Coronavirus : "puis-je aller tondre chez ma mère ?", les forces de l'ordre face aux questions surprenantes des confinés

Pendant le confinement, contrôles d'attestations dérogatoires de sortie et appels à la gendarmerie se multiplient en Pays de la Loire. Les citoyens ont parfois des excuses ou des interrogations très originales, comme l'attestent les gendarmeries et commissariats que nous avons contactés.
Contrôle de police à Nantes, le 23 mars 2020
Contrôle de police à Nantes, le 23 mars 2020 © PN 44
Une semaine s'est passée depuis le début du confinement en France le 16 mars. Rapidement après l'allocution du président de la République, les centres d'appel d'urgence des gendarmeries des Pays de la Loire ont été saturés de questions de citoyens inquiets.

"Pendant les premiers jours, on a vu les appels doubler, voire tripler, nous confie-t-on en Sarthe. Les gens composent le 17 pour nous poser des questions relatives au confinement, alors que la plupart des réponses se trouvent en ligne sur le site du ministère de l'Intérieur. Beaucoup nous demandent ce qu'ils doivent cocher sur l'attestation pour sortir, alors que tout est marqué dessus !"
 

"Vous pourriez appeler ma mère ?"

En Maine-et-Loire aussi, "90% des appels au 17 concernent des renseignements relatifs au Covid-19, confie un officier de gendarmerie. Entre 8 et 20 heures, il a dénombré "3 054 appels entre le 16 et le 23 mars," soit la première semaine de confinement, contre "1 416 appels la semaine précédente," soit plus du double. "C'est dommage, car ces appels nous occupent au détriment des appels d'urgence," déplore cet officier.

Voici quelques perles relevées par les gendarmes de Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe et Vendée. Certaines sont croustillantes, voyez plutôt :


L'apéritif n'est pas une sortie valable

Chargées de veiller au respect des consignes d'isolement, les forces de l'ordre se voient confrontées à de drôles d'excuses lors des contrôles de promeneurs imprudents.

Lorsqu'il s'agit de trouver des prétextes à leurs déplacements, les Vendéens semblent les plus inspirés. Ce 23 mars, deux hommes en voiture sont contrôlés par les gendarmes à Sainte-Hermine. Le premier passager déclare se rendre chez sa grand-mère pour l'aider. Le second affirme qu'il est venu pour l'aider à la porter. La brigade, dubitative, les accompagne jusqu'au domicile de la grand-mère, "qui s'est révélée être un homme qui les attendait bières à la main pour prendre l'apéritif !" confie un officier de la gendarmerie de Vendée.

En balade nocturne dans le bocage le 22 mars, un piéton est arrêté sans attestation de sortie.

- "J'arrive de boire un coup.
- Où ça ?
- du cimetière."


Toujours en Vendée, les gendarmes rencontrent un autre piéton se promenant au clair de lune. L'homme n'a pas non plus d'attestation de sortie dérogatoire sur lui.

-"Je vais chez une amie.
- Monsieur, ce genre de déplacement n'est pas autorisé.
- Si si, elle a besoin de moi pour emmener son fils à l'école !"


Pas de chance, il était 22 heures passées et tous les établissements scolaires sont fermés en France depuis le 16 mars.

"C'est juste pour éviter la côte"

Arrivée de Niort (Deux-Sèvres) et contrôlée à bord de son véhicule à Xanton-Chassenon, une femme indique qu'elle souhaite se rendre en forêt de Mervent, en Vendée. La conductrice confie qu'elle fait ces 40 minutes de route pour que son chien fasse ses besoins et se balade, car seule la promenade en forêt de Mervent "lui permet de conserver son équilibre physique et psychique". Faute de justificatif valable, l'automobiliste a été verbalisée.

Les policiers nantais ont aussi arrêté un cycliste qui circulait sur les bords de l'Erdre, près du pont Général-de-la-Motte-Rouge, alors que ces derniers sont fermés au public. "C'est juste pour éviter la côte", mais pas la contravention pour le coup. Certains Nantais sont bien sortis faire des courses - déplacement jugé réglementaire - mais se font contrôler alors qu'ils "font une pause dehors".

Circuler sans attestation dérogatoire de déplacement c'est 135 euros d'amende, majorable à 375 euros.

Et dans les autres régions aussi, les confinés ont de la répartie...

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société