Coronavirus et déconfinement : Nantes, Angers, La Roche... dans les grandes villes de la région, les colères se libèrent

Après deux mois sans pouvoir s'exprimer dans les rues, des manifestants se sont rassemblés ce lundi 11 mai, premier jour de déconfinement, dans plusieurs grandes villes de la région. Ils ont exprimé leurs attentes, leurs colères et réclamé des moyens pour les soignants et les services publics.

A Nantes et dans les grandes villes de la région les colères se sont aussi déconfinées hier. partout des citoyens ont salué les soignants et réclamé plus de moyens pour les hôpitaux
A Nantes et dans les grandes villes de la région les colères se sont aussi déconfinées hier. partout des citoyens ont salué les soignants et réclamé plus de moyens pour les hôpitaux © Jacques Lamy
Quelque 300 personnes ont manifesté ce lundi soir, 11 mai, dans le calme devant le CHU de Nantes pour témoigner de leur soutien aux soignants et dénoncer la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement.
  
 A 20 heures, les manifestants, pour la plupart masqués, ont vivement applaudi avant de se déplacer en cortège le long de l'hôpital en scandant "merci" devant quelques dizaines de soignants sortis sur les escaliers de secours pour les saluer. "Ça fait deux mois que j'ai envie de manifester, depuis le début, je suis restée chez moi par respect pour les autres mais à ma fenêtre, il y avait une banderole, ma colère elle n'a fait que croitre pendant tous ces mois", a expliqué Aurélie, 35 ans, affirmant être "en désaccord total avec la gestion de cette crise".
    

Sachant sa santé fragile, la jeune femme se tenait, comme beaucoup, à l'écart du groupe principal de manifestants.
A Nantes 300 personnes se sont réunies devant le CHU.
A Nantes 300 personnes se sont réunies devant le CHU. © DR Jacques Lamy
Dans la foule, il y avait très peu de personnes âgées, principalement des jeunes et quelques enfants, dont un élève de CM2 qui avait écrit aux feutres de couleur sur une pancarte: "Merci aux paysans, éboueurs, caissiers, facteurs, boulangers,
routiers, livreurs, personnel médical".

 
Selon les forces de l'ordre, quelque 300 personnes ont participé à ce rassemblement qui a duré un peu plus de deux heures et a rassemblé des habitants de la ZAD de Notre-Dame des Landes, une avocate venue dénoncer le "démantèlement des services publics" ou encore une médecin généraliste de 28 ans. Selon elle, "le confinement était nécessaire" mais la crise sanitaire a révélé un manque de moyens, qu'elle avait constaté il y a déjà plusieurs années en travaillant à l'hôpital durant ces études. La jeune femme réclame "plus de personnel, plus d'équipements". La manifestation, qui s'est déroulée quasiment sans aucune présence policière, avait été annoncée sur internet notamment par le groupe "Nantes Révoltée" et plusieurs pages de Gilets jaunes.

A Angers, aussi les déconfinés ont fait entendre leur colère contenue depuis deux mois.

Ce lundi 11 mai, premier jour d'un retour à de nouvelles libertés, comme cela s’est fait dans bon nombre de villes françaises, Nantes, Le Mans, Rennes, Toulouse, Montpellier, le groupe Cité Jaune Angers avait convié les Angevins à venir se retrouver, dans le respect des consignes sanitaires du moment, devant l’entrée sud du CHU.
Du monde aussi devant l'hôpital d'Angers
Du monde aussi devant l'hôpital d'Angers © DR André Morteau


"Ce rassemblement avait pour objectif de manifester chaleureusement un soutien fraternel à tout le personnel hospitalier pour la mobilisation résolue dont il a fait preuve pendant la pandémie et d’exprimer, en ce premier jour de déconfinement, notre volonté de poursuivre et de renforcer la lutte pour un monde égalitaire socialement et écologiquement soutenable", ont déclaré les manifestants.
 
A la Roche-sur-Yon les manifestants s'étaient donnés rendez-vous place Napoléon pour dénoncer la gestion gouvernementale de la crise.
A Angers, comme à nantes les manifestants se sont rassemblés devant l'hôpital, masqués et en respectant les distances de sécurité.
A Angers, comme à nantes les manifestants se sont rassemblés devant l'hôpital, masqués et en respectant les distances de sécurité. © DR André Morteau

A Saint-Nazaire le rassemblement s'est tenu à 19 heures sur l'esplanade de l'hopital. Il a réuni de 150 à 200 personnes.

"Après s'être fait gazer pendant des mois, alors que le personnel hospitalier réclamait des moyens et des conditions décentes pour l'exercice de leurs professions, après avoir travaillé sans relâche pendant des semaines, pour pallier la pénurie de matériel et la réduction des effectifs, imposée par des politiques de gestion libérale, à près avoir été applaudie.s aux balcons pendant des semaines par une partie de la population et remercié.e.s par des déclarations de politicien.ne.s qui ne dupent plus personne, après la sortie du confinement, le personnel hospitalier continue d'exercer son travail dans les mêmes conditions précaires pour soigner les personnes atteintes du Covid-19, auxquelless'ajoutent aujourd'hui les autres patients" ont rappelé les manifestants.
Manif devant l'hôpital de Saint-Nazaire, le 11 mai 2020
Manif devant l'hôpital de Saint-Nazaire, le 11 mai 2020 © France Televisions - Christophe François

Au bord de l'océan retrouvé, la même vague de colère que dans les autres villes de la région : "Parce que ce gouvernement, et d'autres avant lui, mène des politiques d'austérité, de casse sociale, d'exigence de rentabilité des services publics, refuse de prendre la mesure des besoins manifestés par le personnel de soin depuis des mois, et continue de brader les services publics, Bas les masques, un collectif composé des personnels de soin, appelle à la création d'un mouvement social en soutien aux« travailleurs et travailleuses essentiel.le.s », aux « premier.e.s de corvée" .
Manif devant l'hôpital de Saint-Nazaire, le 11 mai 2020
Manif devant l'hôpital de Saint-Nazaire, le 11 mai 2020 © France Televisions - Christophe François
Le rassemblement a voulu salué "les travailleur.se.s forcé.e.s durant le confinement, celles et ceux qui se sont organisé.e.s solidairement à St Nazaire, et les personnels exposé.e.s pendant le dé-confinement. Autant de paroles libérées "contre le choix qui fait prévaloir les intérêts de l'économie capitaliste ceux de la santé et des libertés. Sortons de la politique de culpabilisation et réapproprions-nous notre responsabilité collective", ont clamé les nazairiens présents.
 
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