Déconfinement : la LPO fait appel au bon sens des promeneurs pour faire attention à la faune sauvage

La nature ne nous a pas vu depuis presque deux mois, deux mois durant lesquels les oiseaux en particulier ont fabriqué leurs nids là où nous n'étions plus, désormais ils couvent ou alimentent leurs nichées, parfois proches du sol, attention à ne pas les déranger !
Le tout petit gravelot à collier interrompu niche sur le sable des plages, avec le déconfinement, la LPO demande aux préfets et aux maires d'en interdire l'accès le temps que le poussin prenne son envol
Le tout petit gravelot à collier interrompu niche sur le sable des plages, avec le déconfinement, la LPO demande aux préfets et aux maires d'en interdire l'accès le temps que le poussin prenne son envol © Ligue de Protection des Oiseaux
Le besoin de marcher au grand air est légitime. Chemins de campagne et plus probablement encore bords de rivières et bords de mer vont voir revenir promeneurs et marcheurs.

La Ligue de Protection des Oiseaux appelle à la responsabilité de chacun pour respecter les espèces qui ont durant notre confinement, considéré que l'espace ainsi libéré de la présence humaine, était le leur, débarrassé d'interactions et de danger.

Guy Bourlès le président de la LPO de la Loire-Atlantique : "Les oiseaux nicheurs au sol sur les bancs de sable de Loire ou dans les dunes, comme les Sternes, les Mouettes ou les Goélands sont particulièrement vulnérables, nous avons à la LPO, à la demande du Préfet, établi une liste des sites à protéger.
Nous lui avons principalement recommandé la plage de la Courance à Saint-Brévin, c'est le lieu de nidification du Gravelot à collier interrompu, une espèce rare, qui ne prend pas de précautions. C'est un tout petit oiseau qui gratte le sable, pose son œuf dedans et puis c'est tout ! Et généralement là où il ne fallait pas !"

 

Tenir son chien laisse

Notre déconfinement pourrait être fatal en plein période de nidification et d'élevage des couvées. Il convient donc de faire attention et de prendre quelques dispositions pour que notre retour dans l'environnement naturel ne soit pas mortel pour les espèces, qui vivent le long des chemins de campagne ou des sentiers littoraux.

Les maires ne sont pas encore installés et ça ne facilite pas les choses pour réglementer l'accès aux chemins et protéger la nature! "Quand on est piéton, il faut faire attention à ne pas sortir du sentier, mais surtout ne pas laisser son chien divaguer !
Le long des rivières tranquilles comme la Sèvre ou l'Erdre, les poules d'eau, les grèbes sont installées avec moins de discrétion, leurs nids sont plutôt sur l'eau, mais les petits viennent à terre, et si un gentil chien a envie de jouer avec eux... c'est le drame assuré ! Les jeunes n'ont pas encore de méfiance."
© Olivier Quentin
 

Jardinage et bricolage

En ville ou habitat rural, il convient aussi de prendre soin des passereaux qui nous entourent. "Les rouge-gorge, les merles, les mésanges, les pinsons, les verdiers ont niché dans les haies des jardins et des champs. Il ne faut surtout pas couper ces haies avant la mi-juillet ! Ni même les tailler, sauf rafraîchissement léger !"

Si des chantiers d'été sur les façades sont prévus, "ne pas les commencer si on a habituellement des hirondelles de fenêtre ou des hirondelles rustiques. L'espèce est en danger, si on veut participer à son maintien, il suffit de disposer des tablettes en étagères sous les nids pour préserver la façade en attendant mieux !"

Et Guy Bourlès, qui ne se passionne pas que pour les oiseaux, de préciser que les petits mammifères aussi méritent toute notre attention, "deux mois avec peu ou pas de voitures parfois, les putois, les fouines, les renards, les hérissons, ont pris de nouvelles habtitudes, le retour des automobilistes pressés risque bien de leur être fatal !"


 
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