal en particulier, plus atteint que ce que nous pouvions supposer".

"Une clarté de réflexion plus nette​"

"Je marche, je me lève et je me penche dix à quinze fois chaque jour, sans problème. Je garde mon équilibre. Je ne suis pas dérangé. Je n'y pense même pas. Je fais comme autrefois", raconte le deuxième patient, un ancien commercial père de deux enfants et quatre fois grand-père.
"En fait, pratiquement dès le jour où j'ai été opéré je me suis senti revivre. C'était assez formidable car j'ai senti tout de suite une clarté de réflexion plus nette. Tout reprenait vie", poursuit-il dans ce long entretien.

Le nouveau coeur, qui fonctionne avec des batteries d'approvisionnement, "on arrive à l'oublier facilement". Toutefois, "il ne faut pas oublier de charger les batteries".
Cet appareillage portable pèse trois kilos et comprend deux batteries d'approvisionnement en électricité du coeur artificiel et un boîtier de contrôle : "Je tiens un tableau dans lequel je note les heures et les changements, pour vérifier qu’elles tiennent comme il faut. Ce n’est pas compliqué."

"Etre centenaire, pourquoi pas ?"

"Quasiment depuis le début, je n'ai pas l'impression de porter quelque chose d'étranger. Ce coeur, c'est moi. Il est devenu moi", assure celui qui s'est fixé comme horizon "vingt ans après l'opération". "Etre centenaire, s'il y a moyen, pourquoi pas ?"

Le président de Carmat, la société qui a conçu et développé le coeur artificiel implantable, a confié en février son "besoin d'avoir plusieurs patients implantés" pour disposer de données valables sur le plan statistique.
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